Archive pour la rubrique 'Economie'

20.10
2008
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AAAHHHHH !!! C’est la crise !!!!! Le mot est lâché, et avec frayeur ! Nous sommes au bord de la récession. Christine Lagarde, marquise hyper-optimiste, n’admettait jusque là seulement une croissance négative, intéressant concept qui ferait naître chez les chauves un jubilatoire espoir de calvitie négative.

Partout dans le monde, les gouvernements ont rivalisé de montants spectaculaires à injecter dans le système pour parvenir à contenir l’inévitable chute. 360 milliards d’euros rien que pour la France. 700 milliards de dollars aux Etats Unis d’Amérique. Presque 1300 milliards d’euros cumulés pour les pays européens ! Qui dit mieux ? C’est la course à l’échalote de qui aura le plus gros plan de sauvetage. En face de ces montants mobilisés pour passer l’éponge de dettes colossales : aucune garantie, aucun engagement, rien. C’est un chèque en blanc. On ne va pas chercher à modifier un système, des comportements à risques et une avidité de profits immédiats. On va juste demander de continuer comme avant, comme si de rien. Au final, ce seront les citoyens qui devront passer à la caisse : plus d’impôts et de dettes, moins de services publics !

Des montants astronomiques mobilisés en quelques jours. C’est faramineux. C’est indécent. C’est d’autant plus insupportable que le FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et pour l’agriculture, a annoncé que 22 milliards d’euros (30 milliards de dollars) suffiraient à éradiquer la faim dans le monde. Il y a 925 millions de mal nourris dans le monde. Ca fait 24 euros par personne pour que tous puissent manger à sa faim. Cette somme, la FAO ne parviendra jamais à la lever. Il n’y a pas d’argent pour “l’accessoire” en temps de crise. ”L’accessoire”, c’est un sixième de l’humanité. 24 euros, c’est le prix d’une vie dans le Sud.

Au Nord, on se dit que la misère est moins pénible au soleil, mais on n’a pas 24 euros. Au Nord, on se cotise pour qu’une poignée empoche encore ses dividendes grasses au soleil, et on trouve plusieurs centaines milliards d’euros en quelques heures.

Le pire, c’est qu’au Nord, on ne sent même pas merdeux. Au Nord, on est pragmatique. On est dans les doctrines du réel. Au Nord, on se dit qu’il vaut mieux ne rien changer.

Au Mouvement des Jeunes Socialistes, nous militons pour des changements structuraux profonds. Nous militons pour modifier complètement les clés de répartitions des richesses entre le capital et le travail, entre le Nord et le Sud. Nous voulons qu’un système strict de régulations des marchés et des acteurs économiques soit mis en place. Nous ne nous satisferons jamais de laisser une minorité s’enrichir sur le dos des autres. C’est pour cela que nous sommes socialistes. Et c’est pour cela que nous construisons un avenir à gauche !

08.10
2008
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Comme jadis la tête du bon roi Louis, le chiffre vient de tomber : 41 300 chômeurs de plus pour le seul mois d’août 2008. Le pire mois depuis 15 ans peut-on lire ici et là. C’est ce qui s’appelle aller chercher le plein emploi avec les dents. Pendant que d’aucuns font mine de s’étonner voici, parmi tant d’autres, l’histoire d’un mec…

Ce mec c’est René, il est mécanicien spécialisé dans les galipeurs, un métier délicat – ce qui est rare – et mal payé – ce qui est déjà nettement plus courant. Un beau jour, ses patrons prennent leur courage à deux mains et décident de licencier plus pour gagner plus. Du jour au lendemain, René se retrouve à la rue, son job effectué en heures supplémentaires défiscalisées par ses anciens collègues.

Le lundi matin, tout en sifflotant « merci patron », René arrive à l’ANPE. Il s’entretient longuement avec son conseiller mais, malheureusement, tous les galipeurs du pays sont correctement entretenus et aucun emploi dans la maintenance/réparation du galipeur n’est disponible. René est un peu triste, mais après tout la semaine ne fait que commencer…

Mardi matin, il n’y a toujours pas d’emploi disponible dans le galipeur. « Il y a beaucoup de concurrence dans votre secteur, s’inquiète son conseiller, un bac pro ça ne suffit plus vous savez. » Qu’à cela ne tienne ! Comme Neo, René libère son esprit dans l’après-midi et s’injecte une clé USB directement dans le crâne pour ingurgiter six semestres en quelques secondes. En début de soirée, René est bac + 3 !

Mercredi matin, il n’y a toujours pas d’emploi disponible non plus. Lui et son diplôme échangent un regard terne et plein de mélancolie. « Eureka ! lance un collègue de son conseiller, pourquoi ne pas vous reconvertir dans la maintenance de chneu? ». René fait un peu la gueule. Un chneu, ça n’est pas exactement un galipeur.  « Au fait c’est quoi un galipeur ? » demande son conseiller. « Bah, coupe son collègue, il n’y a pas d’emploi disponible non plus pour les chneus ». René peut juste espérer qu’il trouvera un emploi plus tôt, mais bon, faut pas non plus déconner, on est en France…

Jeudi matin, bizarrement, il n’y a toujours pas d’emploi. Pourtant, René y croyait à mort, il avait pris le regard du tueur en poussant la porte de l’agence, il se sentait comme Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 ! Mais à présent, le teint pâle et la gorge sèche, il se sent comme Nicolas Sarkozy le 6 mai 2008. Et comme entre-temps le gouvernement a entrepris la chasse aux chômeurs, René doit absolument accepter une offre raisonnable d’emploi ! « Ben… y nous reste que du télémarketing. » Quoiqu’un peu déçu de la vie, notre ami mécano accepte. Il se dit qu’avec ce petit boulot provisoire il pourra peut-être acheter un peu de fromage râpé pour mettre dans les pâtes.

Vendredi matin, il n’y a tellement pas d’emploi qu’on a retiré le panneau des annonces. Subitement, René a un doute. Et dire que, toute la nuit durant, les conseillers ANPE se sont réunis en cercle et ont longuement fixé le sol en espérant y voir pousser un emploi par génération spontanée, mais rien n’y fait : Galipeur SA préfèrent épargner les bénéfices plutôt que de les investir dans de nouvelles machines. En creusant à la pelle au fond de son tiroir, son dévoué conseiller lui trouve un taf d’enquêteur pour l’institut de sondage Boniment(s), mais, écoeuré, notre héros jette l’éponge.

Vendredi soir, à la clôture, René est radié du chômage. Devant son ordinateur, Christine Lagarde exulte : plus que 41 299 à éliminer et c’est bon ! Dès le samedi midi, elle court devant les caméras de télévision expliquer pourquoi, en France, on a décidé de lutter contre le chômage sans chercher à créer d’emploi. Devant son poste, la fourchette pleine de pâtes à la main et la mâchoire décrochée, notre René hallucine. Dans la soirée, il tombe sur un tract à la sortie du métro.

Dimanche matin, sa décision est prise. René est maintenant socialiste. Comme quoi à quelque chose malheur est bon…

06.10
2008
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Nous pourrions presque être inquiets. Peut être faut il envisager de lancer une alerte enlèvement tant leurs disparitions furent rapides et brutales. Les pragmatiques ne donnent - presque - plus signe de vie.

Durant des années, ils nous ont rabattu les oreilles avec leur pragmatisme bon-teint, expliqué que la mondialisation conduisait évidemment à accepter les réalités du marché ultra-libéral et que l’on ne pouvait plus rien changer, sinon d’espérer plus de moralité et les jours de beau temps, un peu de réglementation. Alors la sociale-pragmatie nous prenait de haut et ne voyait en nous qu’une bande d’adolescents attardés empêtrés dans le rêve romantique de la répartition des richesses. Les tenants de ce courant au tropisme centriste sortaient des argumentations vachement balaizes commençant souvent par “tout le monde sait bien que”… et suivi par des concepts qui auraient parfois pu sortir des brêves de comptoir. 

Face aux dérives des systèmes financiers, la famille socialiste aurait du oeuvrer à instaurer plus de moralité et si possible quelques réglementations de plus. Avec ça, c’est sûr que tout irait bien. Si vous vivez dans une maison vermoulue, contentez vous de repeindre les murs et tout ira bien …..

Mais s’ils continuaient à parler économie juste avant l’explosion de la crise financière, nous sommes depuis lors sans la moindre nouvelle d’eux. Pas un bruit, pas la moindre analyse même si certains se seraient mis à faire du stand-up en guise de ripolinage méthodologique.

Le pragmatisme se serait-il fait dégonfler les chevilles ?

Cette philosophie qui veut que les idées soient confrontées aux réalités économiques a dû les conduire à l’amer constat de leur sortie de piste idéologique. Et si les tenants d’une ligne de gauche plus incisive envers les marchés avaient eu raison ? Et si ceux qu’ils qualifiaient volontiers d’archaïques voire même de paléo-bolcheviques (en resterait-il réellement certain de cela ) seraient peut-être plus en phase avec la réalité, et, évidement, a des lieux des doctrines génocidaires du passé.

Même le Président de la République, pourtant touché très tôt par le Giscard’estaintesprist et la grâce libérale a du convenir, tant bien que mal, de la nécessité de réforme profonde du système. Evidemment, il n’en fera rien, comme toujours. Il est incapable de changer quoi que ce soit, à commencer par lui-même.

Alors maintenant, que faire ? Quelles ambitions devons nous avoir pour la refondation des systèmes financiers ? Nous reviendrons bientôt en détails sur nos propositions basées sur un profond rééquilibrage du rapport capital/travail ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

02.10
2008
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Quand tout va mal, rien de mieux que de se faire un bon ciné, histoire de se changer la tête. Alors, on va voir un nanard hollyhoodien, la lumière est belle, le cadrage impécable, on s’y croit, on y est et d’un coup, ça vient, ça monte, on a envie de péter la gueule à tout le monde. Moment dramatique, on croit que tout est fini mais le héros, très beau, sauve le monde en 24 heures, la mèche impécable, le sourire blanc étincellant et finit par faire tomber dans ses bras la très blonde second rôle, parfois chanteuse aphone et leur amour s’affiche en grand format devant un drapeau flottant aux quatre vents. 

Nous, en France, aimons bien nous dire que l’on peut faire pareil. Navarro fait crisser les pneus de sa CX palace et une sorte de police scientifique tente poussivement de faire illusion. En ce moment, programmé sur toutes les chaînes de télévision depuis un an et demi, un super héros monté sur talonnettes fait la pluie et le beau temps. 

Des années de premier flic de France lui ont permis de s’exprimer avec un vocabulaire très limité et une grammaire bancale, d’aimer jouer les gros bras pour masquer son absence de maîtrise de quoi que ce soit. Il se rêve super héros hollywoodien mais ce blaireau neuilléen ne peut faire mieux que détourner l’attention à l’aide de subterfuges grossiers.

La voix tremblante, le drapeau deplié, il vient d’annoncer que la France a peur, que des immondes banquiers sans scrupules ont fauté par immoralité, que l’argent ne peut plus être roi et que tant qu’il sera notre protecteur, pas un seul français ne perdra le moindre euro. On est soulagé. Notre sauveur est là. Alléluia. 

Evidement, il évite de dire que c’est la politique qu’il a toujours défendue qui est a l’origine de tout cela. Chantre du laisser-faire dicté au marché, il a même invité les actionnaires à s’enrichir, à se décomplexer, à faire prospérer encore plus leurs pécules. Il a vanté les mérites d’un système enfin libre, complètement dérégulé. Il s’est auto-proclamé “Sarko l’américain” et a entamé des réformes structurelles pour doter la France d’un système économique aussi libérale que celui outre-atlantique.

Il disait avoir changé. Il a menti. Son échec est complet. Le paquet fiscal, cadeau de 15 milliards aux plus riches, devait stimuler l’investissement. Ce ne fut pas le cas et les caisses ont été vidées. La privatisation de GDF devait faire baisser le coût de l’énergie. Les prix ne cessent de flamber.  Le chômage repart en hausse alors même que les chiffres sont largement faussés à la baisse. Il nous avait dit que bloquer les salaires allait contenir l’inflation et qu’il irait chercher le 3ème point de croissance avec les dents. La croissance sera presque nulle cette année et l’inflation record. Le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi faible.

Le système libéral est à bout de souffle et le Président de la République ne contrôle rien. Il ne fait plus illusion. Son naufrage est pathétique.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a toujours travaillé à la construction d’un projet de société plus juste basée sur une meilleure répartition des richesses et sur un net rééquilibrage du rapport capital/travail. Plus que jamais, il nous revient de poursuivre notre travail de fond et de propositions pour participer à concrétiser, dès 2012, ce rêve socialiste.

22.09
2008
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Non sans déconner, augmenter les salaires c’est vachement mal.

Blague à part, il est peut-être temps de prendre conscience de l’impact de cette façon de penser sur la santé économique du pays. Même si, s’agissant d’économie en France, le mot santé est peut-être un peu fort.

Le ciel est gris, le vent est froid, on a ressorti Roselyne Bachelot : c’est la rentrée. Le prof de la classe, qui est aussi Président de la République, a décidé cette année de réconcilier Monsieur Travail et Monsieur Capital. Ils se sont pris la main et ont fait une ronde, ou quelque chose de ce style, puis il a décidé de lancer le RSA ou Revenu de Solidarité Active (on se demande d’ailleurs pourquoi solidarité active, autant appeler les dividendes Revenus d’Individualisme Passif). Bref comme tous les ans, l’Etat distribue quelques miettes aux nécessiteux, par pure charité chrétienne semble-t-il (mais charité ne vaut pas solidarité), vu que, comme chacun sait, augmenter les salaires c’est mal.

Mais pourquoi au fait ? L’interrogation pourrait sembler saugrenue, tant on a pris l’habitude en France d’avaler sa bouillie d’idéologie libéral-économique dès le saut du lit et sans poser de question. Pourtant réfléchir ça peut servir, même si Nicolas Sarkozy nous avait appris à nous en passer en ayant la politesse de donner l’exemple. Sans rentrer dans les détails, il est utile de mentionner les principaux arguments.

D’abord le risque d’inflation (j’augmente les salaires, les prix augmentent, comme les prix augmentent j’augmente les salaires, etc.), ensuite le découragement des investisseurs français et étrangers donc la fuite des capitaux (c’est vrai que donner de l’argent à des gens juste pour qu’ils travaillent c’est un peu du vol quelque part…), enfin la perte de compétitivité économique qui en résulte à l’heure de la mondialisation comme on dit (sans jamais nous préciser laquelle). « Et en plus ça sert à rien ! » précise en levant l’index le grand économiste de la télévision (qui est de droite, comme tous les grands économistes de la télévision), signifiant par là que l’augmentation des salaires n’implique pas mécaniquement une relance de l’économie.

Objectivement tous ces arguments méritent d’être pris en compte et, généralement, ils le sont. Mais là n’est pas le sujet. Très franchement, à part à la gauche de Besancenot (c’est un peu notre phare lui, quand on le voit arriver on sait que les récifs ne sont pas loin), personne n’ira aujourd’hui défendre l’idée qu’une augmentation des salaires va, à elle seule, redresser l’économie. Mais pour la peine, puisque faire croître l’activité revient à faire croître la consommation, on va rappeler deux choses très simples.

La première, accrochez-vous : pour que ça se vende, il faut que les gens achètent.

Et la seconde, qui est encore pire : pour que les gens achètent, il faut qu’ils aient de l’argent. (Mais jusqu’où ira-t-il !)

Il est donc urgent d’affirmer haut et fort que si on augmente pas les salaires, devinez quoi : il ne va rien se passer. Non ! les petits garçons ne naissent pas dans les choux et l’argent ne pousse pas sur les arbres. Non ! jamais ne viendra sur terre une armée d’investisseurs martiens qui viendront acheter nos Airbus, nos Peugeots, nos Danones et nos Princes de Lu. Pas même pour le goûter ! Mépriser le marché intérieur au profit des échanges extérieurs n’a, pour l’instant, pas donné grand chose.

Si augmenter les salaires ne suffit pas, ne pas le faire condamne tout espoir de relance. Au-delà des enjeux de justice sociale, c’est du suicide économique. Monsieur Budget lui-même ne semble pas avoir compris que les gens ne peuvent pas consommer des biens ou des services avec de l’argent qu’ils n’ont pas. C’est du niveau CM2 ambiance bac à sable. Faites quand même passer le mot, y compris dans la famille socialiste certains l’ont oublié.

Alors plutôt - par charité, parce que les mangeurs de caviar bedonnant culpabilisent de pas profiter plus souvent de leur résidence secondaire pendant que leurs concitoyens crèvent de froid dans la rue - que de laisser mettre en place des compléments de salaires plus inefficaces et hypocrites les uns que les autres (à noter que toucher le RSA au SMIC à mi-temps maintient sous le seuil de pauvreté), peut-être que la gauche pourrait sortir de sa léthargie cérébrale, poser sa tasse de thé, baisser le petit doigt et lever le poing pour enfin défendre ceux qui sont sa raison d’être.

Sait-on jamais…