Du 7 au 18 décembre dernier a eu lieu la conférence de Copenhague, sous l’égide de l’ONU. On appelait aussi cette conférence COP 15, (de “conférence of parties”, la quinzième depuis la conférence de Berlin en 1995). Pour comprendre son échec, il convient d’en analyser le contexte.
Le traité qui devait être signé à Copenhague et dont on parlait depuis si longtemps devait remplacer le Protocole de Kyoto en 2013. Ce dernier prévoyait une réduction mondiale des émissions de dioxyde de carbone et de six autres gazs à effet de serre, de l’ordre de 5,2%. Les deux sources principales de la pollution sont les automobiles et les industries. Il a fallu attendre néanmoins 2008 et la création des bourses du carbone en Europe notamment celle de Londres pour voir émerger une vraie politique en la matière (nous ne sommes néanmoins qu’au début de la mise en place des crédits-carbone). A vrai dire, pour l’instant, mis à part sensibilisation croissante sur cette question, il n’y a pas eu de baisse concrète du dioxyde de carbone (ce d’autant que la Chine a rouvert ses centrales au charbon).
Quels étaient les objectifs principaux de la conférence de Copenhague ?
Il était prévu que le nouveau protocole traite de séquestration dans le sol du carbone (sujet polémique!), les biocarburants, de recherche scientifique appliquée pour produire de l’énergie, d’agriculture durable/soutenable, des forêts tropicales et des voitures électriques. En clair, il fallait traiter des moyens que la communauté internationale est prête déployer pour moins polluer et mieux produire. Les Etats-Unis, comme la plupart des pays riches et industriels, rechignent à faire des efforts pour préserver leur souveraineté, quoique le débat fasse rage dans les opinions publiques. Les pays des suds sont également dans l’hésitation entre faire des avancées et opter pour le quasi statu-quo (Brésil, Russie, Inde, Chine pays dits « BRIC »). L’union européenne aurait-elle pu convaincre ces partenaires récalcitrants?
La position ambiguë de l’Union Européenne et les mesures à proposer
Depuis quelques années, les pouvoirs publics ont commencé à prendre conscience de la nécessité de mener des politiques de développement durable contre le réchauffement climatique. Or cela impliquerait, hormis le courage politique des belles déclarations, l’implication y compris financière des Etats membres.
L’accord bancal de Pozna’n, signé en décembre 2008, sous la présidence européenne de N.Sarkozy, accorde un « droit à polluer », en permettant aux entreprises polluantes d’acheter des quotas à celles qui polluent moins. Ce n’est pas suffisant.
La mise en place d’une politique européenne impliquerait :
- Un prix du carbone réellement prohibitif, et progressif en fonction de la pollution émise par l’entreprise.
- Un cahier des charges strict au niveau européen.
- Un investissement massif dans la recherche et les énergies alternatives, financé par un impôt européen et mis en oeuvre par un pôle européen de l’énergie.
C’est donc dans ce contexte que la conférence internationale de Copenhague a échoué. Sans doute peut-on expliquer l’immobilisme mondial actuel par l’absence de leader mondial reconnu en matière d’environnement. Force est de constater qu’en l’absence de politique coordonnée au niveau de l’union européenne, celle ci n’a pu jouer ce rôle. La mise en place d’une politique mondiale de réduction des émissions de gaz à effet de serre implique ainsi que l’UE progresse de son coté, et plutôt que de céder au sirènes du pessimisme, il convient de la mettre en oeuvre.
Pierre-Marie C.