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Comme après chaque élection, chacun – médias mais aussi membres des autres partis et parfois du parti socialiste lui même – chacun y va de son petit commentaire assassin. Les socialistes sont sanctionnés car ils n’ont pas parlé d’Europe. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils sont trop divisés. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils n’ont pas rénové leurs idées…etc. Pourtant, plutôt que de se laisser prendre au pessimisme que certains aiment attiser pour on ne sait quelles raisons, il convient de ramener notre score au contexte particulier des européennes.
Deux points positifs doivent être mis en évidence pour le PS. D’abord, l’affaiblissement du Modem signifie la renaissance du clivage gauche – droite dans le pays. A l’issue du premier tour de la présidentielle en 2007, le centre pesait 20% des suffrages, laissant penser qu’un tripartisme pourrait émerger en France. Cette perspective est de plus en plus lointaine, et le parti socialiste peut désormais clairement se situer à gauche, sans risque de perdre des électeurs. Ensuite, quand on analyse les résultats de manière plus locale, on s’aperçoit que le PS réalise de bons scores dans les banlieues, notamment à Vaulx en Velin, ou Vénissieux, communes communistes, où il se place en tête des suffrage, signe que la reconquête de l’électorat populaire est en marche et doit être continuée. Au MJS, nous continuerons donc à tracter sur les marchés de Vénissieux, de Vaulx-en-Velin et autres communes de banlieue. Première plaie, l’incapacité à se positionner de manière claire et unie sur les institutions de l’Europe est l’une des causes principales de notre échec. Le PS s’est par deux fois placé contre la majorité du pays en prenant position pour le traité constitutionnel européen et pour le traité de Lisbonnes. Ce n’est pas tant la position en elle même que l’incapacité à affronter la question sans langue de bois qui a causé la désaffection des électeurs ; il a manqué sur ce point à beaucoup de leaders et de têtes de liste la volonté de convaincre et le courage politique qui avait fait autrefois nos victoires. On peut remarquer que sur la Turquie, le problème est exactement le même, le PS préférant repousser le débat plutôt que d’affirmer que la Turquie, si elle remplit les conditions exigées par l’UE, a le droit d’en faire partie. Seconde plaie, les divisions. Combien de sympathisants ont refusé de mettre un bulletin socialiste dans l’urne en raison des divisions du congrès de Reims et de la lutte entre Martine Aubry et Ségolène Royal? Ces luttes internes, exacerbées par les médias, ont conduit à brouiller notre message. Au soir du scrutin, certains n’avaient visiblement pas tiré les leçons du congrès de Reims et voulaient continuer sur ce créneau là.
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