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Archive du mois de novembre 2008
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Chers camarades,
Un cycle nouveau s’ouvre au sein de la famille socialiste, avec l’élection de Martine Aubry au poste de Première Secrétaire du Parti Socialiste. Il s’agit d’une mini révolution pour le MJS, qui n’aura quasiment connu que François Hollande comme interlocuteur depuis notre prise d’autonomie.
Depuis 1993, se démarquant des autres partis politiques français, les socialistes ont fait le choix d’accorder l’autonomie à leur organisation de jeunesse. Ce choix courageux n’a jamais été remis en cause depuis 15 ans. Le Mouvement des jeunes socialistes est aujourd’hui un lieu de pouvoir parce que c’est un lieu d’influence : influence indispensable des socialistes dans la jeunesse à l’heure où Nicolas Sarkozy est le premier Président de la République élu en étant minoritaire chez les jeunes. Influence des jeunes socialistes dans la jeunesse mais aussi dans leur famille politique : le MJS n’est ni une simple courroie de transmission, ni une organisation indépendante du parti socialiste. Il porte une parole socialiste. Et comme tout pouvoir, il implique des responsabilités.
La première des responsabilités, c’est d’être pertinents. Aujourd’hui, s’il est bien un sujet qui a fait l’unanimité entre toutes les motions, c’est l’analyse de la jeunesse. Il s’agit d’une victoire politique pour nous. Ni avant-garde éclairée, ni donneur de leçon, depuis maintenant 15 ans nous nous efforçons d’alerter les socialistes sur des sujets touchant particulièrement les jeunes, comme aujourd’hui sur les libertés (loi HADOPI, EDVIGE…) et de faire en sorte que les socialistes soient précurseurs sur de grands sujets de société ou sociaux, comme hier sur le PACS pour ne prendre qu’un exemple.
La deuxième responsabilité, c’est d’être fidèles. Fidèles à nos valeurs et à notre idéal, les militants du MJS, celles et ceux qui « entre 15 et 29 ans veulent agir au côté des socialistes » selon nos statuts, n’ont manqué aucun combat politique dans lequel les socialistes ont été impliqués, s’ils ne les ont pas parfois eux-mêmes initiés. L’unité des socialistes dans les batailles électorales et sociales étant un préalable à nos victoires, nous avons toujours veillé, même quand elle a été mise à mal ces dernières années, à la faire vivre et à la défendre.
La troisième responsabilité, c’est d’être engagés. Les militants du MJS se mobilisent partout en France. Sur tous les fronts (crise financière, edvige, temps de travail, éducation, poste…), on trouve un jeune socialiste qui porte avec détermination les couleurs socialistes. Dans ce congrès, nous avons déposé une contribution thématique « être à la hauteur ». Les militants du MJS qui sont adhérents du parti se sont impliqués dans les débats de notre congrès. Rarement on aura vu autant de jeunes dans les meetings de toutes les motions, rarement on aura vu autant de jeunes défendre des orientations comme n’importe quel militant socialiste dans un congrès. C’est la force de notre parti que d’avoir une génération de jeunes militants qui ne se contentent pas d’être spectateurs mais font le choix d’être acteurs.
Pour ma part, en tant que Président du MJS et donc garant de son autonomie, je me suis tenu à un devoir de neutralité vis-à-vis de toutes les motions, tant dans mes apparitions et expressions publiques qu’en n’apportant ma signature à aucun texte. C’est le mandat que vous m’aviez confié à Bordeaux, où, rassemblées autour d’une motion commune, l’ensemble des sensibilités du MJS ont apporté à l’unanimité leur soutien à l’autonomie comme principe de fonctionnement, d’organisation et d’action pour le MJS.
Léo Lagrange disait : « C’est à la jeunesse qu’il faut s’adresser si l’on veut agir sur les façons de penser et les façons d’agir de l’ensemble de la France ». Aujourd’hui comme hier, les socialistes ne peuvent se permettre de perdre la bataille de la jeunesse. Tout d’abord, nous devons offrir un débouché politique aux humiliations, indignations et aspirations qui la traversent. C’est ce que nous nous efforçons de faire.
Mais surtout, la jeunesse, au-delà des diversités de situation des jeunes, connaît une trajectoire commune, celle du déclassement ; elle apparaît comme un révélateur des problèmes de notre société : mal logement, pouvoir d’achat stagnant, inégalités, précarité, restriction des libertés… De notre capacité à répondre aujourd’hui à ses problèmes dépend notre capacité à répondre demain aux problèmes de la France, à faire émerger un autre modèle de développement plus solidaire, plus démocratique et plus respectueux de l’environnement.
La jeunesse exprime aujourd’hui une radicalité que les socialistes doivent accompagner et transformer en moteur d’un autre projet de société.
Je pense que nous n’avons plus à nous justifier et pas plus qu’à légitimer l’autonomie des jeunes socialistes. Loin d’en faire un principe sans cesse proclamé pour mieux être galvaudé, le MJS fait vivre cette autonomie. Son utilité n’est plus à prouver. Cette utilité passe par notre capacité à mettre en musique la parole socialiste dans la jeunesse.
Nous devons continuer à être en première ligne de notre combat contre la politique de la droite, en participant massivement aux différents mouvements sociaux qui ne manqueront pas de fleurir dans les prochaines semaines. Mais nous devrons également continuer à jeter des ponts entre les différents acteurs de la gauche, en faisant du MJS un lieu d’échange et de travail entre militants politiques, syndicaux et associatifs, ainsi qu’entre militants et jeunes citoyens.
Nous devons également nous saisir immédiatement de la question des élections européennes qui approchent à grands pas. Avant toutes choses, il nous faudra lancer une grande campagne d’inscription sur les listes électorales, campagne qui devra être d’autant plus intensive que les élections européennes suscitent généralement moins d’engouement que les présidentielles. Cette campagne d’inscription est de notre responsabilité, car nous sommes les seuls à même d’amener aux urnes toute une frange de la jeunesse que la politique de la droite et l’atonie de l’opposition peuvent rejeter dans l’abstentionnisme.
Enfin, nous devons recentrer nos efforts de développement de l’organisation sur sa fonction d’éducation à la politique. Pour cela, un plan national de formation est en cours d’élaboration, qui permettra à chacun d’entre nous de progresser sur l’ensemble des questions auxquelles nous sommes confrontées dans notre engagement. Cette priorité à la formation ne peut être que bénéfique pour l’organisation, et de ce fait à l’ensemble de la gauche. Nous sommes une organisation de militants : ce qui différencie le militant du supporter, c’est sa capacité critique forgée dans le creuset de la formation.
Si ce congrès du Parti Socialiste s’est tenu sur fond de crise financière, nous n’oublions pas que le précédent s’était déroulé sur fond d’émeutes dans les banlieues, quelques mois avant un des conflits sociaux les plus mobilisateurs de l’après-guerre, le CPE. De 1958 à 1981, les socialistes ont été éloignés du pouvoir. Nous ne voulons pas être la génération des défaites de la gauche. Ce n’est pas seulement un souhait, c’est notre responsabilité.
Notre famille politique vient de vivre une crise comme elle en a connu de nombreuses dans son histoire. Cette crise ne sera grave que si nous laissons notre famille s’y enliser. L’outil socialiste est trop précieux pour que nous nous y résignions. C’est à nous, jeunes socialistes, qu’il appartient de n’en faire qu’une crise passagère. L’électrochoc doit venir de la jeunesse.
Nous vivons, toutes générations socialistes confondues, la fin de la fin de l’histoire. Dans 10 ou 15 ans, on nous demandera certainement « que faisiez-vous, que disiez-vous quand cette crise financière a éclaté ? ». Nous voulons répondre que nous étions en train de penser l’avenir à gauche et de préparer les victoires socialistes.
Antoine Détourné,
Président du MJS.
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Qu’on se le dise, l’art est en France une chose sérieuse et comme pour toutes choses sérieuses, il convient de ne pas faire n’importe quoi. C’est fort de ce concept puissant que des policiers en civil accompagnés de quelques portes-matraque en uniforme se sont rendu le 24 octobre dernier à la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) pour procéder au décorchage d’oeuvres d’Oleg Kulik et à l’arrestation de deux responsables de la galerie moscovite XL. Les oeuvres ont été jugées “pornographiques” et donc indésirables.
Ce photographe et plasticien russe explore la question de la zoophrénie, c’est à dire des rapports entre l’homme et l’animal. Son travail, souvent violent et quelque fois presque pornographique pose, entre autres, la question suivante : l’homme ne se comporterait-il pas exactement comme un animal ?
Cette question philosophique vient déstabiliser le fondement même de nos sociétés. Si nous, humains, nous permettons de nous considérer comme autres que des grands singes, dont nous sommes les descendants, c’est parce que estimons avoir développé une conscience de nous, des autres, des règles de vie en société, la maîtrise d’outils… qui nous différencient fondamentalement d’avec le reste du règne animal. Il y a nous et les autres. Très bien. Le travail d’Oleg Kulik mets le doigt où cela fait mal. Il montre la possibilité de liens entre nos comportements et mettant en scène des Hommes dans des comportements d’animaux et réciproquement.
L’insupportable action de la police et de la justice française pour mettre l’Art à la botte du politiquement correct du dogme présidentiel montre bien qu’Oleg Kulig a raison. Contrairement aux humains, les animaux sont incapables de second degrès. Les choses sont ou ne sont pas. Un aliment est comestible ou ne l’est pas. Un autre animal est hostile ou amical, mais il ne peut être quelque chose entre les deux ou les deux à la fois.
En ne voyant dans les oeuvres d’Oleg Kulik que violence, pornographie voire zoophilie, l’Etat Français ne s’est comporté qu’à peine comme un vulgaire caniche grand-mère, se contentant d’aboyer sans chercher à analyser et comprendre. Evidemment, “le lâché de salopes”, emblème de l’art officiel est plus facile à comprendre et ne demande qu’un faible temps de cerveau disponible.
Désormais, des oeuvres d’un plasticien controversé sont stockées dans le commissariat du VIIIe arrondissement de Paris dont dépend le Grand Palais. Le message est clair : le concept d’art dégénéré est de retour et les artistes peuvent craindre une saisie de leurs oeuvres non conformes. La France d’après a comme un goût de France d’avant.
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Le compte à rebours à commencé, la terre entière retient son souffle, et dans quelques heures, nous saurons enfin si le monde va changer de base. L’heure est grave, car oui, ami lecteur, tu le sais, le congrès du Parti Socialiste est pour bientôt et le vote sur les motions se déroulera jeudi.
Le suspens est d’autant plus fort que cela sera un signe fort de changement envoyé à la face du monde. L’enjeux est de choisir un successeur à François Hollande qui a marqué le PS d’une belle série d’échecs électoraux, trois présidentielles, autant de législatives, le tout accompagné d’une hémorragie d’adhérents et d’une mort cérébrale idéologique.
Alors, le temps de la rénovation est le bienvenu et la question est de savoir qui, entre un maire d’une grande ville de plus de 60 ans, la maire d’une grande ville de près de 60 ans et le maire d’une grande ville de près de 60 ans, incarnera le plus le changement dont le Parti a besoin. Ca c’est du changement !!!!
A côté de ça, la très attendue élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis d’Amérique passerait pour une chose sans importance….. Franchement, l’élection d’un président Noir de 47 ans, tournant ainsi la page de l’histoire ségrégationniste de ce pays, pourrait elle faire ombrage à la révolution au PS avec le remplacement de la majorité sortante par … la majorité sortante…. ?
Le congrès socialiste est l’occasion de revenir sur un des éléments fondamentaux du Mouvement des Jeunes Socialistes : l’autonomie. Le MJS est une organisation politique de jeunesse déconnectée du Parti Socialiste. Nous sommes évidemment membre de la famille socialiste mais notre ligne politique et celle du PS sont disjointes. Cela nous permet une liberté totale de ton et de réflexion. C’est grâce à l’autonomie que le Mouvement des Jeunes Socialistes a porté le fer du CPE quand le PS, déjà, ne disait rien et n’en pensait pas plus. C’est l’autonomie qui nous permet de nous battre contre le cumul des mandats qui sclérose la vie politique en général et le PS en particulier. Et c’est encore l’autonomie qui nous permet d’appeler à de profond changement au PS. Le premier parti d’opposition n’est même plus l’ombre de ce qu’il devrait être et ne se bat que pour ne rien changer. Nous avons besoin d’un vrai parti d’opposition, entièrement rénové et ancré à gauche si nous voulons un jour reconquérir le pouvoir. Quelle que soit l’issue du congrès, nous continuerons à être l’aiguillon du PS et le catalyseur du changement.
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