Compte-rendu de la réunion thématique sur le droit du travail
le 22 février 2008 à 20:55 par Sven dans AG, Analyses|
Nicolas Perera (secrétaire national à l’emploi) a introduit le débat sur le droit du travail par un rappel de son utilité ainsi que des menaces qui pèsent dessus. Une fois encore, il fut surprenant de constater le silence des médias sur un sujet aussi grave. C’est pourquoi il parut important d’alerter chaque fois que possible nos concitoyens sur le changement radical de philosophie qu’opère notre gouvernement : alors que le Code du Travail a été créé et enrichi pour équilibrer le rapport de force entre employeur et employé, la droite les considère comme égaux a priori. Vigilance également sur la forme des législations de la droite : jouant sur le flou des textes, certaines permettent aisément les abus et les contournements. Vigilance enfin sur les discours contradictoires de l’UMP sur les 35 heures. Reprenant à son compte le discours cynique du MEDEF qui prétend qu’il reste difficile de licencier aujourd’hui en France, elle préfère entériner les licenciements abusifs en créants des départs aux indemnités « négociées » (qui permettent à l’employeur de faire pression) plutôt que de s’attaquer aux injustices faites aux salariés. Les employés d’associations, souvent vulnérables, sont d’ailleurs littéralement oubliés pour les derniers textes de loi, tout comme le sont pour l’instant les travailleurs qui ne rentreront plus dans le cadre du Code du Travail. S’ils pourront toujours effectuer leurs recours aux Prud’hommes (qu’on imagine massifs), le champs d’action des Inspecteurs du Travail dans ces domaines reste encore flous. Par ailleurs, l’on se doute que les contrôles prévus par le gouvernement ne seront pas plus efficaces que les actuels sur la question des abus de l’employeur, notamment au sein même des administrations de la fonction publique. La question de l’exemplarité de l’Etat en matière de respect des employés fut d’ailleurs abordée : trop souvent le non-remplacement annoncé des fonctionnaires, que la droite imagine toujours inutiles et trop nombreux, dissimule l’embauche massive de contractuels dotés de moins de droits. S’agissant des stagiaires, l’attachement du MJS à la création de leur statut dans le Code du Travail, qui valorise et protège enfin leur travail et leur expérience, fut rappelé. De même, les périodes d’essai abusives au cours desquelles de véritables missions sont effectuées de bout en bout avant licenciement furent dénoncées, ainsi que les « contrats à objet défini » prévus par le gouvernement, version évoluée des contrats de chantier déjà existants. Enfin, au-delà des jeux de construction et déconstruction du droit du travail entre la gauche et la droite au gré de l’alternance, il fut rappelé qu’il est important d’aller de l’avant, d’inventer de nouvelles formes de progrès social, notamment par la sécurité sociale professionnelle, la véritable reconnaissance des travaux pénibles, la société du temps libéré, etc. C’est à notre génération qu’il appartient de revendiquer ces droits nouveaux. Pierre |











