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Archive pour la rubrique 'Humeurs'
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Depuis une décennie aujourd’hui, les juges d’instructions sont les victimes de la nouvelle idéologie de la justice française, celle du chiffre. La suppression de ces juges marque la victoire de Nicolas Sarkozy sur l’indépendance même de la justice.
La justice est aujourd’hui au service de la politique sécuritaire de l’Etat. On voit comparaitre dans les tribunaux, de plus en plus de petits délinquants, jugeant à la va vite pour désengorger l’appareil judiciaire. Les faits sont limpides. Le 5 février dernier, la garde des Sceaux déclara sans que personne ne le remarque : « L’indépendance de la justice n’est pas un dogme, elle se mérite ». Cette déclaration ne serait rien si une loi n’avait pas était votée le 9 mars 2004 plaçant les procureurs sous l’autorité hiérarchique du ministère de la justice. La justice est aujourd’hui, une justice d’Etat. Montesquieu doit se retourner dans sa tombe.
Depuis 2000, il suffit au procureur de n’avoir que l’aveu du dit « coupable », soit du suspect pour faire des comparutions immédiates ou le juge donne en instantané une peine. Ce sont les CRPC, Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Efficace au niveau du chiffre, une honte pour la vérité. C’est une justice à la chaîne. Les policiers amènent un suspect, la justice donne son verdict. Pas de procès, pas d’avocat pouvant réellement dire quelque chose. Un petit gout de dictature flotte dans l’air….
Et clou du spectacle de la destruction de la justice, à l’image de la caricaturale affaire Tapis, les affaires fiscales, environnementales ou politiques sont en chute libre. On ne juge plus que la petite délinquance, on ne juge plus que la délinquance qui se voit.
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A l’heure où l’on tire le bilan de deux années de présidence Sarkozy, il faut aussi se rappeler que dans trois années nous devons reprendre le pouvoir. En démocratie, toute victoire ne peut être que populaire. Depuis 1789, et dans toutes les démocraties, le principe est celui du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Dans la pratique du pouvoir, on peut néanmoins opposer deux tendances ; pour faire original, une vision de droite et une vision de gauche.
L’ascension de N. Sarkozy illustre la conquête d’un soutien populaire qui a contribué à ramener une droite dure dans le jeu électoral. Tout commence par le changement de signification du sigle UMP, de l’Union pour une majorité présidentielle, c’est à dire le parti du président de l’époque soutenu par ses amis parlementaire, à l’Union pour un mouvement populaire. Mouvement et peuple ne sont pourtant pas des mots appartenant au patrimoine de la droite. Il demeure que c’est sur cette base de que Nicolas Sarkozy a adopté des propositions qualifiées « populaires » alors qu’à gauche nous étions accusés, et nous sommes toujours qualifiés, d’élitistes ou à tout le moins d’être déconnecté.
La gauche est accusée d’avoir perdu le peuple, des sondages paraissant tous les mois pour étayer cette affirmation. Pourtant, il y a une grande différence entre ce que la droite qualifie de peuple et la vision qu’en a la gauche. Le peuple, pour la droite, c’est cette masse de gens réputés tous penser la même chose, et qui justifie une politique basée sur l’opinion, et la référence à cet individu moyen, type joe le plombier, pour rabaisser immédiatement le niveau du débat. Le sondage est alors utilisé comme un instrument de formatage.
Quand au mot mouvement, il s’agissait d’opposer la dynamique des gouvernants de droite au soit disant immobilisme de la gauche et du PS. Cette vision remonte aux origines de la politique française, puisque la droite royaliste percevait les membres d’une société comme des sujets pour lesquels le Roi devait gouverner.
Pour vaincre à gauche, il est nécessaire par conséquent de réaffirmer notre vision du peuple et du pouvoir face à celle de la droite. Offrir une alternative à gauche implique de proposer un projet de société élaboré grâce à des méthodes radicalement différentes.
Premièrement, la gauche ne considère pas le peuple comme une masse indivise se soumettant à la loi de l’opinion. Le peuple est un ensemble de citoyens faisant chacun valoir leurs convictions propres en fonction de leur parcours, de leur profession et agissant en fonction des opportunités qui s’offrent à eux.
L’engagement associatif, syndical ou politique constitue ainsi un moteur fondamental de l’émergence du peuple comme acteur de la société. Il n’y a ainsi pas de vraie démocratie sans appropriation par le peuple des enjeux politiques, économiques et sociaux. L’un des points clefs de la bataille des idées sans laquelle aucune victoire n’est possible consiste donc à imposer cette vision active, citoyenne et militante du peuple.
Deuxièmement, le mouvement à gauche s’assimile au mouvement social, c’est à dire la convergence des différents acteurs de la société dans l’aspiration au progrès. Il n’y a donc pas de conquête du pouvoir à gauche sans mouvement social.
En ces temps de crise, c’est par l’organisation du mouvement social que doivent se construire les victoires de demain, que ce soit pour la fin de l’année mais aussi et surtout à la rentrée scolaire. Le modèle, c’est celui des mobilisations de la gauche dans les années 30 : le modèle de demain doit émerger des luttes menées aujourd’hui, comme le front populaire en son temps, pour qu’on parle à l’avenir de 2012 comme on parle aujourd’hui de 1936
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Le commerce équitable est une façon de donner bonne conscience aux occidentaux et de légitimer le système libéral actuel. Expliquons-nous.
Le commerce équitable est une forme de commerce alternatif achetant des produits a des producteurs du sud pour les revendre au Nord mais a un prix décent. Là-dessus, on ne peut pas blâmer l’entreprise. Cependant, comme on le sait, ce qui cause en grande partie la pauvreté des agriculteurs et paysans des pays du Sud est la libéralisation du commerce et le fait que l’on vende des produits sur subventionnés sur les marchés locaux africains et asiatique en dessous des prix proposés par les producteurs locaux.
Le commerce équitable joue ainsi le jeu de la droite libéral-conservatrice, cherchant à ouvrir les marchés des autres pays pour garder les privilèges des pays occidentaux. En effet, le commerce équitable ne peut pas continuer sur un modèle qui n’est pas libéral car c’est de l’exportation pure et dure. Il légitime donc les bas couts des pays du Nord et leurs politiques de protectionnisme libéral, produisant, et c’est un comble, des produits à bas couts chez eux, souvent mauvais pour la santé - pesticides, rendements excessifs… appauvrissent les produits - et les revendant au Sud, tout en empêchant les paysans et agriculteurs étrangers de vendre moins cher chez les premiers. C’est l’habituel double discours de la droite libéral-conservatrice.
Donc, logiquement, acheter au Sud des produits parce que les producteurs ne peuvent pas les vendre chez eux, pour ensuite les vendre plus cher au Nord, tout en exportant chez ces producteurs des produits du Nord moins cher que ceux qu’ils nous vendent est une bêtise sans nom. Il serait bien plus intéressant de faire se développer les pays du Sud pour qu’ils atteignent l’autosuffisance plutôt que de les aliénés à nos stocks et productions de céréales, aussi bien du point de vue environnemental ; stopper les transports inutiles ; social ; augmenter le niveau de vie des producteurs du Sud pour qu’ils vivent d’eux même et qu’ils ne meurent plus de faim ; économique ; pour développer les productions, les infrastructures… ; et enfin politique ; pour éviter les régimes internationaux comme l’est actuellement la « Françafrique ».
De plus, le commerce équitable ne conscientise en aucun cas les habitants de nos pays. Ces derniers pensant qu’en faisant ainsi ils changent le monde tandis qu’ils le cautionnent en définitive. C’est aussi un rempart au discours politique de la gauche, car si les gens pensent pouvoir changer le monde en restant dans ce système économique, ils trouveront nos arguments inutiles et pessimistes.
Le commerce équitable est transitoire et reste une fausse solution, il ne permettra en aucun cas de développer un système social et environnemental durable en continuant à accepter le modèle de société actuel.
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Dès la fin du mois d’Avril, dans la droite lignée du TCE, Hadopi repassera devant l’Assemblée Nationale en lieu à la place d’une loi contre l’inceste. A part Jack Lang qui n’est utile à l’opposition que lorsqu’il reste chez lui, nous savons que nous pourrons compter sur la Gauche pour protéger les droits des internautes. Néanmoins, ce passage en force constitue une preuve de plus concernant la vision démocratique du gouvernement pour qui le renforcement du parlementarisme revient à voter un texte autant de fois que nécessaire pour le faire adopter.
Hadopi adoptée peut être, mais respectée c’est mal parti, il suffit de tapper «contourner Hadopi» dans un moteur de recherche pour apprendre au dangereux délinquant mélomane et téléchargeur extrémiste, comment ne pas se faire chopper. Néanmoins, devant les caméras, dans quelques mois, on exhibera quand même pour la forme un père de famille qui téléchargeait un album de Madonna pour l’anniversaire de sa fille ou une adolescente qui n’avait pas pris ses précautions… Inutile puisque déjà obsolète technologiquement, cette loi sera aussi dangereuse car portant atteinte aux libertés individuelles : c’est la première pierre d’une législation permettant de surveiller tous les faits et gestes des internautes. Le rejet de l’opinion vis à vis de cette mesure nous conforte d’autant plus dans notre vision d’un système universel de license globale garantissant l’accès de chacun à la culture et une rémunération juste pour les artistes et préservant le réseau mondial comme espace de liberté. Espaces dont nous avons tous besoin, même les djeuns de l’UMP qui attirent le futur adhérent mineur avec des soirées alcolisées (voir l’article du Monde à ce sujet, mais qu’en pense Roseline?).
Télécharge Reconquérir et Reconstruire n°124
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Voici la seule réaction de notre président suite à la dernière journée de mobilisation.
C’est vrai, il y aurait pu avoir 2 millions de personnes dans les rues pour manifester contre la politique du gouvernement. Il pourrait y avoir une crise économique majeure dont les effets sociaux sont désastreux. Il pourrait y avoir plus de 500 licenciements dans une entreprise qui fait plus de 14 milliard des bénéfices. Il pourrait y avoir des quantités de stock options distribuées aux dirigeants d’une banque « aidée » par l’état. Il pourrait y avoir un responsable religieux qui remet en cause l’utilisation du préservatif. Ca aurait pu être pire… On pourrait avoir un président aveugle et sourd.
La seule préoccupation du gouvernement actuel est de passer cette période de crise sans encombre. Annonces à tout va sans mesures concrètes, méthode Coué vis à vis du plan de relance en cours, propagande idéologique en guise de communication…Tout est mis en œuvre pour conserver l’opinion publique dans le mensonge du « There is no alternative ». Elu sur le slogan « Ensemble tout devient possible », il semblerait que les promesses de campagne soient bien loin. Désormais, il semblerait que rien ne soit possible, après avoir distribué aux banques et aux entreprises, il n’y aurait plus rien pour les salariés. Pourtant, beaucoup de dirigeants se gavent de bonus en tout genre et les dividendes reversés atteignent des sommets sans que le gouvernement ne s’en émeuve. Le cynisme de la droite n’a donc pas de limite… A nous de construire l’alternative.
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