Comment la gauche peut reconquérir son peuple
le 14 mai 2009 à 07:36 par Benjamin dans Analyses, Humeurs|
A l’heure où l’on tire le bilan de deux années de présidence Sarkozy, il faut aussi se rappeler que dans trois années nous devons reprendre le pouvoir. En démocratie, toute victoire ne peut être que populaire. Depuis 1789, et dans toutes les démocraties, le principe est celui du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Dans la pratique du pouvoir, on peut néanmoins opposer deux tendances ; pour faire original, une vision de droite et une vision de gauche. L’ascension de N. Sarkozy illustre la conquête d’un soutien populaire qui a contribué à ramener une droite dure dans le jeu électoral. Tout commence par le changement de signification du sigle UMP, de l’Union pour une majorité présidentielle, c’est à dire le parti du président de l’époque soutenu par ses amis parlementaire, à l’Union pour un mouvement populaire. Mouvement et peuple ne sont pourtant pas des mots appartenant au patrimoine de la droite. Il demeure que c’est sur cette base de que Nicolas Sarkozy a adopté des propositions qualifiées « populaires » alors qu’à gauche nous étions accusés, et nous sommes toujours qualifiés, d’élitistes ou à tout le moins d’être déconnecté. La gauche est accusée d’avoir perdu le peuple, des sondages paraissant tous les mois pour étayer cette affirmation. Pourtant, il y a une grande différence entre ce que la droite qualifie de peuple et la vision qu’en a la gauche. Le peuple, pour la droite, c’est cette masse de gens réputés tous penser la même chose, et qui justifie une politique basée sur l’opinion, et la référence à cet individu moyen, type joe le plombier, pour rabaisser immédiatement le niveau du débat. Le sondage est alors utilisé comme un instrument de formatage. Quand au mot mouvement, il s’agissait d’opposer la dynamique des gouvernants de droite au soit disant immobilisme de la gauche et du PS. Cette vision remonte aux origines de la politique française, puisque la droite royaliste percevait les membres d’une société comme des sujets pour lesquels le Roi devait gouverner. Pour vaincre à gauche, il est nécessaire par conséquent de réaffirmer notre vision du peuple et du pouvoir face à celle de la droite. Offrir une alternative à gauche implique de proposer un projet de société élaboré grâce à des méthodes radicalement différentes. Premièrement, la gauche ne considère pas le peuple comme une masse indivise se soumettant à la loi de l’opinion. Le peuple est un ensemble de citoyens faisant chacun valoir leurs convictions propres en fonction de leur parcours, de leur profession et agissant en fonction des opportunités qui s’offrent à eux. L’engagement associatif, syndical ou politique constitue ainsi un moteur fondamental de l’émergence du peuple comme acteur de la société. Il n’y a ainsi pas de vraie démocratie sans appropriation par le peuple des enjeux politiques, économiques et sociaux. L’un des points clefs de la bataille des idées sans laquelle aucune victoire n’est possible consiste donc à imposer cette vision active, citoyenne et militante du peuple. En ces temps de crise, c’est par l’organisation du mouvement social que doivent se construire les victoires de demain, que ce soit pour la fin de l’année mais aussi et surtout à la rentrée scolaire. Le modèle, c’est celui des mobilisations de la gauche dans les années 30 : le modèle de demain doit émerger des luttes menées aujourd’hui, comme le front populaire en son temps, pour qu’on parle à l’avenir de 2012 comme on parle aujourd’hui de 1936 |







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