Archive pour le 27 mai 2009

27.05
2009
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Depuis une décennie aujourd’hui, les juges d’instructions sont les victimes de la nouvelle idéologie de la justice française, celle du chiffre. La suppression de ces juges marque la victoire de Nicolas Sarkozy sur l’indépendance même de la justice.

La justice est aujourd’hui au service de la politique sécuritaire de l’Etat. On voit comparaitre dans les tribunaux, de plus en plus de petits délinquants, jugeant à la va vite pour désengorger l’appareil judiciaire. Les faits sont limpides. Le 5 février dernier, la garde des Sceaux déclara sans que personne ne le remarque : « L’indépendance de la justice n’est pas un dogme, elle se mérite ». Cette déclaration ne serait rien si une loi n’avait pas était votée le 9 mars 2004 plaçant les procureurs sous l’autorité hiérarchique du ministère de la justice. La justice est aujourd’hui, une justice d’Etat. Montesquieu doit se retourner dans sa tombe.

Depuis 2000, il suffit au procureur de n’avoir que l’aveu du dit « coupable », soit du suspect pour faire des comparutions immédiates ou le juge donne en instantané une peine. Ce sont les CRPC, Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Efficace au niveau du chiffre, une honte pour la vérité. C’est une justice à la chaîne. Les policiers amènent un suspect, la justice donne son verdict. Pas de procès, pas d’avocat pouvant réellement dire quelque chose. Un petit gout de dictature flotte dans l’air….

Et clou du spectacle de la destruction de la justice, à l’image de la caricaturale affaire Tapis, les affaires fiscales, environnementales ou politiques sont en chute libre. On ne juge plus que la petite délinquance, on ne juge plus que la délinquance qui se voit.