Archive du mois de octobre 2008

28.10
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

“On ne saurait le contester : dans la crise, Nicolas Sarkozy fait preuve d’une grande habileté. Il est ces jours-ci l’homme de trois illusions. La première consiste à nous faire croire qu’il veut et surtout qu’il peut “refonder le capitalisme”. La deuxième, que le président de l’Union européenne – qu’il est pour deux mois encore – dicterait leur conduite aux États-Unis. La troisième, qu’il y aurait une cohérence entre un affichage antilibéral sur la scène internationale et sa politique économique et sociale en France. Le premier tour de passe-passe est une oeuvre collective à laquelle participent tous ceux (Medef et dirigeants socialistes compris…) qui veulent nous faire croire que la crise résulte des excès de capitalistes encanaillés. Nous avons déjà eu l’occasion de le dire ici ces dernières semaines : le caractère immoral du système réside moins dans la pratique du “parachute doré” que dans le transfert des richesses, massif et silencieux, du travail vers le capital. Le capitalisme, autant qu’il nous en souvienne, est un rapport de production. C’est le rapport capital-travail. Ce n’est pas “le marché”, et encore moins… la démocratie. Or, à ce rapport, il n’est évidemment pas question de toucher. L’idée de “refondation” suggère que l’on pourrait revenir à une sorte de pureté originelle du système en remontant le fil de l’histoire. Rejouer Bretton Woods. Ou, pour aller plus loin encore, réinventer l’étalon-or. C’est oublier que chacun de ces accords correspondait à des situations. Pour en arriver à Bretton Woods, en 1944, le capitalisme en est passé par la Deuxième Guerre mondiale et par le développement de l’industrie d’armement aux États-Unis… Fâcheux oubli ? Ou funeste perspective ?”

Denis Sieffert

Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°118

23.10
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

Comme on sait, le Congrès réunit à Versailles avait triomphalement adopté, à une voix de majorité et non des moindres, la Constitution du 23 juillet 2008. Mais nous étions tous stupéfaits d’y avoir découvert une épouvantable lacune. Elle semblait impensable dans le pays des franchises médicales, du test ADN, de la rétention de sûreté et du paquet fiscal. En effet, nul part n’apparaissait sur le papier un principe pourtant cher à notre gouvernement : je veux bien sûr parler du Foutage de Gueule.

C’était faire bien peu de cas de Madame Albanel, Ministre de la Publicité et de la Communication, qui en est l’une des plus éminente représentante. Pour preuve : le dévoilement ce matin au Conseil des Ministres du nouveau plan de financement de ce qui ne s’appelle pas encore l’audiovisuel d’Etat. « C’est une très bonne réforme, a déclaré l’intéressée, qui donne plus d’identité à l’audiovisuel public, plus de moyen aux chaînes privés ».

Pour être plus précis, la publicité disparaîtra des écrans du service public entre 20h et 6 h dès le 1er janvier 2009, et c’est en 2012 que les autres coupures publicitaires tireront leur révérence. C’était là, on s’en souvient, une proposition de la Commission Copé. Comme l’était d’ailleurs la création de taxes – oui en France on baisse les impôts et on crée des taxes – sur les opérateurs de téléphonie et les recettes publicitaires des chaînes privées en vue de compenser le manque à gagner de France Télévisions. Et c’est là que ça devient intéressant.

On pourrait naturellement débattre du formidable gain de pouvoir d’achat conféré ainsi à monsieur Bouygues, tant sa petite chaîne TF1 paraît au bord de l’abîme en ces temps difficiles. Apprendre que comme ses consoeurs elle sera nettement moins tenue de financer des productions françaises pourrait nous apitoyer, condamnée qu’elle sera à accumuler des profits écoeurants en diffusant des séries étrangères rachetées pour une bouchée de pain.

Mais c’est France Télévisions qui nous occupe ici. Et l’honnêteté nous pousse à mettre au crédit du gouvernement Fillon l’usage régulier de nos vieilles calculatrices poussiéreuses. Ces petits bijoux de technologie old school nous apprennent en effet que, une fois de plus, l’exécutif du pays fait preuve avec talent d’un formidable Foutage de Gueule. Car si en 2009 les pertes devraient atteindre 450 millions d’euros, et 650 millions en 2012, les gadgets parafiscaux de miss Pub ne devraient rapporter qu’un peu plus de 440 millions. Et ce n’est pas tout.

Ce n’est pas tout car si l’absence de publicité diminue les recettes, elle augmente aussi les coûts d’investissement : les plages horaires libérées par les annonceurs devront être occupées par de nouvelles productions, sauf à s’accommoder de beaux écrans bleu. Ce qui, rapporté au coût moyen des productions de France Télévisions (dont la qualité reconnue se porte garant de la hauteur du financement) devrait s’élever à 800 millions d’euros. Un milliard d’euros en moins pour 2012 : ceux qui ont trouvé la réponse ont gagné le droit de rire jaune.

L’indexation de la redevance sur l’inflation n’y changera rien. Tout au plus son augmentation de deux ou trois euros mettra-t-elle encore davantage à contribution les plus démunis – car après tout, le temps que les français passent à regarder la télé ils ne le passent pas à travailler ces fainéants ! Que l’audiovisuel public, dont le président sera désormais désigné par décret du Président de la République, tombe de plus en plus sous la coupe de l’Etat, ne sera que la dernière, et fatale, conséquence de la « très bonne réforme ».

20.10
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

AAAHHHHH !!! C’est la crise !!!!! Le mot est lâché, et avec frayeur ! Nous sommes au bord de la récession. Christine Lagarde, marquise hyper-optimiste, n’admettait jusque là seulement une croissance négative, intéressant concept qui ferait naître chez les chauves un jubilatoire espoir de calvitie négative.

Partout dans le monde, les gouvernements ont rivalisé de montants spectaculaires à injecter dans le système pour parvenir à contenir l’inévitable chute. 360 milliards d’euros rien que pour la France. 700 milliards de dollars aux Etats Unis d’Amérique. Presque 1300 milliards d’euros cumulés pour les pays européens ! Qui dit mieux ? C’est la course à l’échalote de qui aura le plus gros plan de sauvetage. En face de ces montants mobilisés pour passer l’éponge de dettes colossales : aucune garantie, aucun engagement, rien. C’est un chèque en blanc. On ne va pas chercher à modifier un système, des comportements à risques et une avidité de profits immédiats. On va juste demander de continuer comme avant, comme si de rien. Au final, ce seront les citoyens qui devront passer à la caisse : plus d’impôts et de dettes, moins de services publics !

Des montants astronomiques mobilisés en quelques jours. C’est faramineux. C’est indécent. C’est d’autant plus insupportable que le FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et pour l’agriculture, a annoncé que 22 milliards d’euros (30 milliards de dollars) suffiraient à éradiquer la faim dans le monde. Il y a 925 millions de mal nourris dans le monde. Ca fait 24 euros par personne pour que tous puissent manger à sa faim. Cette somme, la FAO ne parviendra jamais à la lever. Il n’y a pas d’argent pour “l’accessoire” en temps de crise. ”L’accessoire”, c’est un sixième de l’humanité. 24 euros, c’est le prix d’une vie dans le Sud.

Au Nord, on se dit que la misère est moins pénible au soleil, mais on n’a pas 24 euros. Au Nord, on se cotise pour qu’une poignée empoche encore ses dividendes grasses au soleil, et on trouve plusieurs centaines milliards d’euros en quelques heures.

Le pire, c’est qu’au Nord, on ne sent même pas merdeux. Au Nord, on est pragmatique. On est dans les doctrines du réel. Au Nord, on se dit qu’il vaut mieux ne rien changer.

Au Mouvement des Jeunes Socialistes, nous militons pour des changements structuraux profonds. Nous militons pour modifier complètement les clés de répartitions des richesses entre le capital et le travail, entre le Nord et le Sud. Nous voulons qu’un système strict de régulations des marchés et des acteurs économiques soit mis en place. Nous ne nous satisferons jamais de laisser une minorité s’enrichir sur le dos des autres. C’est pour cela que nous sommes socialistes. Et c’est pour cela que nous construisons un avenir à gauche !

18.10
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

Coincé entre la crise financière et les affres du football français, l’information n’a pas fait grand bruit. Tout juste à la fleur de l’âge, Michel Rocard a décidé de tirer sa révérence politique en annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat de député européen. Alors que la famille socialiste est en plein effort de rénovation et à la recherche de sang neuf pour coller plus aux réalités du pays, l’annonce de son départ fait s’abattre une chape de plomb sur certains d’entre elle.

Les pragmatiques avaient déjà perdu l’an passé leur champion, parti battre de la paupière en Amérique, car il l’a voulait, et il l’a eu. L’amérique, c’était la promesse du pragmatisme facile, d’un dogme économique en phase avec les réalités. Et bien, l’amérique, c’était un rêve, et il l’a su. Tout s’est effondré, visiblement la doctrine était un peu fumeuse.

Mais alors, sans champion, et avec un père spirituel, véritable maître yoda socio-libéral, sur le départ, c’est la cataclysme, les visages se crispent, il ne reste plus d’espoir. Toujours fringuant et pas encore octogénaire, Michel Rocard incarnait l’avenir du socialisme, toujours plus vieux, toujours plus cumulard, toujours plus à droite.

Qu’allons nous faire sans lui. Il laisse un trou béant. Certes on ne comprenait pas toujours ce qu’il marmonait très vite, et quand on entendait, il n’était pas certain que ses mots fassent sens pour nous. On gardera de lui l’image d’un homme sincèrement charmant mais mystérieux. Des supporters à lui, véritables Champollion, travaillent encore à la transcription de ses discours du rocardais en français courant.

Alors, on taquine, mais que garder de lui ? Certains brandiront ses livres telles des petits-livres-rouges (en l’état c’est au moins orange, sinon, bleu délavé) guidant leurs pas vers l’avenir radieux du pragmatisme triomphant. Nous, pas trop. Par contre, on retiendra qu’il fut celui qui permit au MJS d’être autonome et donc, entre autre, de se montrer, à notre guise, corrosif ou laudateur envers le parti socialiste et ses dirigeants. Ce billet, volontairement espiègle, est aussi finalement un hommage au départ de cet homme politique.

16.10
2008
  • Facebook
  • Google
  • Scoopeo
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR

Sainte Edvige, prie pour nous car nous avons péché. Oui, sainte Edvige, sainte patronne des collabos, des képis, des matraques et de tous les demi-cerveaux de la création, nous t’adressons cette prière.

En ce jour, le 16 octobre de l’an de grâce 2008, il nous faut nous confesser. Nous n’avons jamais été de bons citoyens de l’Etat Français.

Déjà, même si Benoit XVI a été reçu avec un faste généralement réservé par notre président aux dictateurs africains et autres raclures en tous genres, nous croyons fermement en la laïcité et en la loi de 1905. Pas en la connerie positive.

Nous devons admettre que le bruit des bottes n’éveille pas en nous des désirs fous, des sensations turgescentes. Nous avons déjà tendu la main à des sans-papiers et ce ne fut pas pour les dénoncer ou les entasser dans des centres de rétentions.

Nous ne sommes pas tous très blancs, pas tous très au clair sur notre sexualité mais nous sommes tous toujours engagés et enragés à gauche. Certains d’entre nous, les plus subversifs, les plus nuisibles à l’état sarkosiste, sont des militants associatifs, syndicaux, politiques, parfois même élus. Mais nous continuons à refuser de dénoncer ceux-là ou d’autres d’ailleurs.

Nous avons tant de fois pensé tout haut comme tout bas que notre président n’était qu’un gros blaireau et que même s’il a dit mille fois : “Ecoutez Ma’am Chabot, il faut dire la vérité aux Français”, il continue de mentir sur les chiffres réels de l’économie, sur l’ampleur du chômage, de la pauvreté, de la violence policière, de l’inaction de son gouvernement et du naufrage de son idéologie.

Nous avons péché, et nous pêcherons encore. Nous avons pêché car nous ne croyons pas au libéralisme, à la domination de l’homme par l’homme, au règne de l’argent et de la finance. Nous pêchons et pêcherons encore car nous croyons à un avenir socialiste et nous y travaillons, tous, anonymement, jour après jour. Nous aggravons notre cas car nous avons la ferme intention de faire dégager la droite et son idéologie nauséabonde et de faire de ce pays une terre de gauche, socialiste et fraternelle.