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Archive du mois de février 2008
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A l’heure où se font déjà pressentir les premiers déclics du siège éjectable de Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication rescapée de la Chiraquie, le temps est venu de faire un point sur la place de la culture dans notre société, sur son économie, sur son avenir.
Impréparation, désorganisation, amateurisme, rarement on aura vu une telle débandade au Ministère. Rue de Valois les portes sont closes, les technocrates hibernent. Albanel se terre, contrainte d’obéir aux prescriptions absurdes et dogmatiques de l’Elysée, et supplantée par un Conseiller du Président pour la Culture et l’Audiovisuel, le transfuge Georges-Marc Benamou.
Ici comme ailleurs, le libéralisme plus vraiment triomphant fait rage. On coupe les fonds, circulez y’a rien à voir. Chaque centime dépensé devra être « utile », et pour ce gouvernement utile signifie rentable.
Ici comme ailleurs, le monde se coupe en deux : les happy few qu’on idolâtre et qu’on couvre d’or, et la multitude qui cherche simplement à exercer honnêtement son métier. Coluche disait « on est pas payé pour ce qu’on vaut, mais pour ce qu’on rapporte ». Au-delà des faux débats sur le talent réel ou supposé des uns et des autres se pose la question d’un secteur économique en tant que tel, ni pire ni meilleur qu’un autre, mais systématiquement laissé à la marge.
Entre la pensée culturelle de droite, d’une fertilité inférieure ou égale à zéro, et la pensée culturelle de gauche traditionnelle (« Euh… donnez-leur des sous »), s’impose la nécessité d’une reconstruction et d’un dépassement. Après « la culture pour tous », puis « la culture de chacun », quel état des lieux, quels projets ?
L’occasion pour chacun d’en savoir plus et de débattre sur un domaine méconnu.
Economie de la culture :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_de_la_culture
Dernière position de l’UMP :
http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/ discours/convention_de_l_ump_sur_la_culture_ mardi_24_janvier_2006__1
Dernière position du PS :
http://culture.parti-socialiste.fr/
Dernière résolution du MJS :
http://www.mjsfrance.org/article.php3?id_article=1064
Lettre de mission de Christine Albanel :
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/ juillet/lettre_de_mission_du_president_de_la_republique_adressee_a_mme_christine_ albanel_ministre_de_la_culture_et_de_la_communication.79213.html
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Nicolas Perera (secrétaire national à l’emploi) a introduit le débat sur le droit du travail par un rappel de son utilité ainsi que des menaces qui pèsent dessus.
Une fois encore, il fut surprenant de constater le silence des médias sur un sujet aussi grave. C’est pourquoi il parut important d’alerter chaque fois que possible nos concitoyens sur le changement radical de philosophie qu’opère notre gouvernement : alors que le Code du Travail a été créé et enrichi pour équilibrer le rapport de force entre employeur et employé, la droite les considère comme égaux a priori. Vigilance également sur la forme des législations de la droite : jouant sur le flou des textes, certaines permettent aisément les abus et les contournements. Vigilance enfin sur les discours contradictoires de l’UMP sur les 35 heures.
Reprenant à son compte le discours cynique du MEDEF qui prétend qu’il reste difficile de licencier aujourd’hui en France, elle préfère entériner les licenciements abusifs en créants des départs aux indemnités « négociées » (qui permettent à l’employeur de faire pression) plutôt que de s’attaquer aux injustices faites aux salariés. Les employés d’associations, souvent vulnérables, sont d’ailleurs littéralement oubliés pour les derniers textes de loi, tout comme le sont pour l’instant les travailleurs qui ne rentreront plus dans le cadre du Code du Travail. S’ils pourront toujours effectuer leurs recours aux Prud’hommes (qu’on imagine massifs), le champs d’action des Inspecteurs du Travail dans ces domaines reste encore flous.
Par ailleurs, l’on se doute que les contrôles prévus par le gouvernement ne seront pas plus efficaces que les actuels sur la question des abus de l’employeur, notamment au sein même des administrations de la fonction publique. La question de l’exemplarité de l’Etat en matière de respect des employés fut d’ailleurs abordée : trop souvent le non-remplacement annoncé des fonctionnaires, que la droite imagine toujours inutiles et trop nombreux, dissimule l’embauche massive de contractuels dotés de moins de droits.
S’agissant des stagiaires, l’attachement du MJS à la création de leur statut dans le Code du Travail, qui valorise et protège enfin leur travail et leur expérience, fut rappelé. De même, les périodes d’essai abusives au cours desquelles de véritables missions sont effectuées de bout en bout avant licenciement furent dénoncées, ainsi que les « contrats à objet défini » prévus par le gouvernement, version évoluée des contrats de chantier déjà existants.
Enfin, au-delà des jeux de construction et déconstruction du droit du travail entre la gauche et la droite au gré de l’alternance, il fut rappelé qu’il est important d’aller de l’avant, d’inventer de nouvelles formes de progrès social, notamment par la sécurité sociale professionnelle, la véritable reconnaissance des travaux pénibles, la société du temps libéré, etc. C’est à notre génération qu’il appartient de revendiquer ces droits nouveaux.
Pierre
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A moins d’un mois du second tour, passons en revue les enjeux de ces échéances. A première vue, la situation lyonnaise parait bien engagée : avec un bilan honorable de maire sortant, un projet sérieux, Gérard Collomb a de fortes chances de l’emporter au soir du premier ou du second tour. En ce qui concerne les communes situées à la périphérie, la situation est souvent plus difficile. Il est important que ces communes, notamment les plus populaires puissent accorder leur confiance aux équipes municipales de Gauche, plutôt que de voir leur territoire devenir le laboratoire de la politique sarkozyste.
Ne cachons pas que sur le plan national, nous attendons beaucoup de ces élections. En effet, les résultats de celles-ci pourraient bien représenter la première pierre de la reconstruction de la Gauche et de la reconquête de la confiance de nos concitoyens. La plupart des programmes présentés par les candidats socialistes sont ambitieux, et comprennent souvent un volet social fort, notamment concernant la question du logement. Ainsi nous serons capables de démontrer notre capacité à gouverner localement avant de le faire sur le plan national.
Concernant ces échéances, le MJS doit y prendre pleinement sa place, d’une part pour apporter des éléments programmatiques au projet des différents candidats, d’autre part en tant que représentant de la jeunesse sur les listes. C’est pour ces raisons qu’il est important que le MJS participe de façon intensive à ces campagnes locales, impliqué et visible sur le terrain, pertinent dans ses propositions et analyses.
Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°106
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Les premiers Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs viennent d’ouvrir et des premiers faits graves surviennent déjà. Samedi dernier, un adolescent s’est suicidé à l’EPM de Meyzieu où il était incarcéré. Le suicide d’un adolescent est toujours un événement douloureux et inacceptable, a fortiori, en prison. Pour tous les professionnels au contact d’adolescents en grande difficulté, ce passage à l’acte renvoie à une forme d’impuissance et à un sentiment d’échec. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison.
Mais les EPM ont été présentés, à grand renfort de communication, par le ministère de la Justice et la direction de la PJJ, comme un modèle unique destiné à améliorer les conditions de détention qui, selon eux, n’étaient pas possibles dans les quartiers pour mineurs. Pourtant, en matière de conditions de détention, l’Administration Pénitentiaire n’hésite pas à transférer 6 jeunes des quartiers pour mineurs du continent vers la prison de Borgo en Corse au prétexte du peu de visites probables de leurs familles. Certains quartiers mineurs semble être appelés à devenir des lieux de relégation supplémentaire des jeunes incarcérés puisque 8 jeunes de l’EPM de Marseille avaient déjà fait l’objet d’un déplacement vers le quartier mineurs de Grasse, parce qu’ils ne s’adaptaient pas à l’EPM.
Ainsi, un tri est, aujourd’hui, opéré : les jeunes les plus difficiles sont orientés vers les quartiers mineurs tandis que ceux qui font valoir leur motivation sont orientés vers les EPM. Nous sommes en droit de nous demander si l’amélioration des conditions de détention était bien le véritable objectif recherché. Avec un nombre de personnels éducatifs et pénitentiaires conséquent, des activités permanentes et obligatoires, des locaux modernes et une organisation de vie collective calquée sur celle qui se mène dans les foyers éducatifs, les EPM devaient quasiment faire oublier aux jeunes la réalité de leur incarcération. On constate aujourd’hui que trop de temps collectifs tels qu’ils sont imposés aux jeunes dans ces lieux de confinement sont sources pour eux d’insécurité, propice aux phénomènes de groupes violents. Aujourd’hui, le suicide d’un adolescent à Meyzieu, des phénomènes de violence dans tous les EPM ainsi que des conditions de travail détestables pour les personnels, en raison d’ouvertures à marche forcée, tout cela vient confirmer ce que le SNPES-PJJ/FSU a toujours dénoncé comme un leurre et une imposture. Leurre pour des éducateurs à qui l’on a fait croire qu’ils pourraient faire un travail éducatif en prison alors que la logique de l’enfermement carcéral s’impose à toute autre logique. Cela trouve son illustration dans les 2 évasions récentes de l’EPM de Marseille. Imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que ces prisons allaient enfin pouvoir réinsérer ces adolescents. En banalisant à l’extrême les effets destructurants de l’incarcération, en privilégiant les solutions répressives par rapport à la prévention et à l’éducation en milieu ouvert, le gouvernement est en train d’instaurer un véritable gâchis humain et financier.
Le SNPES-PJJ/FSU continue à s’opposer résolument aux EPM qui, avec d’autres mesures récemment votées, comme les peines plancher et la comparution immédiate pour les mineurs, ont véritablement augmenté l’incarcération avec les risques que celle-ci fait encourir aux adolescents.
Nous relayons l’appel à un rassemblement contre ces structures d’enfermement pour mineurs le samedi 9 février. Rendez-vous à 15h30 devant la Mairie de Meyzieu pour aller jusqu ‘à la prison pour mineurs dans le quartier du Mathiolan :
- Pour apporter un soutien à la famille et aux proches de ce jeune mort le 2 février au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu
- Parce que nous pensons qu’il est crucial de visibiliser ce qui se passe réellement dans ces prisons
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Le thème des banlieues a été abordé tout d’abord sous l’angle de l’entreprenariat par l’association Connexcités, active depuis octobre 2007 a Villeurbanne, et qui a pour vocation d’aider les jeunes issus des quartiers, à monter leur entreprise et développer le tissu économique local (information, aide à la constitution de dossiers, mutualisation des réseaux, mise en place de partenariats, etc). Les intervenants avaient à coeur de se distancer des clichés inhérents aux cités en soulignant que leur action était exclusivement axée sur le développement économique par opposition au volet social, angle d’attaque classique pour une association dite “de quartiers”. Le témoignage concernant la vie de ces quartiers est positif, la majorité des jeunes s’implique… seule une minorité reste inactive.
Le tour de table a permis d’élargir un peu le sujet. Les points principaux qui en sont ressortis:
- Orientation, échec scolaire et mixité dans les établissements scolaires
- Mixité sociale, logement, désenclavement (transports)
- Dépolitisation dans les banlieues: rôle de la Gauche et du MJS en particulier, pour qui ce problème est un enjeu majeur.
- Discrimination à l’embauche, précarité (échec des zones franches où bien souvent les entreprises qui s’y implantent n’embauchent pas les locaux (cf. aéroport d’Orly), absence de l’Etat, désertion des services publics)
- Politiques de la ville qui sont parfois noyées dans le cadre de l’intercommunalité: les élus locaux ont beaucoup moins de poids au sein des communautés d’agglomération ou de communes pour agir efficacement.
Pour porter ses fruits, l’action envers les banlieues doit être menée à la fois sur les volets politiques, économiques et sociaux, en tenant compte des spécificités locales (les situations dans les zones sensibles varient d’un endroit à un autre, les problématiques ne sont pas nécéssairement les mêmes dans la banlieue parisienne que dans la banlieue lyonnaise, voire même à Vaulx-en-Velin qu’à Venissieux). Il faut toutefois garder à l’esprit des grands principes importants: subventionner les associations de quartier, rétablir durablement une police de proximité…Il ne faut jamais oublier que l’école est la pierre angulaire de la lutte contre les discriminations et de l’égalité pour tous.
Bien que l’on ne puisse que saluer l’action d’associations telles que Connexcités, n’y a-t’il pas un risque de stigmatisation des jeunes de banlieues qui ne pourraient s’en sortir qu’en créant leur PME? Tout le monde n’a pas vocation a créer une entreprise, et cette solution à elle-seule ne saurait résoudre le problème du chômage des jeunes. Il est nécessaire de continuer à lutter contre les discriminations à l’embauche et l’échec scolaire pour que chacun puisse bénéficier des mêmes chances pour trouver l’emploi de son choix, quels que soient son milieu social, sa ville d’origine ou sa couleur de peau.
Laura
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