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Archive pour la rubrique 'Europe'
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Le séminaire national sur l’extrême-droite qui s’est déroulé les 8 et 9 mai derniers à Vienne a été l’occasion de réunir les jeunes socialistes et de faire notamment le point sur les différentes situations en Europe et de réfléchir tous ensemble à la montée de ce phénomène. Le MJS a ainsi échangé sur ce sujet aux côtés de jeunes socialistes autrichiens, belges, allemands et tchèques. Cette problématique est toujours d’actualité, comme nous avons pu le répéter à plusieurs reprises récemment (manifestation contre l’extrême-droite, réaction suite au kiss-in, présence à la gay pride). Le compte-rendu suivant n’a pas vocation à être exhaustif sur la question, mais nous apporter un éclairage sur la situation en Europe.
Dans la plupart des pays invités, la présence de l’extrême-droite est relativement importante sur le plan politique, comme les partis belges flamants indépendentiste (Vlaams Belang et N-VA) qui nous a été présenté comme indépendantiste, xénophobe qui est régulièrement accusé de racisme. Les indépendentistes qui ont obtenus aux dernières élections 45% des voies dans la Belgique Flamande. Mais également par la présence de groupuscules d’extrême-droite qui procèdent régulièrement à de grande manifestations comme les groupes ouvertement néo-nazis en Allemagne ou encore l’entretien d’un milieu “culturel” nationaliste en république tchèque. On a pu voir que toutes les délégations des jeunes socialistes connaissent sous une forme ou sous une autre un certain renouveau de théories nauséabondes diffusées par ses différents groupes et partis. Ceux-ci commencent parfois à se coordonner au niveau européen avec l’idée de la défense de “l’ère culturelle européenne” face notamment au prétendu “danger” de l’immigration, un nationalisme européen défendu par exemple par le groupe les Identitaires en France. La xénophobie est ainsi un thème partagé par tous les groupes d’extrême-droite avec des campagnes sur les minarets en Autriche, en Suisse, en Allemagne, aux pays bas, en Belgique et en France. Une autre caractéristique d’un certain nombre de ces groupuscules est l’investissement de thématiques et symboles de gauche semblables à ce que fait par exemple « Egalité et réconciliation » en France.
L’ensemble des organisations en a conclu que le combat contre l’extrême-droite était double : un combat « physique », en bloquant les manifestations nationalistes comme le font par exemple les Jusos allemands. Mais un combat également idéologique, en propageant une vraie contre-culture Antifasciste comme le font les SJÖ autrichiens, ou en faisant comprendre l’intérêt du multi-culturalisme comme le font les jeunes sociaux-démocrates tchèque. La portée de ce combat est très restreinte et sur le court terme, s’il ne s’accompagne pas d’un véritable combat politique fort de propositions pour réformer la société, notamment sur des thèmes comme le chômage, l’égalité homme-femme, la précarité, ou encore un travail sur les banlieues en France.
Olivier M.
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Du 7 au 18 décembre dernier a eu lieu la conférence de Copenhague, sous l’égide de l’ONU. On appelait aussi cette conférence COP 15, (de “conférence of parties”, la quinzième depuis la conférence de Berlin en 1995). Pour comprendre son échec, il convient d’en analyser le contexte.
Le traité qui devait être signé à Copenhague et dont on parlait depuis si longtemps devait remplacer le Protocole de Kyoto en 2013. Ce dernier prévoyait une réduction mondiale des émissions de dioxyde de carbone et de six autres gazs à effet de serre, de l’ordre de 5,2%. Les deux sources principales de la pollution sont les automobiles et les industries. Il a fallu attendre néanmoins 2008 et la création des bourses du carbone en Europe notamment celle de Londres pour voir émerger une vraie politique en la matière (nous ne sommes néanmoins qu’au début de la mise en place des crédits-carbone). A vrai dire, pour l’instant, mis à part sensibilisation croissante sur cette question, il n’y a pas eu de baisse concrète du dioxyde de carbone (ce d’autant que la Chine a rouvert ses centrales au charbon).
Quels étaient les objectifs principaux de la conférence de Copenhague ?
Il était prévu que le nouveau protocole traite de séquestration dans le sol du carbone (sujet polémique!), les biocarburants, de recherche scientifique appliquée pour produire de l’énergie, d’agriculture durable/soutenable, des forêts tropicales et des voitures électriques. En clair, il fallait traiter des moyens que la communauté internationale est prête déployer pour moins polluer et mieux produire. Les Etats-Unis, comme la plupart des pays riches et industriels, rechignent à faire des efforts pour préserver leur souveraineté, quoique le débat fasse rage dans les opinions publiques. Les pays des suds sont également dans l’hésitation entre faire des avancées et opter pour le quasi statu-quo (Brésil, Russie, Inde, Chine pays dits « BRIC »). L’union européenne aurait-elle pu convaincre ces partenaires récalcitrants?
La position ambiguë de l’Union Européenne et les mesures à proposer
Depuis quelques années, les pouvoirs publics ont commencé à prendre conscience de la nécessité de mener des politiques de développement durable contre le réchauffement climatique. Or cela impliquerait, hormis le courage politique des belles déclarations, l’implication y compris financière des Etats membres.
L’accord bancal de Pozna’n, signé en décembre 2008, sous la présidence européenne de N.Sarkozy, accorde un « droit à polluer », en permettant aux entreprises polluantes d’acheter des quotas à celles qui polluent moins. Ce n’est pas suffisant.
La mise en place d’une politique européenne impliquerait :
- Un prix du carbone réellement prohibitif, et progressif en fonction de la pollution émise par l’entreprise.
- Un cahier des charges strict au niveau européen.
- Un investissement massif dans la recherche et les énergies alternatives, financé par un impôt européen et mis en oeuvre par un pôle européen de l’énergie.
C’est donc dans ce contexte que la conférence internationale de Copenhague a échoué. Sans doute peut-on expliquer l’immobilisme mondial actuel par l’absence de leader mondial reconnu en matière d’environnement. Force est de constater qu’en l’absence de politique coordonnée au niveau de l’union européenne, celle ci n’a pu jouer ce rôle. La mise en place d’une politique mondiale de réduction des émissions de gaz à effet de serre implique ainsi que l’UE progresse de son coté, et plutôt que de céder au sirènes du pessimisme, il convient de la mettre en oeuvre.
Pierre-Marie C.
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Comme après chaque élection, chacun – médias mais aussi membres des autres partis et parfois du parti socialiste lui même – chacun y va de son petit commentaire assassin. Les socialistes sont sanctionnés car ils n’ont pas parlé d’Europe. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils sont trop divisés. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils n’ont pas rénové leurs idées…etc.
Pourtant, plutôt que de se laisser prendre au pessimisme que certains aiment attiser pour on ne sait quelles raisons, il convient de ramener notre score au contexte particulier des européennes.
- D’une part, ce sont des élections marquées depuis toujours par une forte abstention. Elle a encore augmenté cette année pour atteindre près de 60% ; la principale perdante de ce scrutin est donc l’Europe, qui paraît encore plus loin des citoyens.
- D’autre part, c’est un scrutin qui a toujours favorisé les listes vertes qui avaient notamment réalisé près de 10% en 1999. Il est vrai que cette année, la performance d’Europe écologie est impressionnante.
- Enfin, les électeurs restent indécis jusqu’au dernier moment, et l’issue du scrutin se détermine dans les derniers jours. Cette rapidité va de pair avec la faible exposition des programmes pour l’Europe, ce qui explique notamment que le manifesto ait si peu pesé, alors qu’Europe écologie ne semble pas avoir tant mis en avant son programme, qui ressemblait parfois d’assez près au notre (notamment sur la création des 10 millions d’emplois verts). Les scores de l’UMP et d’Europe écologie sont plus basés sur les logos et les slogans que sur une véritable réflexion européenne.
Deux points positifs doivent être mis en évidence pour le PS. D’abord, l’affaiblissement du Modem signifie la renaissance du clivage gauche – droite dans le pays. A l’issue du premier tour de la présidentielle en 2007, le centre pesait 20% des suffrages, laissant penser qu’un tripartisme pourrait émerger en France. Cette perspective est de plus en plus lointaine, et le parti socialiste peut désormais clairement se situer à gauche, sans risque de perdre des électeurs. Ensuite, quand on analyse les résultats de manière plus locale, on s’aperçoit que le PS réalise de bons scores dans les banlieues, notamment à Vaulx en Velin, ou Vénissieux, communes communistes, où il se place en tête des suffrage, signe que la reconquête de l’électorat populaire est en marche et doit être continuée. Au MJS, nous continuerons donc à tracter sur les marchés de Vénissieux, de Vaulx-en-Velin et autres communes de banlieue.
Il nous faut donc continuer dans la dynamique qui a été mise en oeuvre dans cette campagne et plus que d’un changement, c’est d’un approfondissement dont nous avons besoin. Si nous n’avons réalisé que 16,48% des suffrages, c’est qu’il souffre de plaies beaucoup plus vieilles que la campagne.
Première plaie, l’incapacité à se positionner de manière claire et unie sur les institutions de l’Europe est l’une des causes principales de notre échec. Le PS s’est par deux fois placé contre la majorité du pays en prenant position pour le traité constitutionnel européen et pour le traité de Lisbonnes. Ce n’est pas tant la position en elle même que l’incapacité à affronter la question sans langue de bois qui a causé la désaffection des électeurs ; il a manqué sur ce point à beaucoup de leaders et de têtes de liste la volonté de convaincre et le courage politique qui avait fait autrefois nos victoires. On peut remarquer que sur la Turquie, le problème est exactement le même, le PS préférant repousser le débat plutôt que d’affirmer que la Turquie, si elle remplit les conditions exigées par l’UE, a le droit d’en faire partie.
Seconde plaie, les divisions. Combien de sympathisants ont refusé de mettre un bulletin socialiste dans l’urne en raison des divisions du congrès de Reims et de la lutte entre Martine Aubry et Ségolène Royal? Ces luttes internes, exacerbées par les médias, ont conduit à brouiller notre message. Au soir du scrutin, certains n’avaient visiblement pas tiré les leçons du congrès de Reims et voulaient continuer sur ce créneau là.
Ces deux plaies expliquent donc les erreurs commises au cours de la campagne. D’une part, malgré le manifesto, nos leaders n’ont que peu mis en avant des propositions phares comme le SMIC européen, ou le plan de relance de 1000 milliards d’euros. Dés lors, plutôt que de parler d’Europe, nous avons voulu faire du scrutin un vote sanction contre Nicolas Sarkozy. Enfin, plutôt que d’inviter les gens à croire dans le socialisme, il fallait inviter les gens à voter « efficace ».
On retiendra donc de ce scrutin qu’il faut continuer notre combat qui a été mené autour de trois axes :
- La reconquête de l’électorat populaire par la réaffirmation de l’idéal socialiste.
- La reconstruction d’une alternative à gauche, vraiment à gauche, dont les écologistes doivent faire pleinement partie.
- La réflexion sur le socialisme écologique.
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