Archive du mois de décembre 2007

03.12
2007
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

“Qu’est ce que ça a à voir avec le malaise social?” interroge Nicolas Sarkozy à propos des banlieues. Prétextant les actes des délinquants “inexcusables”, il les déclare “inexplicables”, pourquoi dans ce cas essayer d’améliorer les conditions de vie des ghettos? Pour notre Président, la seule chose qui compte est qu’il n’y ait pas eu de « drames » et de bavures, malgré les matraquages oubliés du propos présidentiel (plus de quatre vingt quinze blessés au total) et sans revenir à ces deux adolescents tués en percutant une voiture de police… Ainsi, Nicolas Sarkozy ne s’occupe que du couvercle de la cocote minute sans chercher à faire retomber la pression (“ce qui a changé c’est que la République ne cède plus”).

Les émeutes en banlieue ont pourtant une cause, sinon pourquoi les maires de banlieues s’égosillent-ils à demander la prise en compte des problèmes de la population et pas seulement de la répression (multiplication des lois contre la délinquance depuis 2002)? Il est évident que le plan marshall pour les banlieues promis à l’occasion des émeutes de 2005 est rapidement passé à la trappe dès la fin de l’effervescence médiatique suscitée par les événements. Le malaise social est bel et bien présent et ne disparaitra que lorsqu’une réponse adaptée, composée de moyens imposants destinés à la formation, la réappropriation des espaces par la collectivité et la lutte contre la discrimination, sera proposée.

Nathan

télécharge le communiqué de presse

02.12
2007
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

C’est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d’assister.

Non, par cette vision apocalyptique le Président de la République ne faisait pas référence à la spongieuse créativité de Christine Albanel, Ministre de l’Humour Gouvernemental déléguée aux questions de la Culture et de la Communication, mais bien à la terrifiante idée que certains puissent créer de l’art et d’autres en profiter sans pour autant passer par les caisses de la FNAC.

Ce sentiment d’horreur, sans doute accentué par le fait que l’entreprise appartient à François Pinault, fut expurgé par la ratification à l’Elysée d’un accord dit “interprofessionnel” signé entre (riches) FAI et (riches) majors, et destiné à lutter contre le piratage en général et le peer-to-peer en particulier. Ne s’inscrivant donc nullement dans une logique de caste, il entérine le rapport de la Mission Olivennes (du nom du PDG de la FNAC qui l’a rédigé) dans lequel est fait un sanglant constat sur la loi DADVSI.

En substance, Olivennes en vient à la conclusion que cette loi est un échec total. Et que par conséquent il faut aller plus loin. Logique. Une autorité unique faisant figure de tribunal d’exception sera donc chargée au cours d’une riposte graduée d’émettre des messages d’avertissement aux pirates, puis d’interrompre et enfin de résilier leur accès internet.

Naturellement, les FAI pourraient être sanctionnés s’ils ne réagissaient pas aux injonctions de ladite autorité, et seraient tenu d’accepter la mise en place de mesures de filtrage sur certains sites. Enfin, une liste noire tenue sous l’égide de la CNIL devrait recenser les mauvais garçons présumés de l’internet, liste dont on ne sait pas trop à quoi elle servira vraiment. De TF1 à Orange en passant par la SACEM, on s’embrasse et on se félicite. Rendez-vous en 2008 à l’Assemblée pour l’étude du corpus législatif qui devrait mettre en oeuvre la répression du web. D’ici là on prépare quand même les décrets “pour aller vite” nous dit-on. Après tout, la démocratie est une perte de temps, et le temps c’est de l’argent.

En somme, augmentation drastique du flicage, y compris au mépris de la présomption d’innocence, mais rien sur la rémunération des artistes. Difficile de croire Monsieur le Président Directeur Général de la FNAC quand il prétend défendre leurs intérêts. Peut-être oublie-t-il simplement que tout le monde n’est pas Patrick Bruel et que tout le monde n’a pas envie de l’être ?

Toujours est-il que la licence globale optionnelle, sorte de redevance internet proposée à environ 7 euros pour ceux qui souhaiteraient télécharger en toute liberté tout en rémunérant les créateurs dans de plus justes proportions, semble définitivement sortie du débat. Une vision sans doute un peu trop “socialiste” de l’économie, et pas assez alléchante pour les grands groupes de distribution.

Et Madame Albanel de servir une fois encore le café à Madame Lagarde. “Avec un sucre s’il vous plaît…”