Les bons, les otages et le truand (éditorial du 3 février 2009)
le 3 février 2009 à 21:50 par Sven dans AG, Humeurs|
29 janvier, la mobilisation s’annonçait massive, elle fut gigantesque. De 1 million (chiffres officiels donnés par ceux qui ont intérêt à le minimiser) à 2,5 millions de personnes dans les rues de France. Syndiqués, politiques bien sûr, mais aussi surtout non encartés divers formant le gros des cortèges, citoyens désormais engagés et avant-garde de la France qui souffre. L’UMP, par la voix de son porte parole, aura beau arguer d’une démocratie apaisée et d’une victoire sans conteste du service minimum. C’est surtout contre le minimum de service public que les manifestants s’étaient rassemblés. Casse du système éducatif, de l’hôpital, affaiblissement des contre pouvoirs… Les motifs de mécontentements sont nombreux et ce n’est pas « l’angoisse » de la crise qui mobilise autant de nos concitoyens mais plutôt « l’angoisse » relative à l’inefficacité des réponses apportées face à la crise. J’écoute mais je ne tiens pas compte… Ca fait longtemps qu’on avait remarqué. Pour autant, la majorité souhaite verrouiller le service minimum pour lutter contre l’abus de droit de grève. Parce qu’il faut arrêter de prendre les usagers en otage (détournement sémantique s’il en est), ces mêmes usagers prêts à tabasser un conducteur en grève mais qui seront les premiers à râler lorsque les moyens alloués à la SNCF ne permettront plus un service décent et demanderont sa privatisation. On voudrait que la grève ne gène plus personne, supprimant de fait le rapport de force qu’elle entraine et son utilité. Il s’agirait donc bien, malgré les dires de la majorité, d’une remise en cause du droit de grève… Télécharge Reconquérir et Reconstruire n° 120 |











