Archive pour le 12 juin 2009

12.06
2009
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Comme après chaque élection, chacun – médias mais aussi membres des autres partis et parfois du parti socialiste lui même – chacun y va de son petit commentaire assassin. Les socialistes sont sanctionnés car ils n’ont pas parlé d’Europe. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils sont trop divisés. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils n’ont pas rénové leurs idées…etc.

Pourtant, plutôt que de se laisser prendre au pessimisme que certains aiment attiser pour on ne sait quelles raisons, il convient de ramener notre score au contexte particulier des européennes.

  • D’une part, ce sont des élections marquées depuis toujours par une forte abstention. Elle a encore augmenté cette année pour atteindre près de 60% ; la principale perdante de ce scrutin est donc l’Europe, qui paraît encore plus loin des citoyens.
  • D’autre part, c’est un scrutin qui a toujours favorisé les listes vertes qui avaient notamment réalisé près de 10% en 1999. Il est vrai que cette année, la performance d’Europe écologie est impressionnante.
  • Enfin, les électeurs restent indécis jusqu’au dernier moment, et l’issue du scrutin se détermine dans les derniers jours. Cette rapidité va de pair avec la faible exposition des programmes pour l’Europe, ce qui explique notamment que le manifesto ait si peu pesé, alors qu’Europe écologie ne semble pas avoir tant mis en avant son programme, qui ressemblait parfois d’assez près au notre (notamment sur la création des 10 millions d’emplois verts). Les scores de l’UMP et d’Europe écologie sont plus basés sur les logos et les slogans que sur une véritable réflexion européenne.

Deux points positifs doivent être mis en évidence pour le PS. D’abord, l’affaiblissement du Modem signifie la renaissance du clivage gauche – droite dans le pays. A l’issue du premier tour de la présidentielle en 2007, le centre pesait 20% des suffrages, laissant penser qu’un tripartisme pourrait émerger en France. Cette perspective est de plus en plus lointaine, et le parti socialiste peut désormais clairement se situer à gauche, sans risque de perdre des électeurs. Ensuite, quand on analyse les résultats de manière plus locale, on s’aperçoit que le PS réalise de bons scores dans les banlieues, notamment à Vaulx en Velin, ou Vénissieux, communes communistes, où il se place en tête des suffrage, signe que la reconquête de l’électorat populaire est en marche et doit être continuée. Au MJS, nous continuerons donc à tracter sur les marchés de Vénissieux, de Vaulx-en-Velin et autres communes de banlieue.
Il nous faut donc continuer dans la dynamique qui a été mise en oeuvre dans cette campagne et plus que d’un changement, c’est d’un approfondissement dont nous avons besoin. Si nous n’avons réalisé que 16,48% des suffrages, c’est qu’il souffre de plaies beaucoup plus vieilles que la campagne.

Première plaie, l’incapacité à se positionner de manière claire et unie sur les institutions de l’Europe est l’une des causes principales de notre échec. Le PS s’est par deux fois placé contre la majorité du pays en prenant position pour le traité constitutionnel européen et pour le traité de Lisbonnes. Ce n’est pas tant la position en elle même que l’incapacité à affronter la question sans langue de bois qui a causé la désaffection des électeurs ; il a manqué sur ce point à beaucoup de leaders et de têtes de liste la volonté de convaincre et le courage politique qui avait fait autrefois nos victoires. On peut remarquer que sur la Turquie, le problème est exactement le même, le PS préférant repousser le débat plutôt que d’affirmer que la Turquie, si elle remplit les conditions exigées par l’UE, a le droit d’en faire partie.

Seconde plaie, les divisions. Combien de sympathisants ont refusé de mettre un bulletin socialiste dans l’urne en raison des divisions du congrès de Reims et de la lutte entre Martine Aubry et Ségolène Royal? Ces luttes internes, exacerbées par les médias, ont conduit à brouiller notre message. Au soir du scrutin, certains n’avaient visiblement pas tiré les leçons du congrès de Reims et voulaient continuer sur ce créneau là.
Ces deux plaies expliquent donc les erreurs commises au cours de la campagne. D’une part, malgré le manifesto, nos leaders n’ont que peu mis en avant des propositions phares comme le SMIC européen, ou le plan de relance de 1000 milliards d’euros. Dés lors, plutôt que de parler d’Europe, nous avons voulu faire du scrutin un vote sanction contre Nicolas Sarkozy. Enfin, plutôt que d’inviter les gens à croire dans le socialisme, il fallait inviter les gens à voter « efficace ».
On retiendra donc de ce scrutin qu’il faut continuer notre combat qui a été mené autour de trois axes :

  • La reconquête de l’électorat populaire par la réaffirmation de l’idéal socialiste.
  • La reconstruction d’une alternative à gauche, vraiment à gauche, dont les écologistes doivent faire pleinement partie.
  • La réflexion sur le socialisme écologique.