Archive pour le 30 avril 2008

30.04
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

“Il semble aujourd’hui nécessaire de le rappeler : Mai 1968 ne fut pas ce que les interprétations caricaturales des années 1980 et 1990 en ont fait : un joyeux défoulement de hippies à guitares et cheveux longs, ou l’insurrection d’une jeunesse désireuse de briser les obstacles qui l’empêchaient de jouir librement des promesses nouvelles de la marchandise. Quelle qu’ait été la part des illusions et des méprises de ce temps, une chose est sûre : le paysage de Mai 1968 fut celui de manifestations et d’assemblées menées sur fond d’usines en grève, parées de drapeaux rouges, et criant des mots d’ordre anticapitalistes et antiétatiques.” Jacques Rancière La parole ouvrière

“Il faut liquider l’héritage de mai 68” : c’est en s’attaquant a ce symbole tantôt encensé tantôt vilipendé suivant les époques, que la Droite redevint pleinement la Droite, celle qui attendait sa revanche depuis plusieurs dizaines d’années, le retour de l’ordre moral, de la famille et des traditions. Ainsi, c’est l’occasion de recycler la thématique révolutionnaire (www.40ansplustard.com) abandonnée par le PS. Etudiant en école de commerce ou à sciences po, le révolutionnaire nouveau a un sourire brite à faire pâlir une pub pour dentifrice et souhaite changer la société en défendant l’ordre établi.

Il nous parait aujourd’hui nécessaire de demander des comptes à ceux qui ont animé cette période. Devenus patrons de gauche ou directeur de journaux, cette génération nous donne l’impression qu’elle ne souhaitait pas transformer la société mais simplement devenir Calife à la place du Calife. 40 ans plus tard, l’heure est toujours aux révoltes sociales, sur fond de crise financière et bientôt crise alimentaire, la colère montant aussi rapidement que le prix du baril de pétrole ou des denrées alimentaires.

Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°111