Archive pour la rubrique 'Actualités'

31.08
2010
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Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite.

Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers. Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite. Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine.

Nous appelons à une grande manifestation citoyenne à l’occasion du 140e anniversaire de la République,

Samedi 4 septembre

Place Bellecour à 14h00

Signataires: Mouvement Français pour le Planning Familial, Lesbian and Gay Pride de Lyon, Sud Education, CIRDEL, Collectif Rrom, Résovigi, Union National des Etudiants de France (UNEF)Lyon, Union Juive Française pour la Paix (UJFP), ARTAG, Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), DiverCité, Ras l’Front, Collectif de soutien aux sans-papiers et demandeurs d’asile du Rhône(CSP 69), Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et au Soutien des Enfants des Squats (CLASSES), Secours Catholique, La Maison des Passages, Forum Gay et Lesbien de Lyon, Chrysalide, AC! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération Générale du Travail (CGT), Confédération française démocratique du travail (CFDT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts, ATD Quart Monde, Solidaires 69.

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Force est de constater que la crise actuelle que nous traversons en France et qui perdure, n’a fait que creuser un peu plus le fossé entre les plus fortunés et les plus défavorisés. En période de congés, l’inégal accès aux vacances, à la culture et aux loisirs vient aggraver ce phénomène. Actuellement, plus d’un Français sur deux ne part pas en vacances, l’INSEE recensait en 2004 plusde 3 millions d’enfants qui n’étaient pas partis de chez eux plus de 4 jours consécutifs.

Pourtant, le droit aux vacances est reconnu dans la convention internationale des droits de l’enfant et la loi contre les exclusions de 1998.Un droit qu’il nous faut donc réaffirmer, comme l’ont fait auparavant certaines organisations d’éducation populaire. L’année dernière déjà, nous avions parcouru durant l’été Lyon et ses alentours, et poursuivrons cette campagne cette année, car les vacances sont non seulement une façon de rompre avec son quotidien, mais aussi l’occasion de s’ouvrir à d’autres cultures, à d’autres habitudes de vie.

Nous proposons plusieurs mesures pour que ce droit soit respecté et encadré (cf tract ci-joint), comme l’augmentation sensible des aides existantes au départ en vacances (financée par la suppression des exonérations des droits de succession), un vaste plan d’investissement dans les structures d’accueil et de loisirs, ou encore la mise en place d’un tarif « billet SNCF de congé annuel ».

Afin de faire connaître nos propositions, nous serons présents sur les parcs de la banlieue lyonnais. Nous vous convions le dimanche 22 août à nous suivre lors de notre action au parc de Miribel.

Rendez-vous à 14h au parc de Miribel, sur la plage Le Morlet

Lucie B.

28.07
2010
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Ces dernières années, on assiste à une perte du lien social entre les citoyens : que ce soit entre les générations ou entre les différentes couches de la population. Cela se ressent de différentes façons : instauration d’un climat d’insécurité, stigmatisation des jeunes, culpabilisation des chômeurs. A quoi mène cette politique ?

La politique du chiffre est devenue monnaie courante : des chiffres erronés, calculés sur des données incomplètes, sont pris comme arguments pour justifier une politique autour du tout-sécuritaire. Les forces de police sont amenées à ce que leur nombre d’interventions rentre dans des quotas. Tout cela renforcé par une surmédiatisation des faits divers, des images de plus en en plus chocs et des reportages répétitifs reprenant les mêmes thèmes : « enquête inédite auprès de la BAC » , « les cités où la police ne va plus »,  « les chiens dangereux des banlieues », etc. Ce sentiment d’insécurité est pourtant contraire aux valeurs de vivre-ensemble.

Ce phénomène est d’autant plus marqué quand il s’agit des jeunes : alors qu’aucune politique actuelle n’est proposée par le gouvernement pour venir en aide à cette population, la droite stigmatise les jeunes, présentés comme des « racailles », des délinquants, des fainéants. Pourtant, les problèmes des jeunes sont bien réels : face au chômage (le taux de chômage en France des moins de 25 ans est le plus élevé d’Europe), le gouvernement a créé un RSA jeunes aussi inutile que démagogique, puisqu’il ne concerne que 2% des jeunes à la recherche d’un emploi.

Ces deux exemples nous montrent à quel point la droite stigmatise les jeunes et les classes défavorisées. Nous pensons que tous les citoyens font partie intégrante de la société, quels que soient leur génération et leur milieu social. Aux problèmes dans les banlieues, nous répondons par la nécessité d’une politique de la ville et d’urbanisme ambitieuses et par un investissement massif dans l’éducation. Aux problèmes d’emploi, il nous faut repenser la solidarité entre séniors et jeunes en favorisant par exemple un suivi professionnel assurant une complémentarité entre l’expérience des premiers et la vitalité des seconds.

En conclusion, il nous faut réaffirmer les notions de vivre-ensemble pour redonner un sens au mot « citoyen », plutôt que de monter les uns contre les autres, ce que le modèle néo-libéral encourage par la recherche constante de profits. Pour nous, jeunes socialistes, chaque citoyen a sa place dans la société, du jeune au sénior, de l’ouvrier au cadre, de l’habitant des villes à l’habitant des campagnes.

Serkan Z.

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“Un apéro rosette-pinard à l’arrière-goût raciste”

Un apéro “rosette-pinard” a été lancé récemment sur le réseau social Facebook, invoquant la nécessité de perpétuer les traditions françaises. On sait à présent que ce rassemblement est organisé par des groupes d’extrême-droite, et de ce fait, nous tenons à condamner cette action. D’une part, les instigateurs visent explicitement, au moyen de ce rassemblement, à exclure une partie de la population. En opérant une distinction entre citoyens français sur la base  de la prétendue appartenance à une religion ou à une origine, les organisateurs portent une atteinte inacceptable aux valeurs républicaines. D’autre part, le lieu choisi, la Guillotière, n’est en rien anodin, puisque ce quartier symbolise l’idée d’une société du mélange des cultures. Nous nous opposons donc fortement à la tenue de ce rassemblement à caractère xénophobe, véritable provocation pour les habitants de la Guillotière.

Nous tenons à préciser que ces apéritifs n’ont rien à voir avec ceux lancés il y a quelques semaines par le même biais (Facebook) car ces derniers visaient à regrouper l’ensemble des citoyens, sans distinction, dans un esprit festif et de vivre-ensemble. Cet amalgame, volontairement créé par ces groupes identitaires, doit être dénoncé.

Au nom de la laïcité et de la tolérance, il nous faut lutter contre la montée quotidienne des idées portées par des groupuscules identitaires d’extrême-droite. Nous appelons par conséquent la préfecture du Rhône à interdire ce rassemblement.

Lucie B.

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Le séminaire national sur l’extrême-droite qui s’est déroulé les 8 et 9 mai derniers à Vienne a été l’occasion de réunir les jeunes socialistes et de faire notamment le point sur les différentes situations en Europe et de réfléchir tous ensemble à la montée de ce phénomène. Le MJS a ainsi échangé sur ce sujet aux côtés de jeunes socialistes autrichiens, belges, allemands et tchèques. Cette problématique est toujours d’actualité, comme nous avons pu le répéter à plusieurs reprises récemment (manifestation contre l’extrême-droite, réaction suite au kiss-in, présence à la gay pride). Le compte-rendu suivant n’a pas vocation à être exhaustif sur la question, mais nous apporter un éclairage sur la situation en Europe.

Dans la plupart des pays invités, la présence de l’extrême-droite est relativement importante sur le plan politique, comme les partis belges flamants indépendentiste (Vlaams Belang et N-VA) qui nous a été présenté comme indépendantiste, xénophobe qui est régulièrement accusé de racisme. Les indépendentistes qui ont obtenus aux dernières élections 45% des voies dans la Belgique Flamande. Mais également par la présence de groupuscules d’extrême-droite qui procèdent régulièrement à de grande manifestations comme les groupes ouvertement néo-nazis en Allemagne ou encore l’entretien d’un milieu “culturel” nationaliste en république tchèque. On a pu voir que toutes les délégations des jeunes socialistes connaissent sous une forme ou sous une autre un certain renouveau de théories nauséabondes diffusées par ses différents groupes et partis. Ceux-ci commencent parfois à se coordonner au niveau européen avec l’idée de la défense de “l’ère culturelle européenne” face notamment au prétendu “danger” de l’immigration, un nationalisme européen défendu par exemple par le groupe les Identitaires en France. La xénophobie est ainsi un thème partagé par tous les groupes d’extrême-droite avec des campagnes sur les minarets en Autriche, en Suisse, en Allemagne, aux pays bas, en Belgique et en France. Une autre caractéristique d’un certain nombre de ces groupuscules est l’investissement de thématiques et symboles de gauche semblables à ce que fait par exemple « Egalité et réconciliation » en France.

L’ensemble des organisations en a conclu que le combat contre l’extrême-droite était double : un combat « physique », en bloquant les manifestations nationalistes comme le font par exemple les Jusos allemands. Mais un combat également idéologique, en propageant une vraie contre-culture Antifasciste comme le font les SJÖ autrichiens, ou en faisant comprendre l’intérêt du multi-culturalisme comme le font les jeunes sociaux-démocrates tchèque. La portée de ce combat est très restreinte et sur le court terme, s’il ne s’accompagne pas d’un véritable combat politique fort de propositions pour réformer la société, notamment sur des thèmes comme le chômage, l’égalité homme-femme, la précarité, ou encore un travail sur les banlieues en France.

Olivier M.