Archive du mois d'avril 2008

30.04
2008
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“Il semble aujourd’hui nécessaire de le rappeler : Mai 1968 ne fut pas ce que les interprétations caricaturales des années 1980 et 1990 en ont fait : un joyeux défoulement de hippies à guitares et cheveux longs, ou l’insurrection d’une jeunesse désireuse de briser les obstacles qui l’empêchaient de jouir librement des promesses nouvelles de la marchandise. Quelle qu’ait été la part des illusions et des méprises de ce temps, une chose est sûre : le paysage de Mai 1968 fut celui de manifestations et d’assemblées menées sur fond d’usines en grève, parées de drapeaux rouges, et criant des mots d’ordre anticapitalistes et antiétatiques.” Jacques Rancière La parole ouvrière

“Il faut liquider l’héritage de mai 68” : c’est en s’attaquant a ce symbole tantôt encensé tantôt vilipendé suivant les époques, que la Droite redevint pleinement la Droite, celle qui attendait sa revanche depuis plusieurs dizaines d’années, le retour de l’ordre moral, de la famille et des traditions. Ainsi, c’est l’occasion de recycler la thématique révolutionnaire (www.40ansplustard.com) abandonnée par le PS. Etudiant en école de commerce ou à sciences po, le révolutionnaire nouveau a un sourire brite à faire pâlir une pub pour dentifrice et souhaite changer la société en défendant l’ordre établi.

Il nous parait aujourd’hui nécessaire de demander des comptes à ceux qui ont animé cette période. Devenus patrons de gauche ou directeur de journaux, cette génération nous donne l’impression qu’elle ne souhaitait pas transformer la société mais simplement devenir Calife à la place du Calife. 40 ans plus tard, l’heure est toujours aux révoltes sociales, sur fond de crise financière et bientôt crise alimentaire, la colère montant aussi rapidement que le prix du baril de pétrole ou des denrées alimentaires.

Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°111

29.04
2008
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Sujet clivant de l’arène politique française, la place et l’importance de l’Etat dans le quotidien de la population est de nouveau à l’ordre du jour avec la Révision Générale des Politiques Publiques. C’est l’occasion pour la gauche de répéter son attachement à un Etat-Providence fort, tandis que la droite continue à soutenir qu’il est inutile, cher et dangereux. Au-delà des faux débats sur l’individuel et le collectif, essayons brièvement de voir pourquoi.

On distingue généralement dans la droite française trois grands courants : le légitimisme (droite aristocratique dure), l’orléanisme (droite bourgeoise libérale) et le bonapartisme (droite républicaine gaulliste). La victoire historique de la bourgeoisie sur l’aristocratie, modérée par l’admiration de la première pour la seconde, a accompagné le glissement des privilèges de la rente foncière des nobles vers la rente boursière des actionnaires. Malgré leurs différends sur le plan sociétal, le légitimisme et l’orléanisme se sont fondus ces dernières décennies en une forme hybride particulièrement redoutable qui a pratiquement terrassé le bonapartisme, n’en gardant que le culte du chef. Sa boussole sur le plan économique est très clair : permettre aux élites l’enrichissement individuel maximum (orléanisme) et sa conservation (légitimisme). Pour le volet social, l’argumentaire est court : « Dans la vie, on a que ce qu’on mérite ». Ben voyons.
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Le bureau fédéral du Parti Socialiste du Rhône a entériné mardi 22 avril le gel des candidatures sur le 5ème canton du Rhône (correspondant au 5ème arrondissement de Lyon), empêchant ainsi toute candidature étiquetée PS sur ce canton. Sur ce canton renouvelable fin mai en raison du cumul des mandats de Michel Havard (député UMP et actuel conseiller général), la manoeuvre vise officieusement à soutenir un candidat Modem qui en cas de victoire, pourrait éventuellement modifier le rapport de force au sein du conseil général. En vertu des positions du MJS, illustrées par la résolution “Aucune connexion avec le Modem” et parce qu’il s’agit d’une tentative de passage en force contre l’avis des militants de la section PS concernée, nous avons fait parvenir un communiqué de presse dont le contenu est disponible ci-dessous. 

Les jeunes Socialistes du Rhône déplorent la décision prise par la fédération départementale du PS de geler le 5ème canton, ceci en vue de faciliter la candidature d’un membre du Modem. Le Modem, avec le soutien de l’UMP, est aujourd’hui majoritaire au conseil général. Nous nous interrogeons sur l’opportunité de renforcer cette majorité alors qu’il s’agit d’une chance unique de faire basculer le département à Gauche. Nous dénonçons donc l’utilisation de méthodes visant à faire passer les calculs politiciens avant la proposition de véritables alternatives politiques locales au niveau départemental.

Par ailleurs, nous avons la certitude qu’il existe aujourd’hui de nombreux membres du Parti Socialiste qui ont les compétences et les qualités nécessaires pour faire d’excellents conseillers généraux. Nous rappelons que le renouvellement ne doit pas se faire uniquement dans les discours mais aussi dans les actes. Nous demandons donc au Parti Socialiste de revenir sur sa décision et de s’en remettre au choix des électeurs concernant la future couleur politique de ce canton.

17.04
2008
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La question de la fin de vie est un sujet qui revient régulièrement dans les médias, au gré des appels au secours de certains malades. On se souvient notamment du jeune Vincent Imbert, du procès d’une infirmière en gériatrie, et plus récemment, de Chantal Sébire.

L’euthanasie (étymologiquement “la bonne mort”) constitue l’ensemble des méthodes qui donnent la mort d’un patient en fin de vie. Elle est aujourd’hui utilisée dans certains pays sous conditions: Belgique, Danemark, Pays-Bas, Suisse (où on pratique ce que l’on appelle le suicide assisté). En France la loi Leonetti de 2005 constitue un premier pas qui permet d’éviter l’acharnement thérapeutique. Cependant, pour le MJS, cette loi ne va pas assez loin, en effet, la possibilité de “laisser mourir” les patients ne permet pas forcément de mettre un terme aux souffrances, notamment pour les patients dont la vie est loin d’être arrivée à son terme (cas de Vincent Imbert par exemple).

Le MJS milite pour la légalisation de l’euthanasie active. On peut distinguer deux situations: le patient est conscient, souffre, atteint d’une maladie incurable et indique souhaiter la mort. Dans le cas où le patient est inconscient (état végétatif), le MJS propose la création d’un registre des demandes d’euthanasie, où le patient pourrait à priori indiquer sa volonté d’euthanasie, ou désigner une personne de sa famille pour décider de cette question.

La fin de vie, c’est aussi la question des soins palliatifs, car on peut estimer que le traitement de la douleur n’est pas encore considéré comme il le devrait en France.

Le droit à une fin de vie digne est un droit qui doit être considéré comme un combat social.

La loi Leonetti de 2005.

C’est un texte qui reste méconnu du le personnel soignant. Il a été voté à l’unanimité à l’assemblée nationale et témoigne déjà de certaines avancées.
La loi pose un encadrement des pratiques médicales en fin de vie. L’euthanasie peut intervenir dans plusieurs cas:

- Le patient a la possibilité d’avoir une personne de confiance (désignée avant une intervention par exemple) dont l’avis prévaut sur tout autre avis non médical.

- Le patient peut aussi rédiger des directives anticipées qui ne doivent pas être antérieures à 3 ans.

- Enfin la procédure collégiale: les médecins se réunissent pour décider ou non de l’arrêt d’un traitement.

Lorsque la vie est maintenue artificiellement, il ne faut pas qu’il y ait un acharnement déraisonnable. En ce qui concerne le soulagement de la souffrance, si le médecin est face à un dilemme, dans le cas où le traitement anti-douleur peut-être fatal au patient par exemple, le médecin doit informer le patient (sauf s’il a exprimé la volonté de ne pas l’être), sa personne de confiance ou des proches.

En cas de volonté du patient d’abandonner les soins, le médecin doit l’informer des conséquences de son choix, et doit tout faire pour le convaincre d’accepter les soins indispensables. Le patient doit exprimer sa demande à deux reprises.Le médecin doit respecter la volonté du patient et lui prodiguer des soins de confort (soins palliatifs).

Si une personne ne peut exprimer sa volonté, l’arrêt de soin ou de traitement doit respecter la procédure collégiale, et les volontés des personnes de confiance ou les directives anticipées doivent être respectées.

Aujourd’hui il n’existe pas de service de soins palliatifs. L’identification des soins palliatifs vient de la loi Leonetti.

Il est fondamental soulager les douleurs physiques, mais il faut aussi prendre en compte les souffrances psychologiques, sociales etc.

Pour aborder la question de la fin de vie, on doit d’abord se poser la question de savoir qu’est-ce qu’une fin de vie digne? Qu’entend-on exactement par là? Cette réflexion préalable est nécessaire pour pouvoir débattre de l’euthanasie.

Durant le tour de table, la plupart des camarades ont insisté sur la nécessité de légiférer, pour sortir de l’hypocrisie actuelle en matière de pratique de l’euthanasie. On ne peut pas laisser un pouvoir discrétionnaire régler une question aussi délicate. La question du cadre légal est toutefois nuancée par certains intervenants, qui ont posé la question du ressenti individuel qui diffère grandement d’une personne à l’autre, et de la difficulté d’énoncer des critères stricts (difficile de définir dans quels cas bien précis on doit ou pas pratiquer l’euthanasie). Un rapprochement a été fait à plusieurs reprises entre le droit à l’avortement et le droit à l’euthanasie, dans la mesure où il s’agit dans les deux cas du droit de disposer de son propre corps. Certains camarades ont soulevé la question de savoir si l’euthanasie n’était pas parfois un aveu d’abandon de certains patients, et ont également évoqué les risques de dérives. Sur le traitement de la douleur et les soins palliatifs, même si la souffrance des patients est aujourd’hui vraiment prise en compte par les médecins, les mentalités n’évoluent pas forcément: il reste logique d’avoir mal. Il y a urgence à former et informer le personnel médical sur le sujet, mais aussi la population, qui doit être informée pour pouvoir le cas échéant prendre les dispositions prévues par la loi Léonetti.

Il faut savoir donner au patient un vrai projet de vie pour tous ceux qui n’ont pas envie de mourir. L’euthanasie doit être encadrée de manière très prudente, c’est un débat qui doit être dépassionné, car des vies humaines sont en jeu. Le MJS doit être une force de proposition sur l’euthanasie.

Laura

17.04
2008
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Modernisation est devenu le mot à la mode de ce printemps. Modernisation, désormais synonyme de régression sociale peut s’appliquer à plusieurs secteurs : dépenses publiques, marché du travail, santé…

Exemple : Comment récupérer de l’argent à la SNCF? Eh Guillaume, t’as pas dix balles ? C’est pour la “modernisation” des dépenses publiques? Attends, je regarde dans les tiroirs, il y aurait bien ces quelques millions que tu nous donne chaque année pour les tarifs sociaux… Allez, plus que 14,93 Milliards à trouver pour compenser le paquet fiscal.Pendant que nous y sommes, modernisons aussi notre marché du travail, une période d’essai allongée pour les cadres, un nouveau contrat de travail précaire concurrençant le CDI…

Et puis pourquoi laisser de côté l’Education Nationale ? Les lycéens et des profs ne s’en laissent pas compter vis-à-vis des 11200 postes supprimés dans l’éducation nationale. Les mobilisations s’amplifient, la contagion devient nationale, mais le ministre reste sourd aux revendications.

A l’autre bout, la contestation fait des émules au sein du gouvernement. En effet, pendant que la flamme olympique s’éteint, le torchon brûle au sein de la majorité où Nathalie Kosciusko-Morizet en vient à traiter certains membres de la majorité de lâches sur le dossier des OGM, un éclair de lucidité sans doute avant d’être condamnée à s’excuser en place publique… Ainsi fonctionne la France des lobbys, ces semenciers pro OGM qui offrent des cadeaux et des voix à certains députés pantins de la majorité, en échange de votes sur des lois moribondes.

Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°110