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Archive du mois de septembre 2008
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700 à 1000 milliards de dollars : c’est ce que devront débourser les contribuables américains pour sauver le système financier de la faillite et par la même occasion une grande partie de l’économie américaine. Chers spéculateurs de tous bords, vous pouvez dormir tranquilles, l’Etat américain sera toujours là pour veiller sur vous. Continuez à spéculer sur toutes sortes de bulles, vous vous en mettrez plein les poches et au pire si ça tourne mal, le contribuable américain sera là pour effacer vos dettes, une sorte de social libéralisme à la sauce américaine. Pile je gagne, face tu perds…
En France, il n’y a, paraît-il, pas lieu de s’inquiéter, puisque comme le répète Christine « Tout va bien » Lagarde, notre économie ouverte sera hermétique au nuage de la crise financière. Quant à notre président, apôtre de l’endettement des ménages, du libre échange et de la non intervention de l’état dans l’économie, il nous explique désormais, par démagogie sans doute, qu’il faut absolument mettre en œuvre une régulation plus sévère des marchés financiers et punir les responsables. Or, cette crise ne provient pas de certains établissements financiers voyous, c’est une crise du système en lui-même puisque celui-ci encourage le profit à court terme, les montages financiers de tous ordres ainsi que le recours constant au crédit encourageant la formation de bulles spéculatives.
La seule réponse à apporter réside dans l’interventionnisme étatique dans le système financier et économique lorsque celui-ci crée une bulle, afin d’intervenir sur les produits et mécanismes constitutifs (par exemple, l’encadrement des loyers aurait sans doute limité la bulle immobilière).
Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°116
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Les vieux ont un pied dans la tombe, l’autre chez Michel Drucker. Beaucoup d’entre eux constituent la base électorale du parti présidentiel. Pourtant, nous aussi, dans le camp du progrès social, nous avons nos vieux. Inutile d’attendre ici la moindre moquerie goguenarde ou pique cynique envers l’âge moyen du militant socialiste, voire même pire, de l’élu socialiste. Non, si nous sommes taquins, nous ne sommes pas - toujours - moqueurs et nos rencontres avec les anciens, qu’ils soient de notre famille politique ou nos familles tout court, sont toujours riches d’enseignement.
Au début, le vieux parlera naturellement du temps qui passe, du temps qu’il fait. C’est en le questionnant qu’il abordera ses souvenirs du temps où il avait l’âge des Jeunes Socialistes actuels. Il faut insister pour en savoir plus. Les images d’Epinal ne sont que rarement vraies et il n’aime que peu parler du temps passé. Il parle de la SFIO, des affres de la division et des illusions centristes. Il faudra du temps pour qu’il s’aventure sur la guerre. Il ne dit d’avoir que de bon souvenir et que sa mémoire a effacé tout ce qui était négatif et douloureux. On ne saura jamais si cela est vrai. Il parle de l’engagement, des copains, de l’incompréhension de ce qui lui arrivait.
C’est alors qu’il va chercher une petite boîte en acajou cachée dans sa penderie. Dans la boîte, quelques “breloques” comme il dit. Et le vieux de détailler : cette médaille là, c’est pour avoir récupéré un camarade parachuté dans un champs de mines et l’avoir trimbalé ses restes jusqu’à un hôpital de fortune, celle-là, c’est pour le remercier d’avoir quasiment perdu la mobilité de ses jambes, celle-là pour être resté en vie jusqu’à la libération. Une autre pour de la bravoure collective de son bataillon. Des “conneries” selon lui.
Il dit que ses médailles ne sont là que pour dissimuler l’incapacité de l’Etat à gérer les problèmes. On envoie des gamins sans équipement et sans préparation. On explique les larmes de la nation aux restants venus pleurer la perte inutile d’un des leurs. Si tu as gardé des jambes, on te cire les pompes à ton retour pour te remercier. Puis, tu redeviens à l’état de merde. On accroche pas ses médailles à son bleu de travail quand il faut retourner à l’usine gagner douloureusement de quoi survivre. Les médailles ne servent à rien quand la retraite ne s’élève pas plus haut que le seuil de pauvreté. Les médailles n’aident pas à dormir quand les cris des copains morts à côté ou des regards perdus des gamins du camps d’en face vous reviennent en pleine nuit. Les médailles ne remplacent pas une vie gâchée.
Alors le vieux ressent la même colère que des années auparavant, quand il apprend que l’on a envoyé des jeunes soldats tout juste formé se faire tuer en Afghanistan, sans armes adaptées, sans équipement, sans préparation. La nation peut pleurer leur corps et remettre une médaille à leurs parents. C’est facile une médaille pour se laver les mains et détourner le regard.
Il rigole jaune quand un ministre de la république propose de médailler aussi des bacheliers. C’est peut-être le même principe que pour les estropiés de guerre. Il aurait été plus utile de leur garantir un avenir, un travail décent, un bon niveau de formation, une université de qualité. Mais cela, l’Etat s’en moque. Pas assez rentable. Au lieu de cela, on s’excuse pour la guerre sociale perdue d’avance. Ce ministre explique que les étudiants d’origine modeste seraient plus méritant s’ils réussissent. Il doit penser que les pauvres ne sont que des abrutis et que leur réussite doit être un miracle divin. Ils n’ont peut-être pas plus de valeur à ses yeux qu’en ont eu la chair à canon envoyée se faire massacrer à son époque. On a juste changé de guerre, changé d’arme. On a troqué les flots de balles par des flux financiers, les chars par des O.P.A. Les quantités négligeables, les variables d’ajustement restent les mêmes. Les plus pauvres paieront toujours le prix fort. Il ne faut pas attendre d’opération Overlord ou à un grand soir romantique pondu tout cuit par d’autres. Rien ne viendra tout seul. Il nous faut nous serrer les coudes et garder le point levé. L’avenir ne se construira pas tout seul à gauche. C’est à nous de le faire.
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Non sans déconner, augmenter les salaires c’est vachement mal.
Blague à part, il est peut-être temps de prendre conscience de l’impact de cette façon de penser sur la santé économique du pays. Même si, s’agissant d’économie en France, le mot santé est peut-être un peu fort.
Le ciel est gris, le vent est froid, on a ressorti Roselyne Bachelot : c’est la rentrée. Le prof de la classe, qui est aussi Président de la République, a décidé cette année de réconcilier Monsieur Travail et Monsieur Capital. Ils se sont pris la main et ont fait une ronde, ou quelque chose de ce style, puis il a décidé de lancer le RSA ou Revenu de Solidarité Active (on se demande d’ailleurs pourquoi solidarité active, autant appeler les dividendes Revenus d’Individualisme Passif). Bref comme tous les ans, l’Etat distribue quelques miettes aux nécessiteux, par pure charité chrétienne semble-t-il (mais charité ne vaut pas solidarité), vu que, comme chacun sait, augmenter les salaires c’est mal.
Mais pourquoi au fait ? L’interrogation pourrait sembler saugrenue, tant on a pris l’habitude en France d’avaler sa bouillie d’idéologie libéral-économique dès le saut du lit et sans poser de question. Pourtant réfléchir ça peut servir, même si Nicolas Sarkozy nous avait appris à nous en passer en ayant la politesse de donner l’exemple. Sans rentrer dans les détails, il est utile de mentionner les principaux arguments.
D’abord le risque d’inflation (j’augmente les salaires, les prix augmentent, comme les prix augmentent j’augmente les salaires, etc.), ensuite le découragement des investisseurs français et étrangers donc la fuite des capitaux (c’est vrai que donner de l’argent à des gens juste pour qu’ils travaillent c’est un peu du vol quelque part…), enfin la perte de compétitivité économique qui en résulte à l’heure de la mondialisation comme on dit (sans jamais nous préciser laquelle). « Et en plus ça sert à rien ! » précise en levant l’index le grand économiste de la télévision (qui est de droite, comme tous les grands économistes de la télévision), signifiant par là que l’augmentation des salaires n’implique pas mécaniquement une relance de l’économie.
Objectivement tous ces arguments méritent d’être pris en compte et, généralement, ils le sont. Mais là n’est pas le sujet. Très franchement, à part à la gauche de Besancenot (c’est un peu notre phare lui, quand on le voit arriver on sait que les récifs ne sont pas loin), personne n’ira aujourd’hui défendre l’idée qu’une augmentation des salaires va, à elle seule, redresser l’économie. Mais pour la peine, puisque faire croître l’activité revient à faire croître la consommation, on va rappeler deux choses très simples.
La première, accrochez-vous : pour que ça se vende, il faut que les gens achètent.
Et la seconde, qui est encore pire : pour que les gens achètent, il faut qu’ils aient de l’argent. (Mais jusqu’où ira-t-il !)
Il est donc urgent d’affirmer haut et fort que si on augmente pas les salaires, devinez quoi : il ne va rien se passer. Non ! les petits garçons ne naissent pas dans les choux et l’argent ne pousse pas sur les arbres. Non ! jamais ne viendra sur terre une armée d’investisseurs martiens qui viendront acheter nos Airbus, nos Peugeots, nos Danones et nos Princes de Lu. Pas même pour le goûter ! Mépriser le marché intérieur au profit des échanges extérieurs n’a, pour l’instant, pas donné grand chose.
Si augmenter les salaires ne suffit pas, ne pas le faire condamne tout espoir de relance. Au-delà des enjeux de justice sociale, c’est du suicide économique. Monsieur Budget lui-même ne semble pas avoir compris que les gens ne peuvent pas consommer des biens ou des services avec de l’argent qu’ils n’ont pas. C’est du niveau CM2 ambiance bac à sable. Faites quand même passer le mot, y compris dans la famille socialiste certains l’ont oublié.
Alors plutôt - par charité, parce que les mangeurs de caviar bedonnant culpabilisent de pas profiter plus souvent de leur résidence secondaire pendant que leurs concitoyens crèvent de froid dans la rue - que de laisser mettre en place des compléments de salaires plus inefficaces et hypocrites les uns que les autres (à noter que toucher le RSA au SMIC à mi-temps maintient sous le seuil de pauvreté), peut-être que la gauche pourrait sortir de sa léthargie cérébrale, poser sa tasse de thé, baisser le petit doigt et lever le poing pour enfin défendre ceux qui sont sa raison d’être.
Sait-on jamais…
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Alors que la tempête économique bat son plein, des pluies de faillites laminent les places boursières, nombreux sont ceux ayant nourri l’espoir que cela serve de leçon. On croyait enfin détenir la preuve irréfutable de la faillite d’un système économiquement libéral, de ses mécanismes spéculatifs dévastateurs, de son avidité de bénéfices immédiats, de ses ravages pour les travailleurs broyés et de son incapacité à voir en face les réalités de son action.
C’est au coeur même d’une crise financière la plus importante depuis 1929 (selon J.C. Trichet) qu’un établissement de crédit a décidé de s’allier à une chaîne de supermarché en costume bon marché pour créer la première carte de crédit alimentaire. La droite ne manque pas d’idées. L’immobilier est bien trop cher et donc inaccessible pour le plus grand nombre. Le prix de l’essence et les faibles salaires font que se déplacer en voiture devient un privilège. Il en est de même pour tout l’électroménager quoiqu’en dise les proches du président estimant que la prime de rentrée sert essentiellement à payer des écrans plasma aux familles de chômeurs nuisibles.
Que faire alors pour faire rentrer de l’argent dans le circuit bancaire et combler les pertes abyssales dues à des investissements faits en dilettantes ?
Les salaires sont bloqués, les supermarchés continuent de faire monter artificiellement les prix en augmentant leurs marges, mais les familles continuent à avoir besoin de manger. Il faut donc leur falloir acheter le minimum vital, de plus en plus cher, avec de moins en moins d’argent. Nombreux sont ceux qui se retrouvent coincés.
Heureusement que les Mousquetaires, premiers superhéros sarkozistes, sont là. Ils ont inventé la première carte de crédit alimentaire permettant aux plus démunis de contracter un nouveau crédit à 19% à chaque fois qu’ils passent en caisse. Evidemment, s’ils ne peuvent pas payer une demi-douzaine d’oeufs et un paquet de farine, ils ne pourront pas rembourser cette avalanche de crédits d’usuriers. Cette alliance de charognards va propulser encore plus rapidement de nombreuses familles dans le surendettement. Sans remords. Sans vague à l’âme. L’actionnaire va pouvoir continuer à faire croître son capital.
On croyait que l’ultralibéralisme avait atteint une sorte de maximum de nuisance. Il n’en est rien et se délecte à l’avance de pouvoir regarder le charnier des surendettés, des exclus, des portions négligeables méprisées du haut d’un amas d’argent acquis patiemment sur le dos des déshérités.
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Ossétie du sud, Afghanistan, l’été 2008 aura malheureusement laissé beaucoup de cadavres derrière lui. Dix soldats français tués dans le cadre d’une mission aux contours flous et aux objectifs flasques, plusieurs centaines de civils Géorgiens et Ossètes massacrés sur l’autel de l’influence militaire et politique de grandes puissances.
De la même façon, l’été, saison propice au vote des lois scélérates, aura laissé des traces sur notre territoire, le vacancier étant plus enclin à siroter son diabolo grenadine qu’à exprimer son mécontentement. Ainsi, victimes de la Droite, les 35h auront été définitivement enterrées avec en prime un allongement du forfait jours pour les cadres, eux qui n’avaient rien demandé. Après tout, les heures sups, c’est pour tout le monde, si t’en veux pas, t’en auras quand même…
Dernier élément en date, la mise en oeuvre du RSA, dont le financement sera assuré par une taxation nouvelle des revenus du capital. Sarkozy “prend aux riches pour donner aux pauvres” pouvait on voir apparaître dans les médias. Ce ne sont plus les jardins de l’Élysée, c’est la forêt de Sherwood. Ce n’est plus le Président bling-bling, mais Robin des Bois. Mais une fois passé l’effet d’annonce, on se rend compte que ce seront les classes moyennes et les petits épargnants qui seront les plus concernés, car comme l’a indiqué Christine Lagarde, cette taxe n’échappera pas au bouclier fiscal. Ce à quoi nous pouvons rajouter que d’un point de vue pratique, le RSA incite les entreprises à abuser des temps partiels et des contrats précaires puisque le complément de salaire est désormais offert par la puissance publique.
Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°115
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