maintenant qu’il fait tout le temps froid sur nous
le 9 décembre 2008 à 01:14 par Thomas dans Actualités, Humeurs|
Il y a des plaisirs comme cela en hiver. On reste au chaud chez soi à regarder dehors. Un soleil blanc perce à travers les nuages. On se réchauffe les mains en serrant une grande tasse de chocolat bien chaud encore fumant. Dehors, des passants défilent emmitouflés dans de larges manteaux. Pas un bruit. Les épais vitrages nous protègent efficacement du froid et des sons. Bientôt la neige tombera et, en recouvrant les rues de son fascinant manteau blanc, étouffera encore un peu plus les bruits. On sera alors un temps dans un monde surréaliste inondé de lumière et sans le moindre son. Les cris, les rires sont absorbés. Il n’y a rien d’autre que le calme immaculé. Lentement et depuis plus d’un an et demi, une sorte d’hiver permanent s’est abattu sur nous. La lumière blafarde et criarde des téléviseurs nous inonde jours et nuits. Le moindre bruit de contestations est immédiatement étouffé. Il en jubilait tant que ses épaules gigotaient sans cesse quand il l’a annoncé, misérable et triomphant : “maintenant, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit !”. Un flux continu de cirage reprend le message officiel sur toutes les ondes : tout va bien et il ne servirait à rien de chercher à résister. Les matraques casseront ceux qui ne se plieront pas. De partout, les dépêches arrivent pour annoncer plans sociaux, fermetures d’usines, réductions d’effectifs. On fait payer à certains ce que d’autres ont fait. On ne compte plus les espoirs réduits en poussières, les vies brisées. Les inscriptions au chômage explosent. Pour le bien de tous, parait-il, la chance nous a été donné de prendre une retraite à 70 ans. Il reste impossible de rentrer dans la vie active avant 30 ans et d’y rester au delà de 50 ans. Pour notre sécurité, la chance à été donné aux mineurs de 12 ans d’être incarcérés comme des adultes. Pour le bien des sans abris, les associations les aidant ont été condamnées à des amendes exorbitantes. On avait prévenu : le délit de solidarité est lourdement puni. On ne doit pas tendre la main aux démunis, aux sans-abris, aux sans-papiers. Le chacun pour soi n’est pas seulement encouragé, rien d’autres n’est même toléré. Peut on vraiment croire que tant de voix s’élèvent, que tant de poings se lèvent sans faire le moindre bruit et qu’aucun son n’arrive aux oreilles médiatiques. Qui nous fera croire que l’on pourra faire grandir une génération dans de telles conditions. Nous ne serons pas la génération qui vivra entourée de chiens de surveillance ! Et pour notre génération, il reste plus qu’un choix, celui de l’engagement. S’engager ou abdiquer. Nous avons choisi, le poing levé ! |











