Archive pour la rubrique 'Libertés'

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Il est révoltant qu’au 21ème siècle, on puisse encore constater que les mentalités ne changent pas toujours ou trop peu. Que penser par exemple des récents propos d’Eric Zemmour quand celui-di déclare : « On songe, effrayé, que nous avons tous été des foetus: après tout le foetus n’a pas de statut pénal en France, on peut le tuer tant qu’il n’est pas sorti du ventre de sa mère. Bref on se dit rétrospectivement qu’on l’a échappé belle: on a eu de la chance, beaucoup de chance ».

Ces propos qui sous-entendent que les femmes qui avortent seraient des meurtrières sont absolument choquants et scandaleux. Pour quelqu’un parfois présenté comme un intellectuel de gauche, on peut légitimement remettre en cause cette idée : car être de gauche, c’est porter des valeurs, et cette culpabilisation des femmes devant avorter n’en fait pas partie. Il est impératif que la femme puisse disposer librement de son corps et du droit d’enfanter ou non. Le droit à l’avortement est une liberté fondamentale pour la femme et va dans le sens du progrès. Ce qui n’est absolument pas contradictoire avec une véritable politique de prévention, bien au contraire. Mais cette politique ne peut être efficace qu’à condition que des moyens suffisants lui soient alloués. Ce qui n’est pas le cas de celle du gouvernement actuel, qui avait décidé il y a tout juste un an de diminuer de 42% le montant affecté au conseil conjugal et familial, ce qui aurait été à l’origine de la suppression d’un tiers des centres de planning familial, centres que l’on sait essentiels dans cette mission de prévention. Heureusement, celui-ci était revenu sur ces mesures, après que le Planning familial lance une pétition sur ce sujet.

Face à cela, on ne peut que soutenir la politique de prévention entreprise par la région Rhône-Alpes, qui a développé l’information et la santé des femmes et qui propose à présent un pass contraception, pass qui comprend un accès gratuit à une consultation médicale, des examens et la prescription d’un contraceptif. Les jeunes socialistes réaffirment aujourd’hui leur attachement au droit à l’avortement, droit que nous considérons comme essentiel dans notre combat pour une égalité entre hommes et femmes et pour les libertés individuelles.

Lucie B.

18.01
2010
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Le samedi 16 janvier dernier, à l’occasion des débats organisés par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, le maire de Marseille Jean Claude Gaudin a relayé à B. Hortefeux et N. Morano dans l’expression d’idées racistes. Il s’en est pris aux marseillais venus célébrer la qualification de l’équipe d’Algérie au mondial de football dans le centre ville sans brandir de drapeaux français… Répondant alors à une personne lui faisant part de son indignation, il répond : “Nos communautés nous les subissons, nous les respectons”.

Pour une génération qui a vécu le 21 avril 2002, avec l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, comme un choc immense, de tels propos font honte. De tels propos sont inacceptables car contraires aux valeurs fondamentales de la République ; ils révèlent une conception communautariste de la société.

Au-delà de ces déclarations, voici une preuve supplémentaire que ces débats sur l’identité nationale divisent les citoyens français, en les détournant des problèmes qu’ils devraient affronter collectivement : services publics, emploi, protection sociale. La privatisation de La Poste a été votée en catimini. Ce sont bientôt des milliers de chômeurs qui seront en fin de droits. Enfin, la réforme des retraites devrait être enclenchée dans les mois qui viennent et on nous promet déjà la fin de la retraite à 60 ans, alors que deux français sur trois y sont opposés. Pour justifier les atteintes au système de protection sociale français, nous connaissons déjà la tactique de la droite : diviser pour mieux régner, répendre désespoir et pessimisme dans l’opinion. Face à cela, nous n’avons pas le choix, nous devons rassembler pour mieux résister.

Benjamin A.

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Qu’arrive-t-il lorsque les hommes perdent leurs droits nationaux ? Ils n’ont plus ni ancrage ni droits. Ils se trouvent entre les Etats.

S’ils sont idéalement titulaires de droits comme le pose la  Convention internationale des Droits de l’Homme, en réalité ils sont partout sans droits.

Aujourd’hui, ce qui est vraiment scandaleux, outre l’injustice sociale et juridique  dont ils font l’objet, c’est que l’on compte le nombre d’immigrés dont on a besoin  pour venir travailler en France. Comme en témoigne l’abondante main-d’œuvre ouvrière africaine dans les usines et sur les chantiers, qui est considérée comme une marchandise puisque ce que vend l’ouvrier au patron est sa force de travail.

Peut-on, au moins, penser la libre circulation des hommes du monde ? Qui a le droit de s’approprier un espace et de dire que c’est chez lui ? Qui a le droit de poser une frontière comme un absolu identitaire et territorial ?

La venue d’un étranger est importante dans le pays où l’on vit. Pourquoi ? Parce que l’idée d’étranger montre que le rapport entre l’étranger et le sédentaire est essentiel en tant qu’il est la condition de possibilité d’une conscience du monde. Parce qu’à la fois il nous renvoie aux conditions de vie de notre pays, et en même temps, il est une ouverture sur le monde. C’est pourquoi il devient urgent d’établir une relation avec le monde, avec autrui, sinon on risque de s’aliéner dans son appartenance à son monde particulier, autrement dit à un territoire fermé par des frontières de plus en plus hermétiques.

Aucun souverain n’a apriori le droit de s’approprier un espace et de dire que c’est chez lui, encore moins de décréter que les autres doivent en être exclus. Il n’y a aucune séparation dans le monde qui soit première, originaire. Aucune frontière ne peut être posée comme un absolu car ma liberté a besoin d’autrui ; on n’est pas libre sans les autres. Or l’étranger, aujourd’hui, doit prouver qu’il est digne d’être accueilli, en se soumettant à des tests de « bon français », qui consistent à s’assurer de ses goûts alimentaires (aimez-vous le foie gras ?), de son patriotisme (connaissez-vous la marseillaise ?), de sa langue, et de ses fréquentations. On ne peut pas accepter que le droit de résider sur le territoire soit soumis à de telles conditions, fixées arbitrairement et ne reflétant en rien nos valeurs républicaines.

Si de fait toute citoyenneté est marquée par un droit national particulier, il y a une exigence morale à accueillir l’étranger. Pour Kant dans L’idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolite, la morale de l’hospitalité universelle interdit qu’on traite apriori l’étranger comme un ennemi. Or aujourd’hui, le gouvernement UMP mène un combat violent contre les étrangers, cela commence par une politique d’expulsion en masse avec un quota de 30 000 reconduites aux frontières par an : neuf Afghans ont ainsi été expulsés de France mardi dernier. Ensuite, par l’encouragement à la délation : l’article 622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile punit de cinq ans d’emprisonnement, et de 30 000 euros d’amende, “toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France”. Enfin par le débat actuel sur l’identité nationale : « pour vous qu’est- ce - qu’être français ? » qui vise avant tout à diviser et à exclure, mais pas du tout à intégrer.

Face à  la mise en place de cette mécanique gouvernementale, le MJS répond par des propositions qui se concrétisent politiquement par une régularisation large des sans papiers: de nombreux pays européens tels que l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, la Suède, ou l’Allemagne, ont déjà procédé à ces régularisations massives, conscients que l’immigration est source de richesse économique. Dans le même temps, nous exigeons la suspension des reconduites à la frontière,  et la fin des contrôles d’identité discriminatoires.

Afin de parvenir à cette régularisation large des sans papiers, il est urgent de reconstruire le système global d’octroi des titres de séjour. Il convient d’une part d’assouplir les critères mis en place par le ministère de l’immigration, et d’autre part d’instaurer une véritable gestion démocratique de ces décisions. En effet, certaines préfectures sont plus rigides que d’autres quant à l’appréciation des critères retenus, et le gouvernement se plait à entretenir le flou sur les conditions de régularisation afin de maintenir les sans papier dans une situation de précarité et d’insécurité.

Enfin en tant que jeunes socialistes, nous sommes d’autant plus sensibilisés par la situation des étudiants étrangers. La France, doit rester fidèle à sa tradition de formation universitaire en permettant à des jeunes soucieux de mener des études de qualité, d’étudier en toute sécurité. Actuellement, la loi CESEDA de 2006 et le décret n° 2007-373 du 21 mars 2007 mettant en place un titre de séjour étudiant pluriannuel, n’est pas appliqué par les préfectures du fait de l’absence d’arrêté d’application. Nous demandons donc que la mise en place des titres pluri annuels pour les étudiants étrangers soit enfin effective.

Hélène L.

11.11
2009
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Fidèle à sa stratégie d’exploitation des faits médiatiques, Brice Horetefeux a profité de manifestations violentes survenues récemment à Poitiers pour faire ressusciter le fichier EDVIGE qui avait pourtant été retiré l’année dernière suite à la mobilisation de l’opinion publique.

Hasard du calendrier sans doute, le ministre de l’intérieur a choisi le jour de Sainte Edwige pour signer deux décrets mettant en place deux nouveaux fichiers : le premier cible les bandes, les hooligans et les groupuscules et l’autre contiendra des données sur les personnes postulant à un emploi dit «sensible». Ces nouvelles « bases de données » constituent une atteinte intolérable aux libertés publiques puisqu’on y retrouve l’essentiel des raisons qui nous ont poussées à nous mobiliser lors de la création du fichier EDVIGE.

Tout d’abord le fichage des enfants à partir de 13 est toujours prévu et se fera sur la base de simples « présomptions » d’atteinte à la sécurité publique. Ainsi, alors que les fichiers de renseignement doivent avoir en principe pour vocation première de préserver la sûreté de l’Etat en luttant notamment contre les diverses formes de terrorismes, il s’agit ici au contraire d’un moyen utilisé pour lutter contre la petite délinquance. Cette  volonté doit être replacée dans un contexte plus général de défiance vis-à-vis des jeunes. Aujourd’hui la jeunesse est clairement vue comme un danger par le gouvernement.

De plus, il est toujours prévu de récolter des données sensibles telles que les « activités publiques » ou les « motivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicales ». Par ailleurs, si la référence ethnique existant dans le cadre du fichier EDVIGE semble avoir disparu, elle réapparait en réalité de manière détournée dans la possibilité de mentionner l’origine géographique des individus.

Enfin sur la forme, on constate que la méthode employée par le gouvernement consistant à agir par décrets est symptomatique d’une méfiance à l’égard du débat démocratique. En effet, l’instauration de ces fichiers touchant aux libertés publiques aurait logiquement du être débattue par la représentation nationale. Mais le gouvernement a semble t-il peur du peuple…

Karima

16.10
2008
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Sainte Edvige, prie pour nous car nous avons péché. Oui, sainte Edvige, sainte patronne des collabos, des képis, des matraques et de tous les demi-cerveaux de la création, nous t’adressons cette prière.

En ce jour, le 16 octobre de l’an de grâce 2008, il nous faut nous confesser. Nous n’avons jamais été de bons citoyens de l’Etat Français.

Déjà, même si Benoit XVI a été reçu avec un faste généralement réservé par notre président aux dictateurs africains et autres raclures en tous genres, nous croyons fermement en la laïcité et en la loi de 1905. Pas en la connerie positive.

Nous devons admettre que le bruit des bottes n’éveille pas en nous des désirs fous, des sensations turgescentes. Nous avons déjà tendu la main à des sans-papiers et ce ne fut pas pour les dénoncer ou les entasser dans des centres de rétentions.

Nous ne sommes pas tous très blancs, pas tous très au clair sur notre sexualité mais nous sommes tous toujours engagés et enragés à gauche. Certains d’entre nous, les plus subversifs, les plus nuisibles à l’état sarkosiste, sont des militants associatifs, syndicaux, politiques, parfois même élus. Mais nous continuons à refuser de dénoncer ceux-là ou d’autres d’ailleurs.

Nous avons tant de fois pensé tout haut comme tout bas que notre président n’était qu’un gros blaireau et que même s’il a dit mille fois : “Ecoutez Ma’am Chabot, il faut dire la vérité aux Français”, il continue de mentir sur les chiffres réels de l’économie, sur l’ampleur du chômage, de la pauvreté, de la violence policière, de l’inaction de son gouvernement et du naufrage de son idéologie.

Nous avons péché, et nous pêcherons encore. Nous avons pêché car nous ne croyons pas au libéralisme, à la domination de l’homme par l’homme, au règne de l’argent et de la finance. Nous pêchons et pêcherons encore car nous croyons à un avenir socialiste et nous y travaillons, tous, anonymement, jour après jour. Nous aggravons notre cas car nous avons la ferme intention de faire dégager la droite et son idéologie nauséabonde et de faire de ce pays une terre de gauche, socialiste et fraternelle.