Archive du mois de mai 2008

27.05
2008
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Alibi n°1 du Medef et du gouvernement pour expliquer la crise économique actuelle, la montée du chômage ou la stérilité des ours blancs au Pôle Nord, la loi sur les 35h de travail hebdomadaire vient de fêter ses 10 ans. Instaurée en 1998 par Martine Aubry, alors ministre du travail, elle permit la création de 700 000 emplois dans les années qui suivirent. 

Après avoir mis cette avancée au placard par la défiscalisation des heures supplémentaires,  l’UMP souhaite désormais faire disparaître la durée légale du travail, par petites touches, par dérapages contrôlés… Le temps qui passe permettra à nos concitoyens de se faire à cette idée.

On nous répète à l’envie que les français travailleraient moins que la moyenne des autres européens ce qui est vrai si on ne comptabilise que le temps de travail des salariés à temps plein (41h) mais faux si on inclut les salariés à temps partiel (38h). 

Reconnaissons le, avec la réduction de la durée légale du travail, nous n’avons pas su inventer la société du temps libéré. Ainsi les 4 heures de gagnées par semaine sont désormais souvent dépensées devant TF1. Les activités culturelles et l’investissement assocatif permettant de recréer du lien social n’ayant pas connu de recrudescence. Aujourd’hui, tout en poursuivant notre réflexion sur la question de l’organisation générale des temps dans la société, nous souhaitons abaisser cette durée à 32h et passer ainsi à la semaine de quatre jours. Les réformes doivent reprendre dans le sens du progrès social : Travailler moins pour travailler tous pour travailler mieux…

Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°113

26.05
2008
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Alors que Cannes déroulait son palmarès prestigieux sur tapis rouge, des bureaux de vote se fermaient à Lyon pour déplier une moquette rose pâle sous les pieds d’un ambitieux local s’espérant départemental à défaut de pouvoir être national. Les chevilles sont parfois plus larges que les épaules.

Deux élections partielles se tenaient dans le Rhône. L’une, d’enjeu national pour l’élection d’un député a vu le socialiste Jean-François Gagneur arriver second (23,29%) face au nouveau centriste et ultra cumulard Rayond Durand (41,78%). Le score de la gauche plurielle (PCF : 15,32%, Verts : 6,25%, LCR : 3.32%) place la candidature socialiste en bonne position pour emporter une victoire importante face à la droite. Nous avons vu récemment lors du vote sur les OGM qu’un seul député peut tout faire basculer. Nous avons battu la campagne au premier tour pour Jean-François Gagneur que nous soutenons de toutes nos forces. Nous retournons sur le terrain dès à présent pour contribuer à une victoire socialiste dès dimanche prochain. 

Puis il y avait une campagne locale pour choisir un conseiller général en remplacement de Michel Havard, leader de la droite lyonnaise, ayant tellement cumulé de mandats qu’il fut contraint d’abandonner celui-là. Pour le remplacer, une théorie cacophonique de candidats dont 3 adhérents du Modem et un seul du Parti Socialiste. Joëlle Sangouard est arrivée première avec 33.19% face à Thomas Rudigoz (31.85%) et Daniel Malicier (8,43%).

Nous remercions très chaleureusement tous les militants, toutes celles et tous ceux ayant choisi le camps de la gauche et soutenu avec ferveur son candidat naturel. Très largement présents sur le terrain, sur les marchés, dans les rues et les meetings, les militants socialistes se sont montrés exemplaires de courage et de détermination pour cette élection dont l’ambition est d’envoyer un conseiller général de plus pouvant faire basculer le département du Rhône à gauche. Après avoir porté, à tort ou à raison, une image divisée, nous sommes heureux d’observer l’incroyable unanimité autour d’une seule personne, d’un seul projet. Cette fois-ci, nous en sommes sûr, les Rhôdaniens joueront un rôle majeur dans la re-construction de la famille socialiste.

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Lao-Tseu l’a dit, l’idéologie-oulahlah-c’est-vachement-mal. Et tous les experts auto-proclamés nous le confirment : la cohérence politique ça pue la naphtaline et les courants de parti c’est ringard. Par bonheur nous avons le nouvel Omo, celui qui lave plus blanc que blanc. Et ça s’appelle le pragmatisme. « Le pragmatisme élimine les dogmes, rend les fesses roses, et relance la croissance économique avec ses p’tits bras musclés ! » Devant leur téléviseur, l’homme et la femme de gauche sont perplexes. Eh bien ils ont raison…

Ils ont raison car ce n’est pas parce qu’on se proclame « pragmatique » qu’on échappe aux dogmes imbéciles. Il suffit de savoir faire la différence entre un riche et un pauvre pour comprendre que le Président du pouvoir personnel fonde son action sur une soupe politique maison, alliant subtilement toutes les saveurs du néo-libéralisme des années 80 et du conservatisme de base. On saupoudre le tout avec quelques croûtons rassis d’extrême-droite (xénophobie, autoritarisme, paranoïa, culte du chef …) et, comme dans la pub, y’a plus qu’à passer à table. Suite à quoi on prend un air sérieux en annonçant qu’à Bercy, le taux de croissance est bizarrement plus élevé que dans le reste de la France. Version sarkozyste, le pragmatisme n’est donc jamais que la dernière idéologie à la mode. Du reste on ne cherche plus à comprendre l’être humain puisque ça n’a pas d’intérêt électoral immédiat. En français, ça s’appelle de l’obscurantisme.

Mais s’il est désormais le prétexte de référence pour justifier contre-réforme sur contre-réforme, le pragmatisme peut aussi servir de prêt-à-penser. C’est formidable ces petits bouillons Kub ! s’enthousiasme le pragmatique de gauche en touillant sa marmite. Tout heureux de se sentir moderne sans avoir à réfléchir, le soixante-huitard repenti se paye un lifting pour pas cher. Version gauche de droite, le pragmatisme assimile purement et simplement la politique à la stratégie, et confond l’efficacité politique avec l’efficacité électorale. Etre pragmatique revient donc à s’allier avec le centre ou à appliquer un programme de droite. C’est, au fond, la plus douce forme de suicide intellectuel collectif recensée à ce jour. A force de se méfier des dogmes, on a fini par jeter le bébé avec l’eau du bain et, faute de mieux, le pragmatisme sert de pensée politique à ceux qui n’en ont pas.

Dans un cas comme dans l’autre, avouons que répéter à longueur de phrase qu’on est « pragmatique » dénote quand même un tout petit manque de confiance en soi. Puisque par définition toute politique devrait être pragmatique (sinon ça s’appelle de l’incompétence) ce martèlement finit par sonner creux. Et si ça servait seulement à justifier tout et n’importe quoi ? Les philosophes pragmatiques du XIXème siècle prétendaient que le “vrai” consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée, et que le “juste” consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre conduite. Nicolas Sarkozy n’aurait pas dit mieux.

Alors moussaillon, que penser du pragmatisme comme argument politique ? C’est de la bouillie médiatique mon capitaine ! Sorti de la rhétorique mensongère qui voudrait qu’on se passe d’idéologie et qu’on appose le label « pragmatique » sur une politique pour la rendre efficace, il ne reste pas grand chose à se mettre sous la dent. Renâclant à faire marcher la politique sur ses deux jambes, l’idéologie et l’action, voilà que la France tente de rattraper la croissance mondiale à cloche-pied.

Pas grave. On a plus qu’à boycotter les jeux paralympiques de Pékin.

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Parce qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté et pas de liberté sans connaissance, nous militons pour un accès démocratique à l’information. Dans ce cadre nous devons faire tomber deux obstacles structurels à une information libre et plurielle : la logique du profit maximum et l’influence des flux financiers.

A l’heure actuelle une vingtaine de groupes se partagent les quelques 350 principaux titres de presse que compte la France (3 groupes représentent 45% de l’audience télévisuelle), et ce tous supports confondus (télé, radio, presse écrite, …). La main-mise d’entreprises venues d’autres secteurs d’activité promeut en outre une approche purement mercantile de la presse.

Nous demandons par conséquent que la loi n°84-937 du 23 octobre 1984 sur la concentration de la presse quotidienne évolue, s’étende à l’ensemble des médias et se durcisse à l’encontre des entreprises multimédias et multisecteurs. Elle doit sévèrement limiter le nombre de médias détenus par personne morale et sa participation au capital en fonction du secteur d’activité d’origine et des supports déjà investis. Une commission indépendante assurera le suivi de ces dispositions et organisera sereinement la déconcentration progressive année après année.

La séparation des pouvoirs politiques et médiatiques doit aussi être garantie par la Constitution. Les entreprises bénéficiant de commande d’Etat se verront appliquer un seuil de détention du capital d’un média. L’entreprise ne devra d’ailleurs pas voir son chiffre d’affaires en dépendre au-delà d’un certain pourcentage, sous peine de sanctions financières à hauteur des recettes indûment perçues. Un plan de décapitalisation à l’échelle d’une décennie doit voir le jour en ce sens.

Nous défendons enfin l’idée que l’information citoyenne doit primer sur la communication commerciale. C’est pourquoi nous proposons de créer une nouvelle taxe sur la publicité allouée à l’audiovisuel public. Les recettes permettront ainsi de soutenir le droit à l’information et de responsabiliser le privé vis-à-vis de la publicité.

De nombreux chantiers doivent encore s’ouvrir sur la mutation du système médiatique français et européen. En nous saisissant de l’enjeu des médias à buts lucratifs nous préparons concrètement sa conversion en un espace de citoyenneté et de pluralisme : quand les logiques financières reculent, c’est la démocratie qui avance.

Lire les résolutions des autres fédérations adoptées lors de ce CN.

Lire les contributions de groupes politiques déposées lors de ce CN.

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A l’exception des années Jospin, le progrès social connaît en France un ralentissement qui, en l’espace de vingt ans, s’est mué en régression. Gel des salaires, mise en cause de la laïcité, rafles policières, contre-réformes sur les retraites, sur la santé, sur la fiscalité, sur l’Etat. Même la gauche, au fil de ses échecs répétés, se prend à être de droite.

Pour y voir plus clair, tentons d’être simplement logique. Sur le fond d’abord. La richesse du pays a-t-elle, depuis 1986, baissé au point non seulement de rendre impossible tout progrès social, mais en plus d’obliger notre société à régresser ? Non, elle a même connu une croissance continue et a presque déjà doublé. Est-il absolument impossible d’augmenter les salaires, de continuer à cotiser 37,5 annuités, d’augmenter les dépenses et la dette de l’Etat sans condamner les générations futures, de relancer la croissance par la demande, de réduire encore le temps de travail, … ? Non, on peut débattre de l’efficacité et de la pertinence de telle ou telle mesure, mais rien n’empêche de les mettre en oeuvre. Mais alors on n’est pas « prisonniers de la mondialisation », « obligés » de contre-réformer notre pays « en faillite » ? Pas vraiment non.

Sur la forme alors. La gauche a-t-elle commis, lors de son accession au pouvoir en 1997, des fautes telles qu’elle puisse logiquement s’attirer la méfiance des électeurs ? Lionel Jospin a le meilleur bilan de l’ère Chirac. Ses propositions, ses programmes, ses candidats étaient-ils moins bons, moins crédibles, que ceux de la droite ? S’ils n’étaient sans doute pas fantastiques, ceux de l’UMP brillaient en revanche par leur démagogie, leur confusion, leur dogmatisme, et leur naïveté. La prospérité de la droite au pouvoir aurait-elle durablement séduit l’électorat populaire ? Outre l’incompétence phénoménale de certains membres du gouvernement, de longues années de bilan catastrophique ont accru un déficit public qu’ils sont les premiers à dénoncer et qu’ils ne parviendront même pas à réduire. Alors comment la bataille culturelle, si tant est qu’elle ait seulement été menée par les socialistes, a-t-elle été remportée par les libéraux ?

Creusons encore un peu, et voyons quels sont les meilleurs moyens d’influencer nos concitoyens. Vaut-il mieux réaliser une enquête de victimation sur le territoire national ou diffuser un sujet sur l’insécurité au journal de 20H ? Rencontrer les gens sur le terrain ou se montrer souriant et bien vêtu dans un talk-show à la mode ? Débattre démocratiquement avec ses adversaires à armes égales ou mettre en scène un simulacre de débat télévisé ?

Si la complaisance des médias dominants envers l’idéologie libérale n’explique pas à elle seule l’évolution de la politique française de ces dernières années, et ne décharge aucunement la gauche de ses responsabilités, il n’en demeure pas moins qu’elle reste un élément clé de la bataille culturelle indispensable au progrès social, et qu’on ne peut se passer d’en faire état. Loin des procès d’intention ou de complot, c’est l’examen minutieux d’un système complexe qu’il faut tenter d’établir. Tout cela, après tout, valait bien une AG.