|
|
Archive du mois de janvier 2008
|
|
Novembre 2005, la France découvre ses banlieues où la reléguation territoriale se conjugue à l’exclusion. Synonymes de peur pour les uns, d’oubli pour d’autres et réalité quotidienne du désespoir pour ceux qui y vivent, celles ci représentent la honte de la république dans tous les cas. A chaque fois plus intenses, émeutes et violences urbaines sont autant de signaux alarmants, de résurgences de la réalité crue, lorsque le travail des associations et les initiatives personnelles ne suffisent plus à calmer la colère de certains habitants.
En 30 ans les “quartiers” sont devenus de vrais casse-tête pour chaque nouveau ministre ou sous ministre de la ville, 19 s’y sont cassés les dents en 17 ans. Chaque nouvelle législature est l’occasion de lancer un plan banlieue, sans que l’on ait même pris la peine d’évaluer le précédent. Le dernier n’a pas encore produit ses premiers effets que, déjà, la nouvelle secrétaire d’Etat à la Ville présente un nouveau plan Marshall, «espoir banlieue», censé lui aussi tout résoudre.
Emploi, urbanisme, éducation, désenclavement urbain, lutte contre les discriminations, les enjeux et les axes d’amélioration sont nombreux et les propositions portées par les associations de terrain tout aussi nombreuses. A la classe politique désormais de prendre ses responsabilités et d’engager les moyens financiers et humains afin que ces territoires recollent enfin à celui de la République.
Webographie :
Les cahiers de doléance d’AC Le Feu : http://aclefeu.blogspot.com/
Réflexions sur les banlieues : http://www.politis.fr/Banlieues-A-quand-une-veritable,2509.html
Contribution de l’association des maires villes et banlieues de France : http://www.ville-et-banlieue.org/doc/Contribution_VB_au_Plan_Banlieues.pdf
Le site du secrétariat d’état à la Ville : http://www.ville.gouv.fr/
|
Publié dans AG, Général | 1 commentaire » Réagir
|
|
Pour l’augmenter en détournant l’attention bien sûr ! glapit l’observateur attentif, qui aura noté que la simple annonce de cette suppression dans l’audiovisuel public a fait grimper (momentanément) les actions des opérateurs privés, que leurs règles publicitaires vont être assouplies, et que dans l’ombre se négocie l’entrée de nouveaux annonceurs à Radio France. Il en déduira sans peine que la fin de la publicité sur France Télévisions est à la réforme de l’audiovisuel ce qu’Alzheimer est aux franchises médicales et ce que la désalinisation de l’eau de mer est aux contrats d’armements franco-lybiens.
Mais que faire alors ? se demandait déjà la dernière fois ce sympathique camarade. Premièrement, cela tombe désormais sous le sens : limiter également la publicité sur le secteur privé, plutôt que de l’affranchir, sous peine d’accroître le déséquilibre public/privé. Réduire le temps maximum et le nombre de coupures autorisées en sus de la taxation. Voilà qui ferait sans doute bondir les copains de la main invisible du marché. Mais comme nous sommes sadiques, nous pourrions même aller jusqu’à augmenter la redevance (Arg ! encore une mesure socialiste !) qui comme chacun sait ou ne sait pas, est l’une des plus ridiculement basse de toute l’Europe (116 euros en France pour 184 euros en moyenne ailleurs, dont 204 en Allemagne et 175 aux Royaume-Uni), et se trouve plombée par près de 10% de fraude (mais que fait le Droit de Savoir ?).
Enfin, et ce n’est pas négligeable, seule l’ouverture des ondes aux médias associatifs et l’inclusion d’une partie d’entre eux dans le service public pourrait permettre un véritable pluralisme de l’expression publique, encore inexistant dans notre pays. Libres de toute contrainte marchande ou politique, ils pourraient bénéficier en priorité des fréquences disponibles et percevoir une aide publique détachée de la redevance ; aide issue par exemple d’une taxation des recettes publicitaires des groupes privés.
On le comprend, le bouleversement profond qui permettrait à notre système médiatique d’être digne d’une démocratie ne pourrait s’opérer qu’au sein d’une réforme générale de la fiscalité pour davantage de solidarité et de justice. Réforme qui n’est pas à l’ordre du jour. Mauvais temps pour la liberté.
|
Publié dans Culture | » Réagir
|
|
La bataille culturelle est aujourd’hui menée par une droite décomplexée qui alimente la dérive du système médiatique français vers tous les dangers que nous dénoncions depuis longtemps. Les JT et leurs 15 millions de téléspectateurs quotidiens sont la cible privilégiée d’une mécanique bien rodée. Sarkozy crée l’actualité : à chaque jour son sujet, son événement et son déplacement[...] Sa présence médiatique a permis de marteler son message : la rupture. Il joue sur cette image en utilisant tout ce qui peut concourir à faire passer ce message : la moindre intervention, la moindre image, la moindre réaction. À tel point qu’il finisse par incarner cette idée de rupture. Cette politique du spectacle, aux antipodes d’une vision civilisatrice, s’inspire d’un phénomène qui a déjà fait ses preuves aux Etats unis lorsqu’il a été utilisé par les spins-doctors notamment pour la réélection de Bush : le storytelling. Il s’agit de construire un « récit cohérent » afin d’emporter l’adhésion du public à son interprétation.
Ainsi la bataille des histoires remplace la bataille des idées dans le débat politique, les ministres « d’ouverture » ne sont que des ministres d’apparat tout juste bon à faire le décor, y compris en simulant l’opposition au sein même du gouvernement. La politique devient spectacle et les citoyens sont privés des outils d’analyse du bien fondé des décisions prises. Selon Richard Rose « la clé d’une présidence postmoderne est la capacité à conduire (ou à fabriquer) l’opinion. Le résultat en est une sorte de campagne électorale permanente ».[...] Donner le tempo chaque jour n’a qu’un but : neutraliser toutes les réactions, tous les débats. Après cinq ans passés à courir derrière Sarkozy, il faut que la gauche et les socialistes parviennent à imposer leur propre rythme et que nous puissions imposer des positions dans le débat public, comme nous avons su le faire pendant la bataille contre le CPE.[...]
Télecharge Reconquérir et Reconstruire n°104
|
Publié dans Général | » Réagir
|
|
Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. Pas besoin d’être vétérinaire pour comprendre que la suppression des revenus publicitaires annoncé par le Président de la République n’augure rien de bon pour l’audiovisuel public.
Comprenons bien : non que la fin de la publicité (depuis si longtemps attendue) au sein des chaînes publiques soit un mal en soi, bien au contraire. Mais peut-on raisonnablement croire que le gouvernement constitué de qui on sait par qui on sait tiendra ses promesses lorsqu’il parle de compenser la totalité du manque à gagner, voire d’aller au-delà ? Et que penser de la liberté de l’audiovisuel public ou de sa qualité, quand on se souvient de la mission confiée au ministère de la culture : rentabiliser chaque centime dépensé, ne subventionner que ce qui rapporte, ne mettre à la portée du plus grand nombre que ce qui lui plaît, le choque, ou le flatte déjà.
L’analyse indique que sur les dizaines de milliards d’euros de transactions publicitaires du secteur public, une taxe de l’ordre de 3% permettrait non seulement de recouvrer les 800 millions d’euros de manque à gagner, mais même de dépasser largement le milliard. En considérant l’hypothèse farfelue que les annonces du gouvernement serait subitement devenues crédibles, c’est donc faisable. Mais souhaitable ?
Pas exactement. Car il faut rappeler l’habitude délétère qu’ont certains responsables politiques de faire pression sur la presse par le biais de leurs amis actionnaires : que feront-ils quand ladite presse verra ses revenus dépendre exclusivement de l’Etat ? Et que songer du gain pour le secteur privé qui, comme nous confiait il y a peu Christine A. , stagiaire au Ministère de la Communication et de culture, bénéficiera d’ici peu d’un « assouplissement des règles publicitaires » ? On rappellera utilement que d’ores et déjà, la croissance du chiffre d’affaire du privé va de 7 à 10 % par an pour seulement 2 à 3 % dans le public, et on pourra pronostiquer sur le combat opposant Goliath à David privé de sa fronde.
Que faire alors ? La suite au prochain épisode.
|
Publié dans Culture | » Réagir
|
|
Le projet de loi sur la rétention de sûreté a été adopté par l’assemblée nationale en procédure d’urgence le 8 janvier dernier. Il s’inscrit dans la droite ligne de la politique gouvernementale sur le système pénitentiaire français : que le bon peuple se rassure, les criminels vont en prison… Même quand ceux-ci n’ont pas commis de crime. Car c’est exactement ce que signifie cette nouvelle loi. Un criminel ayant purgé sa peine est maintenu en prison sur présomption de dangerosité. Tous les criminels ne sont pas concernés, mais le texte a été beaucoup amendé : d’une loi non rétroactive ne concernant que les peines de plus de 15 ans pour viols, meurtre et actes de barbarie sur mineurs de moins de 15 ans, on passe à une loi rétroactive qui concerne toutes les peines de plus de 15 ans pour exactions sur mineurs, quel que soit leur âge. Au cours de la réunion du 22 janvier, nous ferons dans un premier temps un état des lieux de la situation du système pénitentiaire en France, puis nous nous intéresserons à cette nouvelle loi et ses conséquences avant de regarder un peu vers l’avenir de la prison en France et en Europe.
informations générales sur la prison et sur l’actualité pénitentiaire :
http://genepilyon.unblog.fr/ : le blog du génépi de Lyon
http://www.oip.org/ : le site de l’observatoire international des prisons
le projet de loi :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl0442.asp
la pétition :
www.contrelaretentiondesurete.fr
|
Publié dans AG, Général | » Réagir
|
|