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Qu’arrive-t-il lorsque les hommes perdent leurs droits nationaux ? Ils n’ont plus ni ancrage ni droits. Ils se trouvent entre les Etats.

S’ils sont idéalement titulaires de droits comme le pose la  Convention internationale des Droits de l’Homme, en réalité ils sont partout sans droits.

Aujourd’hui, ce qui est vraiment scandaleux, outre l’injustice sociale et juridique  dont ils font l’objet, c’est que l’on compte le nombre d’immigrés dont on a besoin  pour venir travailler en France. Comme en témoigne l’abondante main-d’œuvre ouvrière africaine dans les usines et sur les chantiers, qui est considérée comme une marchandise puisque ce que vend l’ouvrier au patron est sa force de travail.

Peut-on, au moins, penser la libre circulation des hommes du monde ? Qui a le droit de s’approprier un espace et de dire que c’est chez lui ? Qui a le droit de poser une frontière comme un absolu identitaire et territorial ?

La venue d’un étranger est importante dans le pays où l’on vit. Pourquoi ? Parce que l’idée d’étranger montre que le rapport entre l’étranger et le sédentaire est essentiel en tant qu’il est la condition de possibilité d’une conscience du monde. Parce qu’à la fois il nous renvoie aux conditions de vie de notre pays, et en même temps, il est une ouverture sur le monde. C’est pourquoi il devient urgent d’établir une relation avec le monde, avec autrui, sinon on risque de s’aliéner dans son appartenance à son monde particulier, autrement dit à un territoire fermé par des frontières de plus en plus hermétiques.

Aucun souverain n’a apriori le droit de s’approprier un espace et de dire que c’est chez lui, encore moins de décréter que les autres doivent en être exclus. Il n’y a aucune séparation dans le monde qui soit première, originaire. Aucune frontière ne peut être posée comme un absolu car ma liberté a besoin d’autrui ; on n’est pas libre sans les autres. Or l’étranger, aujourd’hui, doit prouver qu’il est digne d’être accueilli, en se soumettant à des tests de « bon français », qui consistent à s’assurer de ses goûts alimentaires (aimez-vous le foie gras ?), de son patriotisme (connaissez-vous la marseillaise ?), de sa langue, et de ses fréquentations. On ne peut pas accepter que le droit de résider sur le territoire soit soumis à de telles conditions, fixées arbitrairement et ne reflétant en rien nos valeurs républicaines.

Si de fait toute citoyenneté est marquée par un droit national particulier, il y a une exigence morale à accueillir l’étranger. Pour Kant dans L’idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolite, la morale de l’hospitalité universelle interdit qu’on traite apriori l’étranger comme un ennemi. Or aujourd’hui, le gouvernement UMP mène un combat violent contre les étrangers, cela commence par une politique d’expulsion en masse avec un quota de 30 000 reconduites aux frontières par an : neuf Afghans ont ainsi été expulsés de France mardi dernier. Ensuite, par l’encouragement à la délation : l’article 622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile punit de cinq ans d’emprisonnement, et de 30 000 euros d’amende, “toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France”. Enfin par le débat actuel sur l’identité nationale : « pour vous qu’est- ce - qu’être français ? » qui vise avant tout à diviser et à exclure, mais pas du tout à intégrer.

Face à  la mise en place de cette mécanique gouvernementale, le MJS répond par des propositions qui se concrétisent politiquement par une régularisation large des sans papiers: de nombreux pays européens tels que l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, la Suède, ou l’Allemagne, ont déjà procédé à ces régularisations massives, conscients que l’immigration est source de richesse économique. Dans le même temps, nous exigeons la suspension des reconduites à la frontière,  et la fin des contrôles d’identité discriminatoires.

Afin de parvenir à cette régularisation large des sans papiers, il est urgent de reconstruire le système global d’octroi des titres de séjour. Il convient d’une part d’assouplir les critères mis en place par le ministère de l’immigration, et d’autre part d’instaurer une véritable gestion démocratique de ces décisions. En effet, certaines préfectures sont plus rigides que d’autres quant à l’appréciation des critères retenus, et le gouvernement se plait à entretenir le flou sur les conditions de régularisation afin de maintenir les sans papier dans une situation de précarité et d’insécurité.

Enfin en tant que jeunes socialistes, nous sommes d’autant plus sensibilisés par la situation des étudiants étrangers. La France, doit rester fidèle à sa tradition de formation universitaire en permettant à des jeunes soucieux de mener des études de qualité, d’étudier en toute sécurité. Actuellement, la loi CESEDA de 2006 et le décret n° 2007-373 du 21 mars 2007 mettant en place un titre de séjour étudiant pluriannuel, n’est pas appliqué par les préfectures du fait de l’absence d’arrêté d’application. Nous demandons donc que la mise en place des titres pluri annuels pour les étudiants étrangers soit enfin effective.

Hélène L.

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