Au Sénat, la sociologie est moins complexe !
le 4 octobre 2008 à 09:37 par Thomas dans Actualités, Humeurs, Institutions|
Ce fut longtemps un sanatorium grand luxe, un mouroir mordoré qui sentait bon l’eucalyptus et le formol. Cette auguste institution a vécu une sorte de révolution feutrée, les sonotones ont sifflés, les pacemakers mis à l’épreuve. Le renouvellement d’une partie du sénat le 21 septembre dernier a été l’occasion d’une très large poussée de la gauche. Pour la première fois de l’histoire de la Vème république, le groupe UMP n’est plus majoritaire seul. Alors, que l’on se rassure chez les conservateurs, la haute assemblée est dans sa conception rivée à droite. Son corps électoral favorise très nettement les communes rurales largement inamovibles à droite. La gauche peut donc gagner coup sur coup les élections locales, municipales, contrôler 20 régions sur 22, le Sénat restera toujours à droite en constituant une vulgaire anomalie de le République. Sa sociologie y est risible. Près de 4% des 330 sénateurs ont moins de 51 ans quand 20% ont plus de 71 ans. L’âge moyen est de 62 ans et avec seulement 22% de femmes, le Sénat est tout de même plus paritaire que l’Assemblée Nationale! Cette assemblée, en parfait décalage avec la réalité du pays, a été l’arêne d’un combat politique de haut vol pour la présidence et pour la préparation du prochain renouvellement partiel en 2011. Presque. Bon, évidement, le suspens est celui d’un épisode de Derrick et Gérard Larcher, candidat de l’UMP a été élu, sans surprise. Il devient le second personnage de l’Etat en battant le socialiste Jean-Pierre Bel. Alors que le bruit court que la gauche pourrait remporter la présidence du Sénat en 2011, des tactitiens politiques de haut vol, par ailleurs rhodaniens et membres de cette vénérable amicale de retraités sur la fin, aurait déjà mis sur pied un plan machiavélique pour conquérir la tête du Sénat dès à présent. Ils ont pour cela appliqué la technique de l’expérimentation en s’appuyant sur les élections partielles au Conseil Général du Rhône. Attention les enfants, prenez vos cahiers, les barons auraient bien pu nous donner une leçon de politique. Imaginons que l’on abandonne quelques sièges socialistes au profit de candidats centristes en guise de bonne volonté. On créerait ainsi un élan de fusion socialio-centriste-mou-des-genoux sans précédant et l’on pourrait imaginer que nombre des radicaux, centristes, communistes, et tous les sénateurs sans étiquettes mais apparentés à l’un se ces groupes s’allient pour soutenir un candidat commun au plateau. Si l’on compte bien : 21 sénateurs pour le groupe Communistes et Verts, 13 des 27 Centristes, 11 pour les Radicaux, 82 pour les Socialistes, on obtient 127 sénateurs pour le rassemblement des vrais-faux centristes. Sachant, que le groupe UMP est composé de 122 membres plus 8 rattachés ou apparentés, et que 6 sénateurs sont absolument sans étiquette, il est possible qu’à une voix près, le candidat socialiste soit élu. Cela vous parait foireux ? Et bien ça l’est, et les auteurs de ce type de stratégie ont bien évidement eu la décence de ne pas la proposer aux sénateurs quant ils n’ont eu aucun remord pour l’imposer aux militants socialistes locaux, renforçant ainsi le groupe Centriste au département. Même jaune, on en rit encore et il me semble que nombreux sont ceux qui n’oublieront pas cet épisode pathétique. En tout cas, il n’est pas impossible que de tels assemblages improbables voient le jour si par hasard la gauche confirmait sa poussée en 2011. Nous en reparlerons d’ici là. Et vous? Que pensez-vous des accords avec les partis centristes ? |











