Archive pour la rubrique 'Justice'

11.11
2009
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Fidèle à sa stratégie d’exploitation des faits médiatiques, Brice Horetefeux a profité de manifestations violentes survenues récemment à Poitiers pour faire ressusciter le fichier EDVIGE qui avait pourtant été retiré l’année dernière suite à la mobilisation de l’opinion publique.

Hasard du calendrier sans doute, le ministre de l’intérieur a choisi le jour de Sainte Edwige pour signer deux décrets mettant en place deux nouveaux fichiers : le premier cible les bandes, les hooligans et les groupuscules et l’autre contiendra des données sur les personnes postulant à un emploi dit «sensible». Ces nouvelles « bases de données » constituent une atteinte intolérable aux libertés publiques puisqu’on y retrouve l’essentiel des raisons qui nous ont poussées à nous mobiliser lors de la création du fichier EDVIGE.

Tout d’abord le fichage des enfants à partir de 13 est toujours prévu et se fera sur la base de simples « présomptions » d’atteinte à la sécurité publique. Ainsi, alors que les fichiers de renseignement doivent avoir en principe pour vocation première de préserver la sûreté de l’Etat en luttant notamment contre les diverses formes de terrorismes, il s’agit ici au contraire d’un moyen utilisé pour lutter contre la petite délinquance. Cette  volonté doit être replacée dans un contexte plus général de défiance vis-à-vis des jeunes. Aujourd’hui la jeunesse est clairement vue comme un danger par le gouvernement.

De plus, il est toujours prévu de récolter des données sensibles telles que les « activités publiques » ou les « motivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicales ». Par ailleurs, si la référence ethnique existant dans le cadre du fichier EDVIGE semble avoir disparu, elle réapparait en réalité de manière détournée dans la possibilité de mentionner l’origine géographique des individus.

Enfin sur la forme, on constate que la méthode employée par le gouvernement consistant à agir par décrets est symptomatique d’une méfiance à l’égard du débat démocratique. En effet, l’instauration de ces fichiers touchant aux libertés publiques aurait logiquement du être débattue par la représentation nationale. Mais le gouvernement a semble t-il peur du peuple…

Karima

27.05
2009
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Depuis une décennie aujourd’hui, les juges d’instructions sont les victimes de la nouvelle idéologie de la justice française, celle du chiffre. La suppression de ces juges marque la victoire de Nicolas Sarkozy sur l’indépendance même de la justice.

La justice est aujourd’hui au service de la politique sécuritaire de l’Etat. On voit comparaitre dans les tribunaux, de plus en plus de petits délinquants, jugeant à la va vite pour désengorger l’appareil judiciaire. Les faits sont limpides. Le 5 février dernier, la garde des Sceaux déclara sans que personne ne le remarque : « L’indépendance de la justice n’est pas un dogme, elle se mérite ». Cette déclaration ne serait rien si une loi n’avait pas était votée le 9 mars 2004 plaçant les procureurs sous l’autorité hiérarchique du ministère de la justice. La justice est aujourd’hui, une justice d’Etat. Montesquieu doit se retourner dans sa tombe.

Depuis 2000, il suffit au procureur de n’avoir que l’aveu du dit « coupable », soit du suspect pour faire des comparutions immédiates ou le juge donne en instantané une peine. Ce sont les CRPC, Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Efficace au niveau du chiffre, une honte pour la vérité. C’est une justice à la chaîne. Les policiers amènent un suspect, la justice donne son verdict. Pas de procès, pas d’avocat pouvant réellement dire quelque chose. Un petit gout de dictature flotte dans l’air….

Et clou du spectacle de la destruction de la justice, à l’image de la caricaturale affaire Tapis, les affaires fiscales, environnementales ou politiques sont en chute libre. On ne juge plus que la petite délinquance, on ne juge plus que la délinquance qui se voit.

06.11
2008
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Qu’on se le dise, l’art est en France une chose sérieuse et comme pour toutes choses sérieuses, il convient de ne pas faire n’importe quoi. C’est fort de ce concept puissant que des policiers en civil accompagnés de quelques portes-matraque en uniforme se sont rendu le 24 octobre dernier à la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) pour procéder au décorchage d’oeuvres d’Oleg Kulik et à l’arrestation de deux responsables de la galerie moscovite XL. Les oeuvres ont été jugées “pornographiques” et donc indésirables.

Ce photographe et plasticien russe explore la question de la zoophrénie, c’est à dire des rapports entre l’homme et l’animal. Son travail, souvent violent et quelque fois presque pornographique pose, entre autres, la question suivante : l’homme ne se comporterait-il pas exactement comme un animal ?

Cette question philosophique vient déstabiliser le fondement même de nos sociétés. Si nous, humains, nous permettons de nous considérer comme autres que des grands singes, dont nous sommes les descendants, c’est parce que estimons avoir développé une conscience de nous, des autres, des règles de vie en société, la maîtrise d’outils… qui nous différencient fondamentalement d’avec le reste du règne animal. Il y a nous et les autres. Très bien. Le travail d’Oleg Kulik mets le doigt où cela fait mal. Il montre la possibilité de liens entre nos comportements et mettant en scène des Hommes dans des comportements d’animaux et réciproquement.

L’insupportable action de la police et de la justice française pour mettre l’Art à la botte du politiquement correct du dogme présidentiel montre bien qu’Oleg Kulig a raison. Contrairement aux humains, les animaux sont incapables de second degrès. Les choses sont ou ne sont pas. Un aliment est comestible ou ne l’est pas. Un autre animal est hostile ou amical, mais il ne peut être quelque chose entre les deux ou les deux à la fois.

En ne voyant dans les oeuvres d’Oleg Kulik que violence, pornographie voire zoophilie, l’Etat Français ne s’est comporté qu’à peine comme un vulgaire caniche grand-mère, se contentant d’aboyer sans chercher à analyser et comprendre. Evidemment, “le lâché de salopes”, emblème de l’art officiel est plus facile à comprendre et ne demande qu’un faible temps de cerveau disponible.

Désormais, des oeuvres d’un plasticien controversé sont stockées dans le commissariat du VIIIe arrondissement de Paris dont dépend le Grand Palais. Le message est clair : le concept d’art dégénéré est de retour et les artistes peuvent craindre une saisie de leurs oeuvres non conformes. La France d’après a comme un goût de France d’avant.

21.11
2007
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Entendu depuis ce matin 8h30 au pôle financier de Paris par la juge Xavière Simeoni, Jacques Chirac s’est vu signifié sa mise en examen pour détournements de fonds publics. Bien que son nom ait été à maintes reprises associé à plusieurs affaires (frais de bouche de la Mairie de Paris, financement occulte du RPR, emplois fictifs, Clearstream…), il n’avait jusqu’à jamais été réellement inquiété par la justice, laissant le soin à ses “amis” politiques d’assumer les conséquences de ce qu’il convient d’appeler le système Chirac.

des pratiques du passé ???

Mais que pouvons nous attendre d’un tel procès ? On pourra légitiment se rassurer en constatant que personne, aussi puissant soit il, ne peut échapper à la justice et que chacun doit assumer ses responsabilités. Dans une époque où l’on brade la justice en réduisant ses moyens, il s’agit d’un signe fort. Mais pour autant, l’influence que Jacques Chirac pouvait avoir s’est considérablement réduite durant ses dernières années. C’est donc au procès d’un homme politique en bout de course auquel on va assister. Sommes nous sûrs que, si condamnation il y a, à l’issue du procès à venir, nous aurions définitivement tourné la page du clientélisme, de l’opacité des financements politiques, de la collusion entre les puissances d’argent et le pouvoir politique.

des méthodes dignes d’une république bananière

Au moment où Jacques Chirac est enfin mis en face de ses responsabilités, nous assistons à l’institutionnalisation de ces pratiques. Quand Jacques Chirac est suspecté de détournement de fond à son profit, Nicolas Sarkozy préfére augmenter son traitement de 172%, certes en toute légalité. Quand Jacques Chirac est suspecté d’avoir mis en place un système clientéliste pour l’attribution des marchés publiques de la Marie de Paris, Nicolas Sarkozy ne cache rien des profonds liens d’amitiés l’unissant avec les grandes familles contrôlant des empires de l’armement et des médias, évidement très largement dépendants des commandes de l’Etat. Encore une fois, tout cela dans la plus impeccable légalité.

l’exigence de transparence

L’aspect le plus dramatique de cette affaire est que l’on s’enfonce encore un peu plus dans la bananiérisation de notre République au moment même on l’on fait mine de dénoncer les méthodes du passé. La Fédération du Rhône du Mouvement des Jeunes Socialistes tient à renouveler son engagement pour une profonde reforme des institutions et des pratiques politiques. Nous rappelons aussi le besoin impératif de mettre un terme à l’intrusion des puissances d’argent dans la vie de la Cité et d’imposer la transparence totale dans la gestion des finances publiques.