La question de la fin de vie est un sujet qui revient régulièrement dans les médias, au gré des appels au secours de certains malades. On se souvient notamment du jeune Vincent Imbert, du procès d’une infirmière en gériatrie, et plus récemment, de Chantal Sébire.
L’euthanasie (étymologiquement “la bonne mort”) constitue l’ensemble des méthodes qui donnent la mort d’un patient en fin de vie. Elle est aujourd’hui utilisée dans certains pays sous conditions: Belgique, Danemark, Pays-Bas, Suisse (où on pratique ce que l’on appelle le suicide assisté). En France la loi Leonetti de 2005 constitue un premier pas qui permet d’éviter l’acharnement thérapeutique. Cependant, pour le MJS, cette loi ne va pas assez loin, en effet, la possibilité de “laisser mourir” les patients ne permet pas forcément de mettre un terme aux souffrances, notamment pour les patients dont la vie est loin d’être arrivée à son terme (cas de Vincent Imbert par exemple).
Le MJS milite pour la légalisation de l’euthanasie active. On peut distinguer deux situations: le patient est conscient, souffre, atteint d’une maladie incurable et indique souhaiter la mort. Dans le cas où le patient est inconscient (état végétatif), le MJS propose la création d’un registre des demandes d’euthanasie, où le patient pourrait à priori indiquer sa volonté d’euthanasie, ou désigner une personne de sa famille pour décider de cette question.
La fin de vie, c’est aussi la question des soins palliatifs, car on peut estimer que le traitement de la douleur n’est pas encore considéré comme il le devrait en France.
Le droit à une fin de vie digne est un droit qui doit être considéré comme un combat social.
La loi Leonetti de 2005.
C’est un texte qui reste méconnu du le personnel soignant. Il a été voté à l’unanimité à l’assemblée nationale et témoigne déjà de certaines avancées.
La loi pose un encadrement des pratiques médicales en fin de vie. L’euthanasie peut intervenir dans plusieurs cas:
- Le patient a la possibilité d’avoir une personne de confiance (désignée avant une intervention par exemple) dont l’avis prévaut sur tout autre avis non médical.
- Le patient peut aussi rédiger des directives anticipées qui ne doivent pas être antérieures à 3 ans.
- Enfin la procédure collégiale: les médecins se réunissent pour décider ou non de l’arrêt d’un traitement.
Lorsque la vie est maintenue artificiellement, il ne faut pas qu’il y ait un acharnement déraisonnable. En ce qui concerne le soulagement de la souffrance, si le médecin est face à un dilemme, dans le cas où le traitement anti-douleur peut-être fatal au patient par exemple, le médecin doit informer le patient (sauf s’il a exprimé la volonté de ne pas l’être), sa personne de confiance ou des proches.
En cas de volonté du patient d’abandonner les soins, le médecin doit l’informer des conséquences de son choix, et doit tout faire pour le convaincre d’accepter les soins indispensables. Le patient doit exprimer sa demande à deux reprises.Le médecin doit respecter la volonté du patient et lui prodiguer des soins de confort (soins palliatifs).
Si une personne ne peut exprimer sa volonté, l’arrêt de soin ou de traitement doit respecter la procédure collégiale, et les volontés des personnes de confiance ou les directives anticipées doivent être respectées.
Aujourd’hui il n’existe pas de service de soins palliatifs. L’identification des soins palliatifs vient de la loi Leonetti.
Il est fondamental soulager les douleurs physiques, mais il faut aussi prendre en compte les souffrances psychologiques, sociales etc.
Pour aborder la question de la fin de vie, on doit d’abord se poser la question de savoir qu’est-ce qu’une fin de vie digne? Qu’entend-on exactement par là? Cette réflexion préalable est nécessaire pour pouvoir débattre de l’euthanasie.
Durant le tour de table, la plupart des camarades ont insisté sur la nécessité de légiférer, pour sortir de l’hypocrisie actuelle en matière de pratique de l’euthanasie. On ne peut pas laisser un pouvoir discrétionnaire régler une question aussi délicate. La question du cadre légal est toutefois nuancée par certains intervenants, qui ont posé la question du ressenti individuel qui diffère grandement d’une personne à l’autre, et de la difficulté d’énoncer des critères stricts (difficile de définir dans quels cas bien précis on doit ou pas pratiquer l’euthanasie). Un rapprochement a été fait à plusieurs reprises entre le droit à l’avortement et le droit à l’euthanasie, dans la mesure où il s’agit dans les deux cas du droit de disposer de son propre corps. Certains camarades ont soulevé la question de savoir si l’euthanasie n’était pas parfois un aveu d’abandon de certains patients, et ont également évoqué les risques de dérives. Sur le traitement de la douleur et les soins palliatifs, même si la souffrance des patients est aujourd’hui vraiment prise en compte par les médecins, les mentalités n’évoluent pas forcément: il reste logique d’avoir mal. Il y a urgence à former et informer le personnel médical sur le sujet, mais aussi la population, qui doit être informée pour pouvoir le cas échéant prendre les dispositions prévues par la loi Léonetti.
Il faut savoir donner au patient un vrai projet de vie pour tous ceux qui n’ont pas envie de mourir. L’euthanasie doit être encadrée de manière très prudente, c’est un débat qui doit être dépassionné, car des vies humaines sont en jeu. Le MJS doit être une force de proposition sur l’euthanasie.
Laura