Archive pour la rubrique 'Analyses'

09.02
2010
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Comme souvent vient le temps des bilans. Ce quinquennat devait être celui de la rupture et du changement. Une multitude de projets de lois, des slogans chocs à tout va, des créations de ministères dont on ne veut pas et des remaniements en veux-tu en voilà : quel constat !

Promesse ou démagogie ? Voici un bilan  - loin d’être exhaustif - des politiques menées par le gouvernement jusqu’à ce jour. Parmi elles, il y a bien sûr celles qui ont créént polémique mais qui ont disparu du jour au lendemain. Entendez-vous encore parler de cette volonté du chef de l’État de « confier la mémoire» d’un enfant déporté de France, victime de la Shoah, à chaque élève de CM2 ?

Il y a ensuite celles, au contraire, dont on n’a pas beaucoup entendu parler mais qui ont bien vu le jour. Que penser des 110 médicaments qui, à partir de ce mois de janvier, verront leur taux de remboursement passer de 35 à 15 % ? Du jamais vu dans l’histoire de la Sécurité Sociale !

Et finalement celles dont on a entendu parler mais qui révoltent toujours autant. Un bouclier fiscal porté de 60% à 50% et une réduction de l’ISF pouvant aller jusqu’à 50 000 € dans certaines conditions : en quoi cela est-il acceptable ? Donner plus à ceux qui gagnent plus, est-ce vraiment de cela dont les français ont besoin ?

Aujourd’hui vient le temps de la mobilisation et de l’union : ils pensaient que tout deviendrait possible, ils ne songeaient certainement pas à une victoire de la gauche ! Et pourtant ! Les régionales sont lancées et c’est bien dans nos régions, celles qu’on aime, que des bilans bien plus positifs sont tirés.

Plus que du marketing, retournons à la réalité, celle que vivent les français, celle des inégalités. Nicolas Sarkozy dit nous entendre et nous comprendre : crions plus fort car nos revendications sont grandes !

Charline D.

Plus d’informations sur : Nicolas Sarkozy a-t-il tenu ses promesses ? Visuel interactif du Monde.

http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2006/12/15/les-promesses-de-nicolas-sarkozy-a-la-loupe_846317_3224.html

15.11
2009
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La Tarification à l’activité déséquilibre dangereusement l’hôpital public.

Au moment des débats sur l’entrée en vigueur de la loi hpst, il nous semble important de revenir sur l’actuel et unique mode de financement des services hospitaliers, la tarification à l’activité.

La tarification à l’activité (T2A) est issue de l’ambitieux plan hôpital 2007 des gouvernements qui se sont succédé au cours du second mandat de Jacques Chirac.

Elle consiste en ce que chaque acte rapporte de l’argent au service hospitalier, selon un tarif fixé par l’assurance maladie . L’idée de base était de sortir de la logique de moyens jugée trop onéreuse : à savoir le financement des services hospitaliers sous forme d’une « enveloppe » globale annuelle(calculée en fonction des dépenses des années précédentes, du nombre de lits (donc du personnel à disposition), du coût du matériel médical, des médicaments…); au profit d’une logique de résultats « l’hôpital ne coûte plus, il rapporte », auparavant expérimentée dans le secteur privé .

La tarification à l’activité peut se justifier dans certains cas d’actes techniques très codifiés qui ne varient pas beaucoup (actes de type chirurgicaux ou radiologiques), mais est inadaptée dans la majorité des autres autres actes médicaux tels la réanimation, la pédiatrie, les maladies chroniques, les pathologies complexes, les maladies rares et orphelines, ou en recherche. Par une série d’exemple, nous allons venir point par point aux inconvénients et risques de la t2a : abandon de pans de la médecine au privé, laissant à l’hôpital publique les cas difficiles (sans spécialement lui en donner les moyens financiers), prise de risques inutiles pour le patient, dégradation de la qualité des soins par pression sur le personnel soignant .

Le fossé public-privé

Prenons l’exemple d’une pose de prothèse de hanche. C’est un acte extrêmement fréquent, donc des équipes très entrainées savent le faire très bien et très rapidement, certains parlent de travail à la chaîne . Comme le secteur privé peut sélectionner ses patients (liberté du choix du patient, l’un des principes de la médecine libérale) alors que la médecine hospitalière se doit de prendre en charge tout le monde (c’est un service public), ce genre d’actes devient phagocyté par le secteur privé. Dans la logique d’entreprise qu’a l’esprit de la T2A, cela entraîne un manque à gagner pour le secteur public puisque le « marché des prothèses de hanche » part principalement aux cliniques . C’est ainsi que sur le classement du Point des meilleurs établissements pour la prothèse de hanche , dans les dix premières places, 5 sont des cliniques donc du secteur privé (alors que sur le classement général des meilleurs hôpitaux de France, deux cliniques apparaissent dans les 50 premières places).

Revenons à notre prothèse de hanche, mais cette fois dans le cas d’une femme âgée présentant par ailleurs d’autres maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle avec insuffisance rénale et (allons-y fort) une insuffisance cardiaque. Il y a de fortes chances que la personne fasse un séjour en réanimation après l’anesthésie, ce qui nécessite des soins plus complexes et une opération plus risquée entraînant des complications incompatibles avec une logique d’acte à l’heure. Cette opération sera d’avantage prise en charge à l’hôpital public qu’en clinique, suivant le schéma énoncé plus haut. Car bien que payés, il est plus difficile de rentabiliser le personnel, pour ces actes qui subissent le hasard de la nature humaine et non le côté itératif d’opérations à la chaîne cadrant avec la volonté de gain de temps et d’argent d’une logique de résultats.. L’hôpital public gagne beaucoup moins d’argent pour le même nombre de patients.

Les dérives possibles

Parallèlement au risque de creuser un fossé entre le domaine public et le domaine privé, on assiste fréquemment à des dérives liées directement au principe de tarification à l’acte. En effet, certaines pathologies dont la prise en charge médicale ou chirurgicale est en discussion seront plus aisément orientés vers une prise en charge rapportant plus, pour des raisons financières. Une étude de 2003 publiée dans la revue économique des presses de science-po montre que que les établissements privés, déjà financés à l’acte, pratiquaient significativement plus d’accouchements par césarienne que les établissements du service public, financés par enveloppe globale, toute chose étant égale par ailleurs. Or la césarienne n’est pas dénuée de risque pour la patiente (risque infectieux, risque hémorragique …), donc en plus d’utiliser l’argent des cotisants pour des actes non justifiés médicalement, on fait prendre un risque pour la patiente. Mais le service gagne plus d’argent.

Par ailleurs, la logique d’entreprise à l’hôpital a aussi pour conséquence une augmentation de la pression sur le personnel paramédical et médical. En effet, on demandera plus d’actes pour un même temps de travail, le personnel de soin devant ainsi faire plus rapidement certaines choses (quand il n’en deviendrait pas contraint faute de temps d’en faire l’impasse). Pour ne prendre qu’un exemple représentatif, il se pourrait que le personnel passe un peu moins de temps à se laver les mains, ce qui pourrait favoriser un peu plus la survenue d’infections nosocomiales (des maladies liées aux conditions d’hygiène sur le lieu de soin). Or ces infections augmentent en moyenne de 2 jours la durée d’hospitalisation, exposent le patient à un risque de septicémie (germes hospitaliers parfois résistants) et coûtent énormément à l’assurance maladie ! Et voilà le serpent d’Asclépios qui se mord la queue! Trop de pression voulue par une démarche de rentabilité conduit à d’infimes petites prises de risques qui engendreront par leur multiplication un surcroit de travail et finalement de coût pour la société et le patient.

Enfin, prenons pour dernier exemple quelque chose auquel nous seront tous confrontés et regardons du côté des soins en fin de vie : 80% des Français meurent à l’hôpital . On a donc inventé un tarif spécifique pour ces soins dits “palliatifs” qui se décompose comme suit : si le patient meurt avant minuit, le service touche 800 euros alors que s’il reste 15 jours, ce chiffre passe à 8000 euros et s’il reste plus encore, le forfait reste à 8000 euros. De là à en déduire que ni la mort trop rapide ni la mort trop lente ne sont pas “rentables”, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas, mais comment douter que personne un jour ne le fasse, sous le coup d’une pression administrative et budgétaire trop importante, avec toutes les dérives que cela peut engendrer?

En somme pour toutes ces raisons, on comprendra en quoi ce système de financement conforte l’hôpital public dans des déficits chroniques, mais apporte en plus un facteur de dangerosité lié à la pression sur les actes. La T2A ne peut et ne doit pas constituer le seul mode de financement de l’hôpital. La logique de résultats n’est pas adaptable à la santé en général, la logique de moyens est la seule qui soit acceptable. Et bien loin d’être une réponse à l’augmentation des dépenses de santé, la T2A est une mine d’or pour le secteur privé.

Mitterrand disait après son second mandat que son grand regret était de ne pas avoir nationalisé la santé. Quand nous arriverons au pouvoir, notre chantier sera de re-nationaliser le soin hospitalier.

Sylvain

11.11
2009
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Fidèle à sa stratégie d’exploitation des faits médiatiques, Brice Horetefeux a profité de manifestations violentes survenues récemment à Poitiers pour faire ressusciter le fichier EDVIGE qui avait pourtant été retiré l’année dernière suite à la mobilisation de l’opinion publique.

Hasard du calendrier sans doute, le ministre de l’intérieur a choisi le jour de Sainte Edwige pour signer deux décrets mettant en place deux nouveaux fichiers : le premier cible les bandes, les hooligans et les groupuscules et l’autre contiendra des données sur les personnes postulant à un emploi dit «sensible». Ces nouvelles « bases de données » constituent une atteinte intolérable aux libertés publiques puisqu’on y retrouve l’essentiel des raisons qui nous ont poussées à nous mobiliser lors de la création du fichier EDVIGE.

Tout d’abord le fichage des enfants à partir de 13 est toujours prévu et se fera sur la base de simples « présomptions » d’atteinte à la sécurité publique. Ainsi, alors que les fichiers de renseignement doivent avoir en principe pour vocation première de préserver la sûreté de l’Etat en luttant notamment contre les diverses formes de terrorismes, il s’agit ici au contraire d’un moyen utilisé pour lutter contre la petite délinquance. Cette  volonté doit être replacée dans un contexte plus général de défiance vis-à-vis des jeunes. Aujourd’hui la jeunesse est clairement vue comme un danger par le gouvernement.

De plus, il est toujours prévu de récolter des données sensibles telles que les « activités publiques » ou les « motivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicales ». Par ailleurs, si la référence ethnique existant dans le cadre du fichier EDVIGE semble avoir disparu, elle réapparait en réalité de manière détournée dans la possibilité de mentionner l’origine géographique des individus.

Enfin sur la forme, on constate que la méthode employée par le gouvernement consistant à agir par décrets est symptomatique d’une méfiance à l’égard du débat démocratique. En effet, l’instauration de ces fichiers touchant aux libertés publiques aurait logiquement du être débattue par la représentation nationale. Mais le gouvernement a semble t-il peur du peuple…

Karima

14.05
2009
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A l’heure où l’on tire le bilan de deux années de présidence Sarkozy, il faut aussi se rappeler que dans trois années nous devons reprendre le pouvoir. En démocratie, toute victoire ne peut être que populaire. Depuis 1789, et dans toutes les démocraties, le principe est celui du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Dans la pratique du pouvoir, on peut néanmoins opposer deux tendances ; pour faire original, une vision de droite et une vision de gauche.

L’ascension de N. Sarkozy illustre la conquête d’un soutien populaire qui a contribué à ramener une droite dure dans le jeu électoral. Tout commence par le changement de signification du sigle UMP, de l’Union pour une majorité présidentielle, c’est à dire le parti du président de l’époque soutenu par ses amis parlementaire, à l’Union pour un mouvement populaire. Mouvement et peuple ne sont pourtant pas des mots appartenant au patrimoine de la droite. Il demeure que c’est sur cette base de que Nicolas Sarkozy a adopté des propositions qualifiées « populaires » alors qu’à gauche nous étions accusés, et nous sommes toujours qualifiés, d’élitistes ou à tout le moins d’être déconnecté.

La gauche est accusée d’avoir perdu le peuple, des sondages paraissant tous les mois pour étayer cette affirmation. Pourtant, il y a une grande différence entre ce que la droite qualifie de peuple et la vision qu’en a la gauche. Le peuple, pour la droite, c’est cette masse de gens réputés tous penser la même chose, et qui justifie une politique basée sur l’opinion, et la référence à cet individu moyen, type joe le plombier, pour rabaisser immédiatement le niveau du débat. Le sondage est alors utilisé comme un instrument de formatage.

Quand au mot mouvement, il s’agissait d’opposer la dynamique des gouvernants de droite au soit disant immobilisme de la gauche et du PS. Cette vision remonte aux origines de la politique française, puisque la droite royaliste percevait les membres d’une société comme des sujets pour lesquels le Roi devait gouverner.

Pour vaincre à gauche, il est nécessaire par conséquent de réaffirmer notre vision du peuple et du pouvoir face à celle de la droite. Offrir une alternative à gauche implique de proposer un projet de société élaboré grâce à des méthodes radicalement différentes.

Premièrement, la gauche ne considère pas le peuple comme une masse indivise se soumettant à la loi de l’opinion. Le peuple est un ensemble de citoyens faisant chacun valoir leurs convictions propres en fonction de leur parcours, de leur profession et agissant en fonction des opportunités qui s’offrent à eux.

L’engagement associatif, syndical ou politique constitue ainsi un moteur fondamental de l’émergence du peuple comme acteur de la société. Il n’y a ainsi pas de vraie démocratie sans appropriation par le peuple des enjeux politiques, économiques et sociaux. L’un des points clefs de la bataille des idées sans laquelle aucune victoire n’est possible consiste donc à imposer cette vision active, citoyenne et militante du peuple.
Deuxièmement, le mouvement à gauche s’assimile au mouvement social, c’est à dire la convergence des différents acteurs de la société dans l’aspiration au progrès. Il n’y a donc pas de conquête du pouvoir à gauche sans mouvement social.

En ces temps de crise, c’est par l’organisation du mouvement social que doivent se construire les victoires de demain, que ce soit pour la fin de l’année mais aussi et surtout à la rentrée scolaire. Le modèle, c’est celui des mobilisations de la gauche dans les années 30 : le modèle de demain doit émerger des luttes menées aujourd’hui, comme le front populaire en son temps, pour qu’on parle à l’avenir de 2012 comme on parle aujourd’hui de 1936

06.05
2009
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Après de nombreuses révolutions et une crise économique latente en Amérique Latine, le FMI fait l’erreur de créer une situation révolutionnaire de plus (après le Brésil et l’Argentine) au Venezuela en mettant en place un de ces nombreux plans structurels immoraux, affamant et appauvrissant des populations entières. La révolte sonne sans organisation. Le bilan est terrible, environ 3000 morts sous le feu des gardes nationaux. La révolution échoue. L’année suivante, l’Equateur se soulève, mais c’est vite oublié.

Le calme revenu, l’école de Chicago prend la main du continent pour en faire un laboratoire a ciel ouvert d’un libéralisme débridé comme jamais. En 20 ans, de 1980 aux années 2000, le nombre de pauvres double, passant de 120 millions à 225 millions. Le Front Sandiniste de Libération Nationale (révolutionnaires armées ayant fait acte au Nicaragua) donne au Mexique un front zapatiste révolutionnaire, ainsi que des mouvements indigènes en Bolivie ou au Brésil, tous luttant pour de meilleures conditions de vie, pour du travail, pour de la nourriture. La pauvreté amène l’agriculteur à planter du pavot ou de la coca, les USA raffermissant encore un peu plus leur étau sur le « sous-continent » américain.

Au sud de cette Amérique latine, les présidences se succèdent, finissant rarement leur mandat, la révolte est continue et presque permanente. On voit bien alors, dans cette Amérique latine, ce qui manque au mouvement de masse, un leader charismatique. Cuba, le Venezuela et la Bolivie n’auraient pas tant changé sans Chavez, Castro ou Morales. Ils ont tous les  trois pris un essor en défendant les travailleurs ou les opprimés comme le fit Chavez en tentant un coup d’état dès 1992.

Morales et Lula Da Silva au Brésil acquéraient quant à eux leurs notoriétés dans les luttes syndicales de leur pays. Non pas du populisme, mais une dialectique entre les dirigeants et le peuple s’instaure. Les dirigeants ne retraduisant que de manière plus cohérente les révoltes du peuple. Le peuple et le chef de file se renforcent ainsi mutuellement.

Cependant, chose étonnante, ce ne sont pas les socialistes les plus farouches dont on parle. Ces présidents d’Amérique Latine comme du Sud, n’ont pas changé le système, ils ont souvent mis en place des programmes d’assistance aux plus démunis sans contrevenir au grand capital privé.

Mais voilà, les temps changent. En 2005, Chavez parle alors pour la première fois du Socialisme nouveau, celui du  « XXIème siècle ». C’est le début au Venezuela, en Bolivie ou dans l’Equateur de Correa, des nationalisations des ressources premières ainsi que de grands programmes de solidarités et de développement destinés aux pauvres. C’est aussi un combat massif entre radicaux et modérés au sein des majorités parlementaires des ces trois pays. Chavez et Morales feront face à des tentatives de coups d’état qui resteront sans suite grâce au soutien populaire. C’est là, le début d’un nouveau chapitre dans l’issu est indéterminable à ce jour.

Alexandre