Edvige : Le Retour
le 11 novembre 2009 à 10:22 par Sven dans Actualités, Analyses, Justice, Libertés|
Fidèle à sa stratégie d’exploitation des faits médiatiques, Brice Horetefeux a profité de manifestations violentes survenues récemment à Poitiers pour faire ressusciter le fichier EDVIGE qui avait pourtant été retiré l’année dernière suite à la mobilisation de l’opinion publique. Hasard du calendrier sans doute, le ministre de l’intérieur a choisi le jour de Sainte Edwige pour signer deux décrets mettant en place deux nouveaux fichiers : le premier cible les bandes, les hooligans et les groupuscules et l’autre contiendra des données sur les personnes postulant à un emploi dit «sensible». Ces nouvelles « bases de données » constituent une atteinte intolérable aux libertés publiques puisqu’on y retrouve l’essentiel des raisons qui nous ont poussées à nous mobiliser lors de la création du fichier EDVIGE. Tout d’abord le fichage des enfants à partir de 13 est toujours prévu et se fera sur la base de simples « présomptions » d’atteinte à la sécurité publique. Ainsi, alors que les fichiers de renseignement doivent avoir en principe pour vocation première de préserver la sûreté de l’Etat en luttant notamment contre les diverses formes de terrorismes, il s’agit ici au contraire d’un moyen utilisé pour lutter contre la petite délinquance. Cette volonté doit être replacée dans un contexte plus général de défiance vis-à-vis des jeunes. Aujourd’hui la jeunesse est clairement vue comme un danger par le gouvernement. De plus, il est toujours prévu de récolter des données sensibles telles que les « activités publiques » ou les « motivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicales ». Par ailleurs, si la référence ethnique existant dans le cadre du fichier EDVIGE semble avoir disparu, elle réapparait en réalité de manière détournée dans la possibilité de mentionner l’origine géographique des individus. Enfin sur la forme, on constate que la méthode employée par le gouvernement consistant à agir par décrets est symptomatique d’une méfiance à l’égard du débat démocratique. En effet, l’instauration de ces fichiers touchant aux libertés publiques aurait logiquement du être débattue par la représentation nationale. Mais le gouvernement a semble t-il peur du peuple… Karima |











